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CRITIQUES DE CONCERTS 07 décembre 2019

Nouvelle production de Mo√Įse et Aron de Schoenberg mise en sc√®ne par Peter Mussbach et dirig√©e par Daniel Barenbo√Įm au Staatsoper de Berlin.

Parole de Mo√Įse !
© D.R.

Il fallait la baguette pr√©cise mais aussi la trempe d'un Daniel Barenbo√Įm pour diriger un op√©ra aussi complexe que Moses und Aron de Schoenberg. Et la mise en sc√®ne moderne de Peter Mussbach sert le spectacle dans son entier. Assur√©ment l'une des grandes productions berlinoises de cette saison.
 

Staatsoper unter den Linden, Berlin
Le 26/06/2004
Florent ALBRECHT
 



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    Depuis 1913 d√©j√†, le compositeur pensait mettre en sc√®ne pour le th√©√Ętre lyrique cette dispute fraternelle entre Mo√Įse et Aron, dans une oeuvre qui ne sera cr√©√©e que sept ann√©es apr√®s la mort du compositeur, en 1957 : ¬ę O, parole, parole, tu me manques ! ¬Ľ clame Mo√Įse avant que le rideau ne retombe. Et c'est bien cette probl√©matique de l'innommable divin qui cristallise l'action, dans ce drame m√©taphysique de la foi. Que dire, que chanter pour signifier le divin ? En une esp√®ce de mouvement sp√©culaire, d'effet de miroir, c'est le sens de l'oeuvre musicale, l'oeuvre lyrique qui se trouve du coup questionn√©. Et la pr√©sence d'un important choeur, v√©ritable personnage √† l'image de celui d'une trag√©die antique, participant de l'antagonisme entre Aron qui chante, et Mo√Įse, qui parle, consacrent ainsi un op√©ra de la modernit√©.

    La force de la mise en sc√®ne ne tient pas tant au d√©cor ¬Ė un vague entrep√īt aux formes louches ¬Ė qu'aux costumes : femmes et hommes, personnages principaux et secondaires, tous flanqu√©s d'une perruque laissant appara√ģtre une chevelure d√©garnie, habill√©s d'un costume noir impeccable, affubl√©s de lunettes de soleil tr√®s sombres, se meuvent sur sc√®ne pour dire ce drame d'un seul tenant. M√™me le Veau d'Or est √† l'image de ce peuple absolument anonyme, dont Mo√Įse lui-m√™me ne parvient √† se d√©tacher. Vous l'aurez compris, nous ne sommes pas loin des clones d√©shumanis√©s de Matrix ou de Men in Black, et c'est
    obscurément efficace !

    © Ruth Walz

    Les mouvements du choeur, d√©sorient√©s, hi√©ratiques, orgiaques pour la sc√®ne du Veau d'Or, l'absence de possibilit√©s visuelles pour discerner le sexe des personnages, tout consacre une musique qui, aussi obscure puisse-t-elle para√ģtre, fait sens. La mise en sc√®ne √©vite toute na√Įvet√© picturale et descriptive pour s'attacher aux mouvements d'ensemble. De belles trouvailles telles ces innombrables mini-t√©l√©viseurs allum√©s qui jonchent le sol ou ce ballet de cannes fluorescentes qui s'agitent dans l'obscurit√© illustrent un discours coh√©rent au service du mythique livret et de la musique.

    Les deux chanteurs Siegfried Vogel (Moses) et Thomas Moser (Aron) forment un couple tr√®s convaincant et on arrive √† les √©couter ensemble comme on le ferait d'un duo amoureux √† l'italienne. L'orchestre de la Staatskapelle, dirig√© avec beaucoup de vigueur par Barenbo√Įm, offre l'une de ses plus belles performances lyriques de cette saison.

    Et pour les intéressés qui l'auraient manquée, cette production revient au Staatsoper dès l'automne. Recommandé par Altamusica !




    Staatsoper unter den Linden, Berlin
    Le 26/06/2004
    Florent ALBRECHT

    Nouvelle production de Mo√Įse et Aron de Schoenberg mise en sc√®ne par Peter Mussbach et dirig√©e par Daniel Barenbo√Įm au Staatsoper de Berlin.
    Arnold Schoenberg (1874-1951)
    Mo√Įse et Aron, op√©ra en trois actes

    Choeurs et Orchestre du Staatsoper de Berlin
    direction : Daniel Barenbo√Įm
    mise en scène et décors : Peter Mussbach
    costumes : Andrea Schmidt-Futterer
    préparation des choeurs : Eberhard Friedrich

    Avec :
    Siegfried Vogel (Moses), Thomas Moser (Aron).

     


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