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CRITIQUES DE CONCERTS 24 septembre 2020

Concert de l'Orchestre Philharmonique de Berlin sous la direction de Claudio Abbado avec la participation du baryton Thomas Quasthoff à la Philharmonie de Berlin.

Abbado de retour en son Olympe
© DG

Le programme, des plus glorieux pour le connaisseur – les Sechs Monologe de Frank Martin et la 6e symphonie de Gustav Mahler – plutôt aride pour le néophyte, n'a découragé personne. Et à l'unisson, c'est un public unanimement conquis qui a retenu Claudio Abbado plus d'une vingtaine de minutes sur scène, sous un tonnerre d'applaudissements mais aussi une pluie de fleurs.
 

Philharmonie, Berlin
Le 05/06/2004
Florent ALBRECHT
 



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  • On aime Abbado ou on ne l'aime pas. La lisibilité architecturale de ses interprétations, une cohérence et une certaine couleur « cuivrée » qu'il parvient à créer dans l'univers sonore orchestral en font un géant de la direction d'orchestre, quoi qu'il en soit. Il est d'ailleurs fascinant de voir comment le son d'un orchestre aussi performant que le Philharmonique de Berlin évolue, se transforme, s'adapte magiquement à la personnalité d'un grand chef. Entre le velouté sensible d'un Simon Rattle – le chef titulaire actuel du Philharmonique de Berlin et successeur d'Abbado – et le timbre ciselé du chef italien, deux univers s'affrontent, et l'on saisit cette complémentarité organique entre le chef et les musiciens.


    Une autre étoile, certes un peu effacée par le chef, participait à la première partie du concert. Il s'agissait du baryton Thomas Quasthoff, dont l'intelligence musicale et la projection généreuse ont servi magnifiquement à mettre en scène les Sechs Monologe aus Jedermann de Frank Martin. D'après l'oeuvre d'Hugo von Hofmannsthal, le cycle écrit pendant la Deuxième Guerre mondiale interroge, comme l'avait fait en son temps la Sixième symphonie de Mahler, le destin en marche face à l'absurdité d'un monde où la condition humaine apparaît dérisoire. Surmontant son handicap physique, Quasthoff est l'un des chanteurs les plus adulés du moment. Et pour cause : fort d'une exceptionnelle expressivité vocale, le baryton engage un dialogue décisif avec l'orchestre, pour que se joue sur scène ce drame virtuel et psychologique.


    ÂŒuvre-monument qualifiée par Mahler lui-même de « Tragique Â», la Sixième symphonie (1903-1904) continue d'intriguer et de fasciner. Abbado témoigne d'une maturité exemplaire pour cette oeuvre que peu de chefs parviennent à dominer d'un bout à l'autre, tant ses méandres structurels et harmoniques sont importants, mis au service du sens de ce chef d'oeuvre. Son Finale – d'une trentaine de minutes à lui seul, miroir tragique d'un premier mouvement s'achevant sur une relative espérance – s'épuise en tension jusqu'à l'abîme final. L'interprétation d'Abbado et des Berliner Philharmoniker, sans solution de continuité, porte l'oeuvre logiquement pour mettre en lumière une architecture mystérieuse et pourtant évidente : la plupart des éléments mélodiques, notamment ceux de l'Allegro initial et du Scherzo, disparaissent progressivement dans le dernier mouvement, comme frappés du sceau de la fatalité, symbolisés par les coups de marteau.

    On regrette, à Berlin, que Claudio Abbado ne se produise davantage avec cet orchestre, tout en admirant la relève exceptionnelle de Sir Simon. Dans l'arène des chefs, et grâce aux capacités exceptionnelles d'un orchestre comme il n'en existe aucun sous nos latitudes, il n'y a pas de vainqueur : on est un grand chef ou l'on ne l'est pas !




    Philharmonie, Berlin
    Le 05/06/2004
    Florent ALBRECHT

    Concert de l'Orchestre Philharmonique de Berlin sous la direction de Claudio Abbado avec la participation du baryton Thomas Quasthoff à la Philharmonie de Berlin.
    Frank Martin (1890-1974)
    Sechs Monologue aus Jedermann
    Thomas Quasthoff, baryton

    Gustav Mahler (1860-1911)
    6e Symphonie «Tragique»

    Berliner Philharmoniker
    direction : Claudio Abbado

     


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