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CRITIQUES DE CONCERTS 24 octobre 2020

Concert de l'Orchestre national de Lyon sous la direction d'Armin Jordan à l'Auditorium de Lyon.

Redécouverte viennoise

Armin Jordan

Ouverte sur une Jeanne d'Arc au bûcher que l'on entend trop rarement, la saison se poursuit à Lyon avec Paul Lewis par une soirée viennoise sous le patronage d'Armin Jordan. La seconde partie du programme, consacrée à une oeuvre peu connue de Zemlinsky, La Néréide, est l'occasion de redécouvrir une pièce magnifiquement ouvragée.
 

Auditorium Maurice Ravel, Lyon
Le 09/10/2004
Benjamin GRENARD
 



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  • Sitôt le concert d'ouverture passé, la saison lyonnaise reprend son rythme avec la traditionnelle formule concerto / programme symphonique qui, par la force des choses et la nature du grand répertoire – et aussi, il faut bien le dire, par un culte du grand public pour la performance individuelle qui n'a pourtant pas grand chose à voir avec l'authentique substance du propos musical –, a fini par s'installer dans toutes les grandes institutions.

    Heureusement, ce carcan peut être compensé par une programmation innovatrice, dont l'Auditorium de Lyon, depuis la venue de Robertson, s'était fait une spécialité en cultivant régulièrement la tenue de pièces contemporaines en seconde partie de concert. La programmation de ce soir, néanmoins marquée par un retour aux valeurs esthétiques « sûres Â», compose un bon compromis entre tradition et innovation, avec l'exécution d'un ouvrage peu joué du Viennois Zemlinsky, La Néréide, poème symphonique en trois mouvements contemporain de La Mer et de Salomé.

    En attendant, Paul Lewis livre une lecture transparente du 25e concerto pour piano de Mozart, soignant particulièrement la couleur instrumentale. Son attachement à ciseler la moindre lumière donne également, par contraste, une coloration particulière aux nombreux passages en mineur inattendus qui émaillent la partition. Tout en retenue et en finesse, l'interprétation du pianiste américain ne manque ni d'esprit ni d'humour, avec en prime une transformation du thème principal en une sorte de Marseillaise dans la cadence.

    L'accompagnement d'Armin Jordan, tout professionnel qu'il soit, n'est pas exempt d'une légère routine. La sonorité de l'orchestre se révèle inégale : alors que les cordes disposent du grain de son adéquat, l'image sonore des vents reste floue, probablement en raison de l'utilisation des cors naturels, dont la sonorité, si elle se rapproche de la famille des bois conformément aux normes de l'époque, brouille l'ensemble du pupitre. Néanmoins, l'orchestre apporte la vigueur tout juste nécessaire pour que le discours musical avance, alors même que les tempi restent modérés ; la manière dont Jordan relance par exemple la réexposition en constitue une bonne illustration.

    Une véritable redécouverte

    En seconde partie, la pièce symphonique de Zemlinsky, poème musical d'après La petite sirène d'Andersen, est l'occasion d'une véritable redécouverte. De surcroît, l'Orchestre national de Lyon dispose des couleurs adéquates pour ce répertoire : la rutilance et le scintillement viennois du deuxième mouvement aussi bien que le début crépusculaire de l'oeuvre trouvent le coloris idéal. Armin Jordan lit l'ensemble de manière assez cursive, plaçant indubitablement la pièce sur le même plan que les Mahler et Strauss de la même époque. La science du timbre, la démesure et la sensualité propre à cette esthétique sont ainsi privilégiés au gré d'un orchestre massif mais souplement dosé.

    Il ne manque à cette exécution que la prégnance d'un temps véritablement post-romantique, habituellement plus étiré et puisant sa force d'une respiration large. On regrettera à cet égard le léger manque de souplesse de la battue, qui aurait fait désirer les divers accents que Zemlinsky a si habilement amenés par de longues anacrouses, et qui aurait du même coup mis en relief plus efficacement les sommets expressifs de La Néréide. Cependant, l'ensemble demeure toujours captivant et rend justice à une oeuvre qui ne demande qu'à faire une entrée définitive dans le grand répertoire.




    Auditorium Maurice Ravel, Lyon
    Le 09/10/2004
    Benjamin GRENARD

    Concert de l'Orchestre national de Lyon sous la direction d'Armin Jordan à l'Auditorium de Lyon.
    Wolfgang Amadeus Mozart (1756-1791)
    Concerto pour piano et orchestre n° 25 en ut majeur, K 503 (1786)
    Paul Lewis, piano

    Alexander von Zemlinsky (1871-1942)
    Die Seejungfrau, poème musical en trois mouvements (1905)

    Orchestre national de Lyon
    direction : Armin Jordan

     


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