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CRITIQUES DE CONCERTS 26 septembre 2020

Ouverture de la saison de l'Auditorium de Lyon avec Jeanne d'Arc au bûcher d'Arthur Honegger sous la direction de Jun Märkl.

Märkl fédère autour de Jeanne

Jun Märkl

A quelques jours d'intervalle, Paris et Lyon présentent en guise d'ouverture de saison Jeanne d'Arc au bûcher de Honegger, avec ici et là Marthe Keller et Daniel Mesguich et les mêmes choeur et maîtrise de Radio France. Le reste de la distribution, marqué par l'arrivée de Jun Märkl à la tête de son futur orchestre, l'ONL, change néanmoins la nature de l'événement.
 

Auditorium Maurice Ravel, Lyon
Le 01/10/2004
Benjamin GRENARD
 



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  • Avant son arrivĂ©e officielle Ă  la tĂŞte de l'Orchestre national de Lyon, annoncĂ©e pour 2005-2006, Jun Märkl a fait le choix d'ouvrir cette saison de transition par Jeanne d'Arc au bĂ»cher d'Honegger. Pour marquer son arrivĂ©e au pupitre, Krivine avait choisi la Neuvième symphonie de Dvořak, sacrifiant au rite initiatique qui veut qu'un chef montre d'abord sa personnalitĂ© et sa poigne. En Ă©vitant une pièce de rĂ©sistance du rĂ©pertoire de chef après sa nomination officielle, on pourrait considĂ©rer que Jun Märkl ne prend guère de risque. A moins qu'il ne s'agisse d'une stratĂ©gie diffĂ©rente : en cultivant une distance Ă©tonnante vis-Ă -vis de la nature de l'Ă©vĂ©nement, le chef allemand Ă©vite de trop marquer de son empreinte cette saison de transition et met en valeur d'autres talents.

    Car il ne faudrait pas négliger pour le chef l'exigence d'un tel répertoire, qui requiert des qualités hors pair de coordonnateur et de fédérateur fort indispensables à la fonction. La juxtaposition du temps spécifiquement théâtral, où les deux récitants interviennent seuls, et d'autre part du temps musical fait appel à un talent subtil de la transition que Jun Märkl maîtrise manifestement avec aisance. Dans le même esprit, aux moments où le choeur réplique aux divers récitants, le chef allemand démontre son sens dramatique et relaie habilement ces deux temps de nature différente. Le tout, servi par une gestique précise et efficace, est donc mené de main de maître.

    Lecture orchestrale annonçant la Symphonie liturgique

    Du reste, la lecture de Märkl Ă©vite toute emphase romantique pour mieux donner la prioritĂ© Ă  la sonoritĂ© de l'orchestre, dans une optique somme toute assez « vingtiĂ©miste Â», mais en respectant soigneusement la densitĂ© de l'orchestration de Honegger. Les bois, particulièrement, composent des mixtures idĂ©ales tandis que la flĂ»te solo, dans le Livre, distille adĂ©quatement un climat Ă©thĂ©rĂ©, annonçant dĂ©jĂ  la fin de la Symphonie liturgique, composĂ©e pendant la seconde guerre mondiale.

    De son côté, le choeur de Radio France confirme l'excellence de sa prestation parisienne. On notera ainsi une entrée sépulcrale qui convient parfaitement à la texture crépusculaire de l'orchestre. La maîtrise se hisse quant à elle au même niveau d'exécution : on remarquera à cet égard dans Trimâzo le solo de la petite Sarah Aristidou qui dispose d'une voix claire et juste, exempte des défauts que l'on retrouve généralement dans les solos d'enfant – air sur la voix et justesse défaillante.

    La Jeanne déchirante et déchirée de Marthe Keller

    Mais l'artiste de premier plan est sans conteste Marthe Keller dans un rôle dont elle s'est fait une spécialité. Loin de la blancheur et de la pureté virginale de Nelly Borgeaud qui officiait sous la baguette de Serge Baudo, la voix que prête Marthe Keller au personnage de Jeanne est celle d'une femme résolument plus mûre, presque brisée. La progression qu'elle imprime au rôle suit de surcroît parfaitement la tension dramatique, pour finalement donner à ses dernières répliques un côté à la fois déchiré et déchirant.

    En attendant Jun Märkl au mois de mars dans le Concerto pour orchestre de Bartók, ce concert d'ouverture aura eu le mérite d'introduire une saison placée en partie sous le signe de la Suisse alémanique, puisque le chef qui dirigera le plus cette année est le compositeur-chef d'orchestre Heinz Holliger.




    Auditorium Maurice Ravel, Lyon
    Le 01/10/2004
    Benjamin GRENARD

    Ouverture de la saison de l'Auditorium de Lyon avec Jeanne d'Arc au bûcher d'Arthur Honegger sous la direction de Jun Märkl.
    Arthur Honegger (1892-1955)
    Jeanne d'Arc au bûcher, oratorio dramatique (1935)
    Texte de Paul Claudel

    Choeur de Radio France
    Maîtrise de Radio France
    direction : Fritz Näf
    Orchestre national de Lyon
    direction : Jun Märkl

    Avec :
    Marthe Keller (Jeanne), Daniel Mesguich (Frère Dominique), Laurent Soffiati (récitant), Christiane Oelze (la Vierge), Tanja Baumgartner (Marguerite), Jane Irwin (Catherine), Fabrice Dalis (Porcus, Héraut I, le Clerc), François Lis (Héraut II), Karin Martin-Prével (Mère aux Tonneaux).

     



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