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CRITIQUES DE CONCERTS 23 février 2018

Concert d'avant tournée en Chine de l'Orchestre de Paris sous la direction de Christoph Eschenbach au Théâtre Mogador, Paris.

Spectaculaire avant-goût de tournée

Avant de s'envoler pour une tournée de trois semaines en Chine, l'Orchestre de Paris rodait son programme de tournée au Théâtre Mogador, dans un concert dont la deuxième partie, consacrée à Ravel, restera comme une spectaculaire démonstration de l'excellence de la phalange parisienne dans son répertoire de prédilection.
 

Théâtre Mogador, Paris
Le 20/10/2004
Yannick MILLON
 



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  • La soirée commence avec une pièce contemporaine, Flute Moon du Sino-Américain Bright Sheng. Très belle première partie, avec une Danse de la Licorne (Chi-Lin's dance) roborative à l'ostinato rythmique scandé par des cordes mordantes et entrecoupé de chocs de percussions du plus bel effet. La deuxième partie, Flute moon proprement dit, se perd plus dans des interventions de flûte un rien longuettes et exploitant de manière trop scolaire les possibilités expressives et techniques de l'instrument ? surabondance de trilles redoutables dans l'extrême aigu. Mais la maîtrise de la palette de couleurs de la percussion, particulièrement des claviers, est bien celle de la superbe école orchestrale chinoise.

    Changement d'univers ensuite avec le 2e concerto pour violon de Mendelssohn par Renaud Capuçon. La sonorité est ronde et claire, typiquement française, et la manière de ne jamais trop éloigner l'archet des cordes pendant les silences assure des attaques très bien dosées, sans aucune dureté, qui conviennent parfaitement au « romantisme tempéré » du compositeur. L'accompagnement d'Eschenbach sonne plus comme celui du concerto de Tchaïkovski que celui de Mendelssohn, mais installe le soliste dans une pâte sonore généreuse et confortable, très différente de celle que lui avait réservée le beaucoup plus sec Daniel Harding pour son enregistrement discographique.

    Après l'entracte, un éventail symphonique ravélien, avec pour commencer une 2e suite de Daphnis et Chloé de rêve. Du lever de soleil initial, hypnotique et au flux parfaitement géré, à l'exaltation rythmique et virtuose de la Bacchanale, l'Orchestre de Paris se montre éblouissant de couleurs fauves et crues, de virtuosité, de souplesse. Eschenbach donne de l'élan à chaque phrase et impressionne par un art confondant d'arriver au sommet des crescendi avec une légère retenue expressive sur le dernier temps précédant la retombée.

    Suit une Valse motorique, mouvante, au tempo vif dès les premières mesures, qu'on peut préférer plus souterraines, mais parfaitement assumées dans leur appel plus vif de tutti souvent fracassants. Démonstration enivrante, sans le moindre deuxième temps anticipé à la viennoise, mais avec certains troisièmes temps génialement suspendus.

    Pour conclure une deuxième partie toute de profusion coloriste, un Boléro absolument souverain, dont le tempo, assez rapide, ne bouge pas d'un millimètre grâce à une caisse claire hyper concentrée. Et si Eschenbach se paie le luxe de diriger seulement du regard avant la modulation soudaine en mi majeur, c'est pour mieux empoigner l'orchestre dans une conclusion violente et démoniaque, sans le moindre ralenti parasite. Et tout du long, l'Orchestre de Paris bénéficie de solos impeccables et de remarquables fusions de timbres ? flûte-trompette, mixtures flûtes-piccolo.

    Si l'on mégote souvent sur la difficulté des orchestres français à aborder convenablement certains répertoires, point de doute ce soir : dans Ravel, les orchestres français, mais tout particulièrement l'Orchestre de Paris, restent absolument inapprochables.




    Théâtre Mogador, Paris
    Le 20/10/2004
    Yannick MILLON

    Concert d'avant tournée en Chine de l'Orchestre de Paris sous la direction de Christoph Eschenbach au Théâtre Mogador, Paris.
    Bright Sheng (*1955)
    Flute Moon (1999)
    Vincent Lucas, flûte

    Felix Mendelssohn-Bartholdy (1809-1947)
    Concerto pour violon et orchestre n° 2 en mi mineur, op. 64 (1845)
    Renaud Capuçon, violon

    Maurice Ravel (1875-1937)
    Daphnis et Chloé, deuxième suite d'orchestre (1912)
    La Valse, poème chorégraphique pour orchestre (1920)
    Boléro, pour orchestre (1928)

    Orchestre de Paris
    direction : Christoph Eschenbach

     


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