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CRITIQUES DE CONCERTS 19 aoűt 2019

Reprise de La Traviata mise en scène par Jonathan Miller à l'Opéra Bastille, Paris.

La Madone aux camélias
© Eric Mahoudeau

Tout a été dit sur la mise en scène de cette production parisienne de La Traviata. Ses décors laids, ses costumes tour à tour clinquants ou glauques, sa désolante direction d'acteurs. En somme, on allait à cette reprise sans trop d'espoir, hormis celui que l'on plaçait dans les voix. Et l'on n'a pas été déçu.
 

Opéra Bastille, Paris
Le 31/03/2004
Anne-BĂ©atrice MULLER
 



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  • Laissons donc de cĂ´tĂ© des commentaires qui ne seraient que redite sur la très contestable mise en scène de Jonathan Miller, et intĂ©ressons-nous aux prestations vocales de la soirĂ©e. La belle Inva Mula est une Violetta frĂ©missante, toute d'Ă©motion et d'authenticitĂ©. Le drame d'Alexandre Dumas revu par la somptuositĂ© de l'harmonie verdienne trouve en elle la juste proportion de force et de fĂŞlure, servie par une voix souple au timbre très sĂ»r qui autorise la soprano Ă  se donner tout entière au jeu dramatique. La maĂ®trise du souffle, la justesse du phrasĂ© installent le spectateur dans un confort d'Ă©coute qui laisse, lĂ  aussi, libre cours Ă  l'Ă©motion : au dernier acte, Ă  la faveur d'un bouleversant Addio del passato, c'est tout Bastille qui peine Ă  retenir ses larmes. Violetta succombe avec la puretĂ© et la grâce d'une madone, sur l'Ă©pouvantable lit d'hĂ´pital oĂą l'on a cru bon de la clouer – elle qui meurt debout depuis que Maria Callas lui a montrĂ© le chemin.

    L'Alfredo Germont de Rolando Villazon est largement à la hauteur de sa Violetta : il faut désormais compter le jeune ténor mexicain parmi les quatre ou cinq voix qui dominent la tessiture. Sachant transmettre l'émotion sans verser dans un vibrato outrancier, prononçant l'italien à la perfection, donnant à entendre et à comprendre le moindre mot, Villazon possède le physique et la voix du rôle, qu'il s'approprie avec bonheur. Ce qui n'est pas si fréquent.
    On a aimé tout autant Roberto Frontali dans le rôle ingrat de Giorgio Germont, que sa grandeur d'âme rend plus incohérent encore. Le baryton est un interprète sans faille.

    Dans la fosse, c'est Jesus Lopez-Cobos qui officie. Le grand chef espagnol se montre légèrement languissant dans l'ouverture, mais rond et justement empathique, toujours respectueux des voix, cela dès le premier acte et jusqu'au tomber du rideau. Comme d'habitude, les choeurs de l'Opéra se montrent excellents, surmontant toujours avec panache la peu flatteuse mise en scène qui leur est imposée.




    Opéra Bastille, Paris
    Le 31/03/2004
    Anne-BĂ©atrice MULLER

    Reprise de La Traviata mise en scène par Jonathan Miller à l'Opéra Bastille, Paris.
    Giuseppe Verdi (1813-1901)
    La Traviata, opéra en trois actes (1853)
    Livret de Francesco Maria Piave d'après la pièce d'Alexandre Dumas fils « La Dame aux camĂ©lias Â».

    Choeurs et Orchestre de l'Opéra national de Paris
    direction : Jesus Lopez Cobos
    mise en scène : Jonathan Miller
    décors : Ian MacNeil
    costumes : Clare Mitchell
    Ă©clairages : Rick Fisher
    préparation des choeurs : Peter Burian

    Avec :
    Inva Mula (Violetta Valery), Marie-Thérèse Keller (Flora Bervoix), Martine Mahé (Annina), Rolando Villazon (Alfredo Germont), Roberto Frontali (Giorgio Germont), Jean-Luc Laurette (Gastone), Michael Druiett (le Baron Douphol), Sergei Stilmachenko (le Marquis d'Obigny), Yuri Kissin (le Docteur Grenvil), Pascal Meslé (Giuseppe).

     



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