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CRITIQUES DE CONCERTS 21 novembre 2018

Concert pour les 80 ans de Georges Prêtre à l'Opéra Bastille, Paris.

Anniversaire à Bastille
© Stephan Trierenberg

Concert de prestige à l'Opéra de Paris, où Georges Prêtre est venu souffler ses 80 bougies. Petit clin d'?il, au programme figurait notamment Une Vie de héros de Richard Strauss. Le héros, on savait qui il était ce soir-là, et Georges Prêtre s'est bien gardé de faire mentir la légende, pour le plus grand bonheur d'une salle comblée d'avance.
 

Opéra Bastille, Paris
Le 24/09/2004
Yutha TEP
 



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  • De fait, il était difficile de rester insensible à l'atmosphère d'hommage respectueux régnant à Bastille, et Georges Prêtre lui-même indiqua la voie en déployant sur scène tous les gestes ? et les éclats de voix, car le chef aime chanter au sens propre du terme avec son orchestre ? qui ont fait sa renommée. On se sent tout doucement porté vers l'indulgence, on pardonne les approximations pour finalement se laisser prendre au charme d'une personnalité musicale qui n'a pas fini d'écrire elle-même sa propre légende.

    Musicalement, la manière aussi est restée fidèle à elle-même. La précision rythmique n'est pas une obsession chez Georges Prêtre, en premier lieu dans sa gestique : certaines attaques de l'orchestre en deviennent quelque peu douteuses, auxquelles les troupes de l'Opéra ne nous ont guère habituées, et qui émaillent toute la soirée. De même, l'ouverture de Tannhäuser ? on a ressorti pour l'occasion la version de 1861 destinée par Wagner à l'institution parisienne ? aura connu des interprétations plus transparentes et plus construites ; la parure orchestrale des Wesendonck aura aussi été travaillée avec plus de fini, et Une vie de héros avec plus de fondu dans les combinaisons de timbres et de savante gradation dans les immenses pédales orchestrales alla Strauss.

    « J'ai quatre fois vingt ans »

    Mais tout cela dit et rabâché, comment rester de marbre devant cet enthousiasme juvénile ? « J'ai quatre fois vingt ans », s'exclame le chef non sans humour ? , cette façon de se jeter éperdument dans la musique, qui le plus souvent permet une efficacité expressive impressionnante ? Georges Prêtre, c'est la subjectivité aux commandes, et on se laisse embarquer, en particulier dans les moments de suspension immatérielles ménagées par Strauss entre deux fracas orchestraux. Il faut saluer cet amour immodéré de la ligne de chant qui fait de lui un chef lyrique si important, et qui trouve dans l'Orchestre de l'Opéra un complice idéal, avec cette souplesse des lignes et ce sens du cantabile que seule une phalange lyrique peut réellement acquérir, sans parler d'une beauté sonore constante.

    Mention spéciale pour le violon de Maxime Tholance, lui aussi amateur de galbes mélodiques langoureux dans Strauss, mais dommage que ses échanges avec l'orchestre aient été quelque peu gâchés par une mise en place pour le moins désordonnée. La seule à chanter avec de vrais mots, Dagmar Pecková, a aussi apporté une précieuse contribution à la réussite de la soirée dans les Wesendonck-Lieder de Wagner. Sans être fracassants, les moyens vocaux sont là, la chaleur de médium et du haut-médium lui permettant de ne pas s'en laisser compter par l'orchestre ? le grave est cependant un peu court ?, la longueur du souffle soutenant impeccablement la ligne de chant : la mezzo tchèque est visiblement venue pour « chanter » Wagner, volonté fort louable par les temps qui courent.

    Gérard Mortier, le maître de céans, est venu sur le plateau dire son respect à Georges Prêtre, rappelant au passage et avec bonne humeur le franc-parler que le chef a souvent utilisé par le passé avec l'institution.




    Opéra Bastille, Paris
    Le 24/09/2004
    Yutha TEP

    Concert pour les 80 ans de Georges Prêtre à l'Opéra Bastille, Paris.
    Richard Wagner (1813-1883)
    Ouverture et Bacchanale de Tannhäuser (version parisienne de 1861)
    Wesendonck-Lieder
    Dagmar Pecková, mezzo-soprano

    Richard Strauss (1864-1949)
    Ein Heldenleben, poème symphonique pour grand orchestre, op. 40

    Orchestre de l'Opéra national de Paris
    direction : Georges Prêtre

     


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