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CRITIQUES DE CONCERTS 20 février 2018

Soirée consacrée à l'Arménie par l'Orchestre national d'Ile-de-France sous la direction de George Pehlivanian au théâtre Mogador, Paris.

Soirée arménienne

Le chef d'orchestre américano-arménien George Pehlivanian.

Soirée sous forme d'anthologie de la musique arménienne par Orchestre National d'Ile-de-France dirigé par George Pehlivanian, lui-même d'origine arménienne. Si Khatchatourian est probablement le compositeur arménien le plus connu de par le monde, Komitas est le plus populaire, Aharonian représentant quant à lui une nouvelle génération prometteuse.
 

Théâtre Mogador, Paris
Le 03/04/2004
Eugénie ALECIAN
 



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  • Le concert commence dans l'apparent brouhaha qui introduit la Ballade de Jonathan d'Arthur Aharonian (d'après Jonathan Livingstone, le Goéland de Richard Bach), censée représenter un lever de soleil sur la mer. Rapidement cependant, on se laisse séduire par une oeuvre riche, jouant surtout d'une écriture pour percussions très variée donnant à l'ensemble une grande gaîté malgré un mouvement central mélancolique, voire douloureux. La majesté de l'orchestration prouve de plus une parfaite maîtrise de la part d'un compositeur également pianiste né en Arménie en 1962 et arrivé en France en 1991.

    Aucun problème pour passer au désormais classique Concerto pour violon de Khatchatourian. Passons d'ailleurs sur ce concerto aussi vite qu'il fut joué, la soliste donnant sans cesse l'impression d'avoir peur de rater le dernier métro ! Le programme nous informe que Silvia Marcovici a connu un triomphe dans cette même oeuvre avec le New York Philharmonic et Kurt Masur. La France et les Etats-Unis ont décidément bien autant de mal à partager leurs avis que leurs goûts. Et pourtant, l'O.N.I.F. et son chef d'un soir se sont révélés pourtant suffisamment solides et ont su servir de la très belle musique.

    Spartacus était le modèle du prolétaire pour l'ex-Union Soviétique. Superbe occasion pour Khatchatourian d'utiliser ce combattant de la liberté et de rendre hommage à ses origines arméniennes en utilisant modes et thèmes traditionnels de sa mère patrie, tout en obéissant aux règles des idéologues qui le gouvernaient. Spartacus donne à tous les pupitres un rôle concertant. Cette mise en valeur instrumentale permet d'entendre de magnifiques musiciens, particulièrement chez les cuivres et les percussions, avec un timbalier qui n'aurait sûrement eu aucun mal à faire voguer les galères dans l'allégresse.

    Pour finir, nous avons pu entendre quatre des magnifiques Miniatures de Komitas, dans une orchestration de Pehlivanian, réalisée à partir d'arrangements d'Aslamazian. Beaucoup de ceux qui découvraient ces oeuvres furent sensibles à ces portraits recueillis par le Révérend Père Komitas jusqu'en avril 1915, quand il fut raflé à Istanbul avec plus de deux-cents artistes et intellectuels arméniens par la police turque. Il y survécut, au milieu de neuf de ses compatriotes, mais dans un état mental tel qu'il finit ses jours prostré dans les hôpitaux psychiatriques de la région parisienne. Le seul stimulus auquel il réagissait encore était la musique, et particulièrement sa musique, celle de l'âme des arméniens.

    Komitas n'a pas simplement sauvé une musique folklorique, mais il est à l'origine de ce qu'on appelle aujourd'hui l'ethnomusicologie. Sa démarche eut un retentissement immédiat, d'abord chez Bartók, qui a su laisser des écrits sur la manière de transformer la musique folklorique en musique savante du XXe siècle. Il fut suivi de nombreux émules, jusqu'à nos jours. Le folklore, l'âme d'un peuple pour certains, n'est certes pas facile à transcrire avec de simples notes, mais ce soir l'orchestre a su communiquer l'essence même de ces chants et danses rythmiquement et mélodiquement complexes.




    Théâtre Mogador, Paris
    Le 03/04/2004
    Eugénie ALECIAN

    Soirée consacrée à l'Arménie par l'Orchestre national d'Ile-de-France sous la direction de George Pehlivanian au théâtre Mogador, Paris.
    Arthur Aharonian (*1962)
    La Ballade de Jonathan, poème symphonique (2004)

    Aram Khatchatourian (1903-1978)
    Concerto pour violon (1940)
    Silvia Marcovici, violon

    Spartacus, extraits des suites d'orchestre n°1 et 2 (1954-58)

    Komitas (1869-1935)
    Suite pour cordes (1899-1914)
    Orchestration de George Pehlivanian

    Orchestre national d'Ile-de-France
    direction : George Pehlivanian

     


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