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CRITIQUES DE CONCERTS 17 août 2018

Récital de Kristinn Sigmundsson accompagné au piano par Jonas Ingimundarson au Théâtre du Châtelet, Paris.

Immense basse islandaise

Kristinn Sigmundsson

Dans le cadre de la Quinzaine islandaise, la grande basse Kristinn Sigmundsson, qu'on connaît bien à Paris pour avoir tenu de nombreux rôles à l'Opéra ces dernières saisons, donnait un récital au Théâtre du Châtelet. Une occasion découvrir des compositeurs inconnus chez nous, mais du plus haut intérêt.
 

Théatre du Châtelet, Paris
Le 28/09/2004
Gérard MANNONI
 



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  • Tous les habitués des grandes scènes lyriques connaissent Kristinn Sigmundsson. Dans un vaste répertoire qui va du baroque à Wagner et Verdi en passant par le bel canto rossinien et Berlioz, sa haute stature et sa voix immense sont célèbres et irremplaçables. L'entendre en récital est un plaisir particulier car ces voix de grand format ne s'y plient pas toujours avec aisance. Mais Sigmundsson a des moyens naturels trop généreux et une technique trop bien maîtrisée pour tomber dans ce genre de pièges. Tout lui est possible, du pianissimo le plus ténu au forte le plus éblouissant. Et comme tous ceux qui pratiquent le répertoire romantique italien, la tenue du souffle et par conséquent celle du phrasé sont un bonheur permanent. Ajoutez à cela qu'il montre ce soir sa capacité à chanter aussi clairement en islandais qu'en allemand, italien, anglais et français, grâce notamment à quelques bis choisis avec humour et bonhomie.

    Cette grande voix de Commandeur et de Hunding s'est d'abord mise au service de plusieurs compositeurs islandais, inconnus chez nous, il faut bien le reconnaître. Ce sont pourtant ceux qui furent les premiers, au tournant des XIXe et du XXe siècles, à faire exister la musique nationale dans ce pays rude. Une rudesse que l'on retrouve d'ailleurs dans les thèmes abordés, mais qui se tempère d'un lyrisme ardent et d'un sens mélodique absolu. Beaucoup de nostalgie aussi dans ces évocations de la nuit, des saisons, d'une rose ou des souvenirs d'une jeunesse lointaine. Sans doute ces musiques se ressemblent-elles toutes un peu, mais on est sensible à leur charme et à leur belle écriture. Et puis, la splendeur naturelle du timbre de Sigmundsson achève de nous conquérir.

    En deuxième partie, on même droit à une magistrale interprétation des Douze Lieder op.35 de Schumann. Avec un cheminement implacable vers les profondeurs d'un monde de plus en plus intériorisé, ce très beau cycle rarement donné a été abordé avec autant de soin porté aux mots qu'à ce climat très particulier à Schumann où le sensible côtoie sans cesse l'intellectuel. Et toujours cette beauté d'un timbre charnu aux couleurs de bronze et de moire.

    La salle était malheureusement loin d'être pleine, preuve supplémentaire du manque de curiosité du public parisien qui continue à courir ventre à terre vers les valeurs souvent assez fausses que fabriquent communication et publicité, et néglige ce qui sort un peu du succès orchestré et auto-proclamé. Dommage et tant pis !




    Théatre du Châtelet, Paris
    Le 28/09/2004
    Gérard MANNONI

    Récital de Kristinn Sigmundsson accompagné au piano par Jonas Ingimundarson au Théâtre du Châtelet, Paris.
    Kaldalons, Kristiansson, Sveinjörnsson, Thorsteinsson, Schumann.

    Kristinn Sigmundsson, basse
    Jonas Ingimundarson, piano

     


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