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CRITIQUES DE CONCERTS 21 février 2018

2e symphonie de Mahler par l'Orchestre Philharmonia et Esa-Pekka Salonen au Théâtre du Châtelet, Paris.

Artificielle résurrection

Ce mois d'avril de la saison parisienne aura vu se succéder deux événements mahlériens. Trois jours avant la 9e symphonie par Haitink et la Philharmonie de Vienne au Théâtre des Champs-Élysées, Salonen et le Philharmonia de Londres proposaient aux auditeurs du Châtelet une 2e symphonie dont l'engagement n'aura pas suffi à masquer le clinquant.
 

Théatre du Châtelet, Paris
Le 26/04/2004
Benjamin GRENARD
 



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  • Emblème du postromantisme, la 2e symphonie « Résurrection » de Gustav Mahler fait partie de ces ouvrages qui ne souffrent pas une interprétation péchant par tiédeur ou par mollesse. Esa-Pekka Salonen, à la tête du Philharmonia pour l'occasion, évite aisément cet écueil en proposant une vision théâtrale et énergique de l'oeuvre du maître viennois. Le Finlandais donne d'emblée le ton, imprimant aux contrebasses une énergie peu commune qui révèle sa capacité à propulser vigoureusement un pupitre englué par nature dans la matière symphonique. La lecture d'ensemble, de la même veine, est basée sur des contrastes d'agogique tranchants, marques d'un temps plus dramatique que véritablement symphonique, mais jusque dans une certaine mesure, inhérentes au style mahlérien.

    En accord avec ses partis pris agogiques, Salonen soigne avec précision les attaques, souvent affûtées et percutantes, compensant une couleur orchestrale un peu mate. La gestion de la dynamique, du pianissimo quasi imperceptible ? entrée des cordes graves dans le développement du premier mouvement ? au fortissimo le plus puissant dans les climax, relève également du plus grand professionnalisme.

    Cependant, le ton est parfois trop sec et l'ensemble de l'interprétation, malgré son engagement, manque cruellement de vécu. Les partis pris du chef sonnent vite comme des artifices et si les quelques imperfections orchestrales n'entament pas la qualité artisanale ? au meilleur sens du terme ? de l'ensemble, ils masquent difficilement une charge émotionnelle insuffisante.

    La versatilité agogique finit ainsi par lasser et l'on devine assez rapidement les moments où Salonen va user de ritardando ou d'accelerando. Les plages lyriques souffrent particulièrement de cette prévisibilité ; le chef finlandais y manque en effet de cette souplesse improvisée sur le vif, en fonction de l'atmosphère de la salle, qui aurait généré une émotion salutaire. D'autres passages, pourtant plus conventionnels quant à la gestion du temps musical, témoignent également de cette insuffisance, comme le choral de cuivres désespérément inconsistant qui ponctue la première intervention de l'alto solo dans le lied Urlicht.

    Reste l'apport indéniable du Choeur philharmonique de Londres, d'une grande transparence et imprimant un climat mystique dès son entrée, alors que Charlotte Hellekant et Ruth Ziesak assurent leur partie sans histoire. On ne peut toutefois s'empêcher de regretter que la flamme tout extérieure de Salonen ne suffise à transcender l'auditeur. Malgré la foi rédemptrice qui habite l'un des plus vastes ouvrages mahlériens, les tombeaux demeurent en effet ce soir définitivement scellés.




    Théatre du Châtelet, Paris
    Le 26/04/2004
    Benjamin GRENARD

    2e symphonie de Mahler par l'Orchestre Philharmonia et Esa-Pekka Salonen au Théâtre du Châtelet, Paris.
    Gustav Mahler (1860-1911)
    Symphonie n°2 en ut mineur, « Résurrection » (1888-1894)
    Ruth Ziesak, soprano
    Charlotte Hellekant, alto
    Choeur philharmonique de Londres
    Orchestre Philharmonia
    direction : Esa-Pekka Salonen

     


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