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CRITIQUES DE CONCERTS 26 mai 2018

Reprise des Contes d'Hoffmann d'Offenbach dans la mise en scène de Jérôme Savary au Palais Omnisports de Bercy, Paris.

De vrais Contes populaires
© Thomas Haley / SIPA Presse

En reprenant et adaptant au Palais Omnisports de Bercy sa mise en scène des Contes d'Hoffmann des Chorégies d'Orange, Jérôme Savary renoue dans ce vaste espace avec un genre qui abandonne de plus en plus l'opéra : le spectacle populaire. Loin de toute élucubration pseudo-intello et prétentieuse, un spectacle simple et compréhensible, un véritable succès.
 

Palais Omnisports de Bercy, Paris
Le 07/05/2004
Gérard MANNONI
 



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  • A une époque où la plupart des metteurs en scène d'opéra sont plus préoccupés de nous communiquer leurs élucubrations personnelles généralement éloignées de la vérité des partitions que de donner une traduction exacte des intentions du compositeur, Jérôme Savary prend une nouvelle fois à bras le corps la position inverse. Il ne nous sert pas trois heures de jus de cervelle à partir des Contes d'Hoffmann en nous racontant par exemple La Périchole mâtinée de Vie parisienne à la sauce freudienne. Il nous raconte, tenez-vous bien, Les Contes d'Hoffmann, pour que tout un chacun comprenne et apprécie la musique d'Offenbach. C'en est presque devenu une audace.

    Il reprend ici l'esprit général et quelques idées de détail de ce qu'il avait montré à Orange. Homme de théâtre s'il en est, il sait que pour une série à Bercy, il faut faire un pas de plus vers le public de ce lieu, et que le mur d'Orange ne permettait pas certains excès qui peuvent se concevoir ailleurs, feux d'artifices et autres effets pyrotechniques, même s'ils ne sont pas indispensables. Mais l'essentiel de son approche, à la fois figurative et totalement délirante, reste solide, forte et émaillée d'excellentes idées.

    © Thomas Haley / SIPA Presse

    Il faut en citer quelques unes, comme la multiplication des poupées de toutes tailles à l'acte d'Olympia, laquelle est ici une sale môme capricieuse, frétillante, gambadante, qui adore sauter à pieds joints dans les flaques d'eau. Car tout se déroule sur une vaste plate-forme cernée aux trois quarts par un plan d'eau fort bien utilisé à diverses reprises. On citera à cet égard l'impressionnante arrivée d'un groupe de squelettes à moitié immergés qui surgissent de l'obscurité et jouent du violon pour accompagner la mort d'Antonia. Et bien sûr, Giuletta arrive en gondole à l'acte suivant, belle idée aussi que ce petit théâtre comme accroché au lointain, où se déroule le Don Giovanni du livret et sert à divers apparitions. Il y a beaucoup de figurants, de choristes, de danseurs, quelques circassiens comme toujours chez Savary, et surtout une vraie direction d'acteurs, ce qui n'est pas évident dans un lieu de cette taille.

    Excellente distribution malgré sonorisation rebutante

    Si l'on accepte le principe de la sonorisation qui ressemble parfois à un mauvais enregistrement amateur des années trente, on doit reconnaître que la distribution est dans son ensemble excellente. A la tête de l'Orchestre de Paris qui n'est pas le mieux servi par ladite sonorisation, Jean-Claude Casadesus mène les masses importantes et les solistes avec une finesse, une autorité et une précision de chaque seconde, un souffle général tout à fait remarquable.

    Marcus Haddock confirme qu'il est l'un des meilleurs Hoffmann de l'heure, tant vocalement que physiquement, voix généreuse, facile et interprétation aux intentions multiples. Sans être une déception, l'Olympia de Patricia Petibon ne suscite pas d'enthousiasme particulier. Inva Mula est une Antonia sans reproche et l'on connaît la belle Giuletta de Béatrice Uria Monzon. De toutes les dames, c'est pourtant Marie-Ange Todorovitch qui remporte la palme, et de loin. Excellente diction, chant totalement en place à tous égards et prestance scénique réellement brillante. Une réussite absolue. Alain Fondary a toujours la même autorité dans les quatre rôles de basse et tous les autres protagonistes sont adéquats.

    Alors, même si quelques erreurs de goût sont à regretter, même si l'opéra sonorisé et dans un lieu de cette taille reste un genre bien à part, on ne peut nier que Savary montre ici une vraie maîtrise d'un style qui n'est certes pas destiné à cette autoproclamée élite intello-branchée parisienne ou bruxelloise qui adule les approches détournées, hélas souvent plus risibles qu'intéressantes. N'est pas Patrice Chéreau qui veut !

    Pour faire connaître Offenbach huit soirs de suite à plusieurs milliers de spectateurs, mieux vaut un spectacle professionnel, intelligent et fidèle à l'oeuvre comme celui-ci que l'exposé torturé de l'ego d'un monsieur qui se croit le premier à avoir compris l'ouvrage.




    Palais Omnisports de Bercy, Paris
    Le 07/05/2004
    Gérard MANNONI

    Reprise des Contes d'Hoffmann d'Offenbach dans la mise en scène de Jérôme Savary au Palais Omnisports de Bercy, Paris.
    Jacques Offenbach (1819-1880)
    Les Contes d'Hoffmann
    Choeur de l'Orchestre de Paris / Ensemble Paris Consort / Melo'men
    Orchestre de Paris
    direction : Jean-Claude Casadesus
    mise en scène : Jérôme Savary
    scénographie : Michel Lebois et Jérôme Savary
    costumes : Michel Dussarrat
    éclairages : Bruno Ciulli
    chorégraphies : Sylvie Laligne
    préparation des choeurs : Didier Bouture et Geoffroy Jourdain, Patrick Marco, John Dawkins

    Avec :
    Marcus Haddock (Hoffmann), Alain Fondary (Lindorf / Coppelius / Dappertutto / Miracle), Patricia Petitbon (Olympia), Inva Mula (Antonia), Béatrice Uria Monzon (Giuletta), Marie-Ange Todorovitch (Nicklausse / La Muse), Viorica Cortez (la mère d'Antonia), Michel Trempont (Crespel / Luther), Ricardo Cassinelli (Andrès / Cochenille / Pitichinaccio / Frantz), Antoine Normand (Spalanzani), Francis Dudziak (Herman / Schlémil), Martial Fontaine (Nathanael), Olivier Podestà (Wilhelm), Vanessa Devraine (Stella).

     



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