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CRITIQUES DE CONCERTS 02 avril 2020

Concert de l'Orchestre de Cleveland sous la direction de Franz Welser-Möst au festival de Lucerne 2004.

Lucerne 2004 (3) :
Welser-Möst sauvé par l'orchestre

© Ă–sterreichischer Bundestheaterverband

Franz Welser-Möst

Le festival de Lucerne 2004 invite, comme à l'accoutumée, une série impressionnante de grands orchestres internationaux. Après les prestations de l'Orchestre du Festival et du Mahler Chamber Orchestra, place à Cleveland sous la direction de Franz Welser-Möst. En dépit d'un orchestre magnifique, la soirée sera malheureusement gâchée par l'absence d'une véritable lecture.
 

Konzertsaal, Kultur- und Kongresszentrum, Luzern
Le 20/08/2004
Benjamin GRENARD
 



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  • Quelle oeuvre mieux que l'ouverture de Guillaume Tell de Rossini pouvait ouvrir un concert dĂ©diĂ© Ă  la thĂ©matique de la « LibertĂ© Â» ? L'aventure de ce hĂ©ros lĂ©gendaire de l'indĂ©pendance suisse face au joug autrichien s'insère en effet Ă  merveille dans la programmation, Ă  plus forte raison en pleine terre alĂ©manique. De surcroĂ®t, la traduction musicale de Rossini, Ă©pique et victorieuse, trouve, par le truchement d'une citation, un pendant ironique dans le premier mouvement de la 15e symphonie de Chostakovitch proposĂ©e en seconde partie.

    Cleveland fait partie de ces orchestres qui n'ont plus à démontrer leur excellence. Le son d'ensemble, tout en rondeur, révèle une véritable science du timbre qui caractérise tous les pupitres et qui se vérifie aussi bien individuellement que collectivement. Le moelleux des cordes au début de l'ouverture de Rossini est là pour témoigner de cette qualité. Les chefs de pupitre de l'ensemble de l'orchestre prouvent leur authentique valeur musicale au cours de solos fort appréciables, notamment le violoncelliste Desmond Hoebig dans le deuxième mouvement de Chostakovitch.

    Franz Welser-Möst sait donc qu'il peut compter sur ses musiciens, peut-ĂŞtre mĂŞme trop. Le chef ne donne ni lecture personnelle, ni lecture analytique des oeuvres qui composent le programme, se contentant de rĂ©gler la mise en place et les dynamiques. Aucune vision globale ne ressort de son exĂ©cution. Ă€ le voir diriger, on pense instantanĂ©ment Ă  la rĂ©flexion de Furtwängler qualifiant Toscanini de « foutu batteur de mesure Â», le gĂ©nie en moins. Welser-Möst s'appuie sur la rondeur molletonnĂ©e de l'orchestre mais ne laisse jamais ses solistes s'exprimer Ă  leur juste valeur, une rĂ©elle respiration musicale lui faisant manifestement dĂ©faut. Son Rossini manque de vĂ©cu et la symphonie de Haydn, sans tomber dans une routine tranquille, se rĂ©vèle tout juste honnĂŞte.

    Après une première partie bien pâlotte, on se demande comment Welser-Möst va s'en sortir avec les ombres chostakoviennes. Le compositeur russe, privé de liberté toute sa vie, d'abord confronté au régime communiste puis à sa peur de la mort, est fort à propos dans ce concert et offre un contrepoint intéressant à la première partie. Si le dernier Chostakovitch s'impose comme de la musique du vide, il n'empêche que ce vide doit être habité et avoir une certaine consistance musicale — ce qui n'est d'ailleurs pas le moindre de ses paradoxes. Or, Welser-Möst ne semble guère plus inspiré par l'ombre que par la lumière.

    Tout cela est fort dommage, car l'orchestre semble à lui tout seul presque capable de sauver l'interprétation de la 15e symphonie. L'orchestration de Chostakovitch, caractérisée par une maîtrise incomparable du timbre – souvent individualisé et toujours idéalement réparti dans l'espace – trouve en les solistes de Cleveland de parfaits interprètes, particulièrement dans le mouvement lent. Mais les mixtures orchestrales du maître russe font aussi merveille, comme en témoigne le lustre sonore des deux fameux accords de la série de douze sons, successivement répartis aux bois puis aux cuivres.

    Au final, la soirée se révèle donc plutôt décevante. Elle apporte néanmoins la preuve, si besoin était, qu'un orchestre aussi excellent soit-il ne peut se passer d'une véritable lecture, dont l'impulsion revient nécessairement au chef.




    Konzertsaal, Kultur- und Kongresszentrum, Luzern
    Le 20/08/2004
    Benjamin GRENARD

    Concert de l'Orchestre de Cleveland sous la direction de Franz Welser-Möst au festival de Lucerne 2004.
    Gioacchino Rossini (1792-1868)
    Ouverture de Guillaume Tell (1829)

    Joseph Haydn (1732-1809)
    Symphonie n°100 en sol majeur, « militaire Â», (1794)

    Dimitri Chostakovitch (1906-1975)
    Symphonie n°15 en la mineur, op. 141 (1971)

    The Cleveland Orchestra
    direction : Franz Welser-Möst

     


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