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CRITIQUES DE CONCERTS 15 août 2018

Zaide de Mozart en version de concert sous la direction de Ton Koopman au Théâtre des Champs-Élysées, Paris.

Une Zaide trop légère

Etait-ce vraiment Zaide ? De ce Singspiel inachevé, géniale préfiguration de la Flûte Enchantée plus encore que de l'Enlèvement au Sérail et dont Mozart disait qu'il était trop sérieux pour « le public viennois, qui a plus de goût pour les comédies », Ton Koopman tire une jolie bluette, agrémentée d'étoffes aux couleurs plus ou moins locales.
 

Théâtre des Champs-Élysées, Paris
Le 16/10/2004
Mehdi MAHDAVI
 



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  • Fidèle aux options qu'il avait déjà défendues en mai 2003 à Radio-France avec le Philharmonique et un plateau sensiblement différent, le chef hollandais supprime les deux superbes mélodrames qui n'ont rien à envier aux plus beaux récitatifs accompagnés d'Idomeneo, et suppose à l'oeuvre un caractère moins inachevé en adjoignant en guise d'ouverture la Serenata notturna K. 239, prétexte aux improvisations les plus loufoques, et la Marche K.335 en radieuse conclusion. A cela, il ajoute un texte de liaison inspiré des dialogues manquants. Malgré le caractère bon enfant de ce monologue, Daniel Mesguich ne peut s'empêcher de faire un sort à chaque mot, de prendre la pose ? tout simplement ridicule.

    Le plateau vocal n'est guère plus enthousiasmant. Lisa Larsson, de sa jolie voix ternie en moins d'un air, de ses pianissimi trop délicats, de sa charmante et ductile musicalité, ne peut offrir qu'une Zaïde aux petits pieds, là où se dessinent la véhémence d'une Konstanze, les tourments d'une Pamina. Jörg Dürmüller a pour lui l'assurance d'une émission haute et impeccablement projetée, mais cette voix de Monostatos ou de Pedrillo n'est que peu crédible dans le registre délicat de la séduction.

    Comme toujours, Klaus Mertens aligne notes et syllabes, d'une voix éteinte, hormis dans l'aigu, mais au prix de quelles tensions. Seul contre tous et affublé d'un costume de carnaval ? c'est dire ses mérites ?, Paul Agnew impose, la rage dans l'?il, une présence souveraine, nourrit ? et sans qu'un mot ne se perde ? une ligne intensément dramatique, couronnée d'aigus acérés, et par-dessus tout, enflamme une couleur singulière par la hardiesse de la vocalise.

    Avec une distribution si déséquilibrée, Ton Koopman a fort à faire pour donner une cohérence à l'ensemble, d'autant que l'Amsterdam Baroque Orchestra se révèle très inégal, d'une couleur parfois séduisante, aux traits parfois incisifs, mais le plus souvent brouillon et d'une intonation douteuse. En habile meneur et défenseur acharné d'une oeuvre majeure, il parvient finalement à créer une atmosphère particulièrement réjouissante. Et pourtant non, vraiment, ce n'était pas Zaide.




    Théâtre des Champs-Élysées, Paris
    Le 16/10/2004
    Mehdi MAHDAVI

    Zaide de Mozart en version de concert sous la direction de Ton Koopman au Théâtre des Champs-Élysées, Paris.
    Wolfgang Amadeus Mozart (1756-1791)
    Zaide, Singspiel en deux actes
    Livret de Johann Andreas Schachtner

    Amsterdam Baroque Orchestra
    direction : Ton Koopman

    Avec :
    Lisa Larsson (Zaide), Jörg Dürmüller (Gomatz), Klaus Mertens (Allazim, Osmin), Paul Agnew (le Sultan Soliman), Daniel Mesguich (Zaram, récitant).

     



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