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CRITIQUES DE CONCERTS 17 décembre 2018

Eugène Onéguine à l'Opéra de Nice

Eugène Onéguine démotivé
© Patrick Riou

À une exception près, la nouvelle production d'Eugène Onéguine à l'Opéra de Nice réunit un joli plateau vocal. Mais il est flanqué d'une mise en scène sans imagination et une décoration encombrante. L'oeuvre a pourtant montré dans le passé qu'elle se prêtait à des interprétations contrastées, même en restant classique.
 

Opéra, Nice
Le 22/03/2000
Gérard MANNONI
 



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  • Sans tomber dans les excès constatés pour La Dame de pique à l'Opéra Bastille, les opéras de Tchaïkovski permettent au metteur en scène de porter un jugement personnel sur les personnages, leurs motivations, le contexte social de l'époque. Ici, Edgar Baitzel s'abstient de tout travail de ce genre. Il se contentant de ce que l'on appelait jadis une mise en place, laissant tout un chacun incarner son personnage de la manière la plus plate et la plus traditionnelle qui soit. Onéguine est-il un fat, ou un cynique, ou un inconscient, ou encore un romantique perdu dans ses rêves ? À vous de juger car l'excellent Vladimir Tchernov n'exprime théâtralement rien du tout, à l'exemple de ses partenaires qui entrent en scène, effectuent quelques gestes et déplacement et ressortent. Le décor de Michael Scott n'arrange rien car il encombre le plateau et se trouve conçu de telle manière que les scènes se déroulant côté ou côté jardin sont invisibles pour le tiers de la salle située du même côté. Tout cela pour camper le monde russe le plus conventionnel dans une bousculade générale faute d'espace.
    Le chant vient heureusement sauver le spectacle, plus qu'une direction d'orchestre souvent languissante. Tchernov, longue chevelure blonde et visage d'homme mûr est un Onéguine sobre mais très à l'aise, au beau timbre cuivré. Le ténor Zoran Todorovitch chante Lensky à la perfection, avec passion et une voix très bien menée. Matti Salminen, comme on s'en doute, a tous les graves et toute la prestance du Prince Grémine et Olga bénéficie du joli timbre et de la charmante silhouette d'Annette Seiltgen. On est ému de trouver la vénérable Rita Gorr en Filipievna, mais que vient donc faire Barbara Hendricks dans cet ouvrage ? Elle n'a rien du personnage de Tatiana, ni la sensualité, ni la fraîcheur, ni la passion. La voix est tour à tour trop grêle, trop poitrinée ou trop gonflée, sans jamais trouver le phrasé ni la couleur adéquate. Une erreur totale de distribution, car on ne croit pas un instant que tout ce drame puisse se jouer autour d'elle.




    Opéra, Nice
    Le 22/03/2000
    Gérard MANNONI

    Eugène Onéguine à l'Opéra de Nice
    Eugène Onéguine de Piotr Illich Tchaïkovski
    Direction musicale : Ivo Lipanovic
    Mise en scène : Edgar Baitzel
    Décors et costumes : Michael Scott
    Orchestre Philharmonique de Nice
    Choeur de l'Opéra de Nice.
    Avec Camilla Ueberschaer (Larina)- Barbara Hendricks (Tatiana)- Annette Seiltgen (Olga)- Rita Gorr (Filipyevna)- Vladimir Chernov (Eugène Onéguine)- Zoran Todorovitch (Lensky)- Matti Salminen (Le Prince Grémine)- Gilles San Juan (Triquet)- Daniel Djambazian (Zaretsky)- Luben Maslarov (Le Capitaine).

     


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