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CRITIQUES DE CONCERTS 23 octobre 2014

Récital Salieri de Cecilia Bartoli au Théâtre des Champs-Élysées, Paris.

La réhabilitation pour Salieri
© Decca-Universal

Au TCE, Cecilia Bartoli se fait l'éblouissante avocate d'un musicien dont la postérité retiendra avant tout les soupçons d'empoisonnement sur la personne de Mozart : Antonio Salieri. Elle consacre l'intégralité d'un récital à celui que Gluck désignait comme son seul digne successeur, et qui s'honorait d'avoir été le professeur de Beethoven et de Schubert.
 

Théâtre des Champs-Élysées, Paris
Le 22/09/2004
Françoise MALETTRA
 



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  • Elle entre en scène sans la moindre affectation, d'un pas ferme et rapide, dans une étonnante robe à traîne vert pomme, la somptueuse chevelure brune librement déployée sur les épaules, entourée des musiciens de l'excellent Freiburger Barockorchester, visiblement heureuse de retrouver un public qui depuis longtemps lui manifeste les plus grandes tendresses. Elle entend bien, le temps d'une soirée, assurer la défense, oeuvres à l'appui, d'un musicien, et lui accorder enfin la sortie d'un long purgatoire qui en avait fait l'instigateur de la mort de Mozart par empoisonnement.

    Une première tentative, celle de la pièce de Pierre Shaffer, Amadeus, et surtout son adaptation au cinéma par Milos Forman, qui mettait en lumière la personnalité du musicien évoluant dans l'ombre ambiguë de Mozart, sera sans effet sur la redécouverte d'une oeuvre non négligeable dans laquelle l'Europe entière du dix-huitième siècle voyait le successeur déclaré de Gluck. Curieuse figure que celle de Salieri qui s'honorait d'avoir été le professeur de Beethoven, de Schubert et de Liszt, et laisse une quarantaine de partitions lyriques, opera seria, opera buffa, commedia in musica, où il tente de libérer le genre des conventions qui l'étouffaient et de renouveler l'expression dramatique du théâtre lyrique, avant que Mozart ne le porte infiniment plus loin, à son point de perfection absolue. Et le programme de Cecilia Bartoli fait cruellement sentir, à l'encontre de Salieri, et pour la gloire de Mozart, le chemin qui restera encore à parcourir.

    Il faut reconnaître que malgré la médiocrité des livrets (quand ils ne sont pas le fait de Da Ponte ou de Mazzola), Salieri recherche une véritable réalité dramatique et la vraisemblance des sujets traités, en utilisant abondamment de longs récitatifs avant de donner à l'interprète l'occasion de développer dans des airs souvent d'une réelle beauté la psychologie des personnages. Et en particulier dans Armide, avec le chant quasi somnambulique de Rinaldo, invoquant le sommeil comme « la douce image de la mort », d'une facture superbement inspirée.

    Il fallait une voix et un tempérament comme ceux de Cecilia Bartoli pour justifier un tel projet et y réussir pleinement. Elle est apparue dans une grande forme vocale, avec une ligne de chant parfaite, des graves splendides, une maîtrise des diaboliques vocalises qui s'enchaînent sans répit, frisant l'exercice de style extrême. Et surtout une nouvelle manière de dompter l'énergie parfois excessive d'une nature que l'on connaît bien, avec une gestuelle plus mesurée, concentrée sur le texte musical et une théâtralité si subtile à doser en récital.

    Drôle, violente, amoureuse tendre ou pathétique, jouant sur tous les registres expressifs, elle ne pouvait que rencontrer l'adhésion d'une salle dont on dit trop souvent qu'elle est acquise d'avance à de telles stars.




    Théâtre des Champs-Élysées, Paris
    Le 22/09/2004
    Françoise MALETTRA

    Récital Salieri de Cecilia Bartoli au Théâtre des Champs-Élysées, Paris.
    Antonio Salieri (1750-1825)
    Ouverture de Cublai, gran kan de Tartari
    Gelosia, dispetto e sdegno, extrait de La Scuola de' Gelosi
    Eccomi... Amor pietoso, extrait de Il Ricco d'un giorno
    Vi sono sposa e amante, extrait de La Fiera di Venezia

    Ouverture de Don Chisciotte alle nozze di Gamace
    E non degg'io seguirla, extrait d'Armida
    Sulle mie temple, extrait de La Secchia rapita

    Ouverture de La Secchia rapita
    Se lo dovessi vendere, extrait de La Finta Scema
    Or ei con Ernestina, récit et aria extraits de La Scuola de' Gelosi
    Se spiegar si potessi appieno, air de Vanesia, extrait de La Finta Scema

    Variation n° 26 sur La Folia di Spagna
    Non vò già che vi suonino, récit et aria extraits de La Cifra

    Cecilia Bartoli, mezzo-soprano
    Freiburger Barockorchester

     


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