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CRITIQUES DE CONCERTS 04 juin 2020

Premier concert de la saison 2004-2005 de Heinz Holliger à la tête de l'Orchestre national de Lyon, à l'Auditorium Maurice Ravel, Lyon.

Holliger défend ses pères spirituels
© ECM

Très présent cette saison dans la vie musicale lyonnaise, Heinz Holliger a décidé d'entamer sa série de concerts en compagnie de Robert Schumann et Sándor Veress. Un concert très attendu en raison de la grande proximité qu'entretient le musicien suisse avec ces deux compositeurs qui sont pour lui comme des pères spirituels.
 

Auditorium Maurice Ravel, Lyon
Le 14/10/2004
Benjamin GRENARD
 



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  • R√©guli√®rement invit√© √† diriger l'Orchestre national de Lyon, Heinz Holliger est plus que jamais pr√©sent cette saison √† l'auditorium pour une s√©rie de concerts prometteurs. Consid√©r√© principalement comme chef d'orchestre et hautbo√Įste hors-pair par le grand public, le ma√ģtre suisse fait partie de ces rares personnalit√©s dont le g√©nie s'est illustr√© aussi bien dans l'interpr√©tation que dans la composition, √† l'image de ses confr√®res Pierre Boulez et Peter E√∂tv√∂s.

    De fait, un concert de Holliger repr√©sente toujours un √©v√©nement, de surcro√ģt quand il dirige un concert o√Ļ la programmation est exclusivement d√©di√©e √† ses p√®res spirituels : l'un direct, Veress ayant √©t√© son professeur en composition ; l'autre indirect, par l'affinit√© qu'a toujours ressentie Holliger pour le romantisme en g√©n√©ral et Schumann en particulier.

    L'interprétation de Threnos représente à ce titre un moment particulièrement fort de la soirée. Holliger retranscrit idéalement l'esprit de la pièce, en en soignant autant l'expressivité que le cachet sonore typiquement hongrois. L'ambiance funèbre de la pièce est habilement rendue par des timbales d'une grande précision rythmique et dynamique, tandis que les cordes composent une texture orchestrale dont exsudent des ombres mortuaires. La parenté avec Bartók, à la mémoire duquel la pièce est dédiée, ressort avec évidence et Veress trouve en son disciple un interprète d'élection, propre à faire saillir de Threnos aussi bien la charpente que l'aspect purement émotionnel.

    Vient ensuite le Concerto pour violon de Schumann, dont la partie soliste a √©t√© confi√©e pour l'occasion √† Thomas Zehetmair. Le violoniste et Holliger entretiennent des liens √©troits, le soliste ayant cr√©√© le concerto du compositeur suisse. Les deux protagonistes s'accordent d'ailleurs parfaitement, l'orchestre et le soliste faisant jeu √©gal et privil√©giant le m√™me esprit, tout en cultivant soigneusement un contraste entre le jeu lumineux de Zehetmair et la coloration mate de l'orchestre de Schumann. Certains passages, √† l'instar de la fin du d√©veloppement dans le mouvement initial, sont confondants de ma√ģtrise, les deux musiciens obtenant un pianissimo √©poustouflant.

    Orchestre schumannien à la consistance particulière

    La seconde partie, consacrée à la 1e symphonie de Schumann, met d'autant plus en relief les qualités du chef. On sait que Holliger s'impose comme un éminent défenseur de Schumann, dont les détracteurs critiquent l'orchestration. Répondant par un dosage réfléchi de l'orchestre, Holliger soigne comme dans Threnos la texture des cordes, donnant au son d'ensemble une consistance particulière. Du coup, les vents, fleurons habituels de l'ONL, s'effacent et interviennent surtout en soutien. Au plan plus général, le chef d'orchestre s'attache à la trajectoire de l'oeuvre, utilisant pour cela la logique interne entre les différents tempi, notamment pour donner l'impression d'une progression jusqu'au Finale.

    Somme toute, on ne pouvait r√™ver de disciple plus fid√®le que Holliger pour transmettre un tel h√©ritage. Il est clair que sur ce point, la double fonction de compositeur et d'interpr√®te est un atout majeur, lui permettant √† la fois de respecter au mieux la lettre tout en s'appropriant les oeuvres. On en regrettera d'autant plus les nombreux si√®ges vides √† l'auditorium, √† l'heure o√Ļ, dans le domaine de l'interpr√©tation, le g√©nie d'un interpr√®te m√™l√© √† une fid√©lit√© non usurp√©e et non pr√©tentieuse n'est pas une denr√©e si courante.




    Auditorium Maurice Ravel, Lyon
    Le 14/10/2004
    Benjamin GRENARD

    Premier concert de la saison 2004-2005 de Heinz Holliger à la tête de l'Orchestre national de Lyon, à l'Auditorium Maurice Ravel, Lyon.
    S√°ndor Veress (1907-1992)
    Threnos (in memoriam Béla Bartók), pour orchestre (1945)

    Robert Schumann (1810-1856)
    Concerto pour violon et orchestre en ré mineur (1853)
    Thomas Zehetmair, violon

    Symphonie n¬į1 en si b√©mol majeur op. 38, ¬ę Le Printemps ¬Ľ (1841)

    Orchestre national de Lyon
    direction : Heinz Holliger

     


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