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CRITIQUES DE CONCERTS 20 mai 2018

Reprise des Noces de Figaro de Mozart mises en scène par Jean-Louis Martinoty et dirigées par René Jacobs au Théâtre des Champs-Élysées, Paris.

Noces vif-argent
© Alvaro Yanez

Annette Dasch (La Comtesse), Angelika Kirchschlager (Chérubin).

Par la grâce d'une retransmission cathodique à l'occasion de la Fête de la musique, cette reprise des Noces de Figaro mises en scène par Jean-Louis Martinoty au Théâtre des Champs-Élysées faisait figure d'événement en cette fin de saison parisienne. Belle production au demeurant, servie par une distribution qui, à défaut d'être vraiment homogène, brille cependant d'un éclat singulier.
 

Théâtre des Champs-Élysées, Paris
Le 17/06/2004
Anne-Béatrice MULLER
 



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  • On a déjà évoqué ici, lors de sa création en octobre 2001, la mise en scène intelligemment intellectuelle de Jean-Louis Martinoty, dans les élégants décors pensés par Hans Schavernoch. C'est dans une véritable forêt de symboles que se joue ici la Folle Journée, entre ces toiles bancales, vanités ou natures mortes, qui parlent d'un monde en train de finir, qui annoncent les bouleversements révolutionnaires. Le parti pris, bien sûr, n'est pas plus contestable que de faire chanter les protagonistes en pyjama, ou de les habiller en cosmonautes. Et du moins a-t-il le mérite de s'attirer les faveurs d'un public enthousiaste.

    Peut-être lui reprochera-t-on juste un certain systématisme, et peut-être ? à la différence de la direction d'orchestre ? quelque manque d'entrain, quelque excessive mélancolie, même si la danse ici est d'une rare élégance, et en dépit de quelques inventions spirituelles : pour une fois, Chérubin n'est pas caché sur le fauteuil, mais dans un coffre voisin ; quant à son déshabillage, il est quasi érotique sous le regard d'un Christ en croix et ? qu'on nous pardonne ! ?, en string qui orne la chambre de la Comtesse. Mais tout cela sent un peu le private joke à destination de l'amateur blasé.

    Refuser le legato post-romantique pour rendre à la musique du XVIIIe siècle toutes ses vertus percutantes est, on le sait, un choix chez René Jacobs. Cette vision, que le chef flamand intitule « néo-classique », et dans laquelle, du reste, il excelle, donne quand même un résultat passablement hérissé, qui a aussi ses limites. On peut vouloir se démarquer du moelleux à la Karajan ; de là à réécrire Mozart à sa guise en tirant la partition à hue et à dia parce qu'on le joue sur instruments anciens, il y a quand même un pas. Pourquoi, de même, systématiser les ornementations du chant, parfois aux dépens de la si pure ligne mozartienne ? Le débat reste ouvert. Au sein du Concerto Köln, on aura une nouvelle fois remarqué le travail de Nicolau de Figueiredo au pianoforte : si sa présence éloquente n'est pas du goût de tout le monde, elle a du moins le mérite d'animer un récitatif du même coup plus vivace que de nature.

    Décevante Annette Dasch

    On a été un peu déçu par la prestation de la très attendue Annette Dasch. Dans le fameux Dove sono, la jeune soprano allemande dissimule un certain manque de nuances derrière des ornementations superflues. Et, de façon générale, tout chez elle passe par la puissance, sans doute par manque de maturité pour ce rôle, qui est aussi fait de douceur et de douleur. Rosemary Joshua, en revanche, est une Suzanne délicieuse, aussi bien chantante qu'espiègle et crédible en tant que comédienne. Angelika Kirchschlager est, évidemment un Chérubin de luxe, vocalement comme scéniquement. À cet égard, la romance du deuxième acte, la comtesse l'accompagnant au clavecin, est un ravissement pour l'oreille comme pour l'?il.

    Côté hommes, le comte Almaviva de Pietro Spagnoli tient sa partie avec élégance et sérieux, tandis que le Figaro de Luca Pisaroni, vaillant, constant, solide, gagne vraiment à être connu. Les seconds rôles sont tout à fait corrects, avec un bon point pour la sensible et humaine Marcelline de Sophie Pondjiclis, dont, pour une fois, l'air Il Capro e la capretta n'a pas été coupé, ce dont on ne saurait que tenir gré à René Jacobs. De même, on aura sans doute plaisir à réentendre la charmante Barberine de Pauline Courtin.




    Théâtre des Champs-Élysées, Paris
    Le 17/06/2004
    Anne-Béatrice MULLER

    Reprise des Noces de Figaro de Mozart mises en scène par Jean-Louis Martinoty et dirigées par René Jacobs au Théâtre des Champs-Élysées, Paris.
    Wolfgang Amadeus Mozart (1756-1791)
    Les Noces de Figaro, opéra en quatre actes (1786)
    Livret de Lorenzo Da Ponte
    Choeur du Théâtre des Champs-Élysées
    Concerto Köln
    direction musicale : René Jacobs
    mise en scène : Jean-Louis Martinoty
    décors : Hans Schavernoch
    éclairages : Jean Kalman
    costumes : Sylvie de Segonzac

    Avec :
    Pietro Spagnoli (Le Comte Almaviva), Annette Dasch (La Comtesse Almaviva), Rosemary Joshua, (Suzanna), Luca Pisaroni (Figaro), Angelika Kirchschlager (Cherubino), Sophie Pondjiclis (Marcellina), Alessandro Svab (Antonio), Antonio Abete (Bartolo), Enrico Facini (Don Basilio), Pauline Courtin (Barbarina), Serge Goubioud (Don Curzio).

     



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