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CRITIQUES DE CONCERTS 04 décembre 2020

Récital de Violeta Urmana accompagnée au piano par Jan Philip Schulze au festival de Salzbourg 2004.

Salzbourg 2004 (2) :
Ă€ l'assaut des grands Wagner


Violeta Urmana

À l'écart des grandes productions lyriques de l'été, le Mozarteum de Salzbourg a toujours été le rendez-vous privilégié des amateurs de Liederabend, ces soirées de récital accompagnées au piano permettant d'entendre les grandes voix du moment dans un cadre plus intimiste. Celui de Violeta Urmana aura montré que la grande Sieglinde du moment est en passe de s'envoler vers les plus grands rôles wagnériens.
 

Mozarteum, Salzburg
Le 17/08/2004
Yannick MILLON
 



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  • A priori, le choix de Poulenc pour ouvrir un rĂ©cital peut surprendre de la part de l'Ă©blouissante Sieglinde du dernier Ring de Bayreuth. Dans la rĂ©alisation, Urmana ne nĂ©gocie pas si mal son choix, preuve s'il en fallait qu'une bonne technique peut tout tenter. Un grand plaisir sonore, un beau legato seront les atouts d'une prestation pleine et habitĂ©e ; hĂ©las manquera quelque peu Eluard – saisirait-on le texte sans le programme ? – et le style si personnel de Poulenc, entre extase romantique, Ă©pure ciselĂ©e et simplicitĂ© malicieuse.

    Quelques phonèmes atypiques et un climat trop uniment nocturne tirent le beau cycle la Fraîcheur et le feu vers les forêts septentrionales d'un Allemonde qui n'est hélas pas vraiment l'univers du poète, ni du musicien. Le pianiste Jan Philip Schulze abuse quant à lui des halos de pédale chers au compositeur, et l'on perd de vue la netteté crue du trait, capitale chez Poulenc. Le Violon donné en bis en fin de soirée souffrira d'ailleurs des mêmes réserves, aggravées par l'absence du texte dans le programme.

    Le duo donne ensuite une interprétation dramatique du Fischerknabe de Liszt, sorte de petit Erlkönig génie en moins, et surtout de sa Fischerstochter, ballade d'attente et de naufrage. Les éclats opératiques du compositeur conviennent bien à la voix large mais ductile – somptueuses nuances – d'Urmana, et Und sprich est un beau moment de plénitude. La première partie se termine brillamment sur Rachmaninov, où l'étendue vocale de la soi-disant mezzo lituanienne fait des merveilles, à l'instar du jeu riche de son partenaire. Lyrisme, ampleur, variété des couleurs, tout confère à cette musique éminemment pianistique et passionnée une expressivité exubérante, toujours alliée à une grande beauté plastique.

    Une voix phénoménale

    La seconde partie, consacrée à Richard Strauss, ne faiblit aucunement, et offre quelques très beaux moments de poésie – magique Wasserrose –, de rêve, de douceur, de lyrisme – un Zueignung lent et entêtant, à l'aigu irradiant, magnifiquement accompagné – mais aussi de véhémence : un Frühlingsfeier où se dessinent – mais on est à la fin d'un programme long et exigeant – les seules menues réserves perceptibles dans la voix phénoménale d'Urmana, avec quelques aigus un peu en force sinon escamotés. Rien de bien grave, et l'on espère que pour sa Brünnhilde prévue dans trois ans à Aix puis à Salzbourg avec Rattle, elle saura soigner les difficiles aigus du rôle, car pour sûr elle en a le format, comme l'a laissé entrevoir sa très facile Isolde lucernoise.

    La voix est parfaitement mûre, d'une très belle qualité, l'accroche et la verticalité permanentes, la gestion du souffle admirable, et il serait dommage qu'elle s'altère et transforme ce précieux cristal en pur métal, même si en l'état, elle n'aurait aucun mal à propulser d'un coup de larynx les grandes titulaires actuelles du rôle aux oubliettes.

    Les bis ouvrent d'ailleurs une autre voie pour la cantatrice : après Poulenc, un Cäcilie de Strauss enflammé et avant un brillant Oubrados, on apprécie les belles qualités de son émission dans la Gioconda de Ponchielli, et on espère que malgré ses choix de carrière, elle continuera à peaufiner son style – et son émission – en musique italienne. Mais pourquoi se priverait-on de pareille Brünnhilde au sacrifice d'une once de moelleux alors que tant de folles hurlantes défigurent aujourd'hui l'un des plus géniaux rôles du répertoire opératique ?




    Mozarteum, Salzburg
    Le 17/08/2004
    Yannick MILLON

    Récital de Violeta Urmana accompagnée au piano par Jan Philip Schulze au festival de Salzbourg 2004.
    Francis Poulenc (1899-1963)
    La fraîcheur et le feu, six mélodies sur des textes de Paul Eluard

    Franz Liszt (1811-1886)
    Der Fischerknabe, S 292 n°1
    Die Fischerstochter, S 325
    Und Sprich, S 329

    Sergei Rachmaninov (1873-1943)
    Kak mne bol'no, op. 21 n° 12
    V molchan'i nochi taynoy, op. 4 n° 3
    Dissonans, op. 34 n° 13
    Zdes' khorosho, op. 21 n° 7
    Vesenniye vodi, op. 14 n° 11

    Richard Strauss (1864-1949)
    Die Georgine, op. 10 n° 4
    Frühlingsgedränge, op. 26 n° 1
    Lob des Leidens, op. 15 n° 3
    Wasserrose, op. 22 n° 4
    Wir beide wollen springen, AV 90
    Zueignung, op. 10 n° 1
    Befreit, op. 39 n° 4

    Trois lieder sur des textes de Heine :
    Schlechtes Wetter, op. 69 n° 5
    Mit deinen blauen Augen, op. 56 n° 4
    Frühlingsfeier, op. 56 n° 5

    Violeta Urmana, mezzo-soprano
    Jan Philip Schulze, piano

     


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