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CRITIQUES DE CONCERTS 22 août 2018

Reprise de La Cenerentola de Rossini mise en scène par Irina Brook au Théâtre des Champs-Élysées, Paris.

Une nouvelle jeunesse pour Cendrillon

Ils sont jeunes, ils sont beaux, leur Rossini va droit au coeur : Maxim Mironov et Elina Garanca illuminent cette reprise de la Cenerentola pas très chic et architoc signée Irina Brook au Théâtre des Champs-Élysées. Une nouvelle jeunesse pour Cendrillon grâce à un couple de jeunes premiers absolument irrésistible.
 

Théâtre des Champs-Élysées, Paris
Le 18/11/2004
Mehdi MAHDAVI
 



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  • Créée en mai 2003, cette production de la Cenerentola a le fâcheux avantage d'être « tendance ». De sushis en téléphones portables, de bar aux murs miteux couverts de footballeurs en loft ultra-zen avec vue imprenable sur les lavabos des dames, rythmée à la manière d'une comédie musicale, c'est un reflet méticuleusement fidèle de notre époque télé-relativisée. La transposition alimente, malicieuse, la situation pendant les dix premières minutes, puis bascule dans la facilité, voire la vulgarité : pistolets brandis à qui mieux-mieux, tarte à la crème, courses-poursuites
    La Cendrillon de Rossini et Ferretti se veut enjouée, dérisoire, spirituelle, attendrissante et même morale. Irina Brook charge la caricature ? pesants clins d'?il à la pantoufle originale ?, et sombre, potache, dans la pochade télévisuelle. Pour nostalgiques de Benny Hill


    Maître d'oeuvre rossinien, Evelino Pidò a de bonnes idées de tempi, en rythme effréné et maîtrisé, avec une belle progression des fameux crescendi, sextuor bien mené et tempête romantique à souhait. Toutefois, la couleur lui échappe, ou est-ce l'Orchestre National de France qui joue compact et raide une musique aérée et souriante ? Après des débuts un rien hasardeux, la mise en place s'avère satisfaisante, mais l'humour ne viendra pas, alors que pour le cru précédent, Concerto Köln, sec et expérimental, en avait à revendre.

    Par défauts et mérites diamétralement opposés à ceux de son prédécesseur, le plateau est plus enjoué qu'inégal. Si Carla Di Censo et Nidia Palacios sont toujours aussi délicieuses garces, les barytons-basses peinent à rivaliser avec le trio idéalement chantant de mai 2003. La jeunesse perdue du timbre de Nicolas Rivenq révèle les artifices de voix diversement forcées qui ne peuvent offrir, sans trop de classe, qu'un ersatz de chant rossinien : Dandini est certes buffo, mais surtout virtuose. Récitatifs savoureux, Andrea Concetti a quelques difficultés à plier sa bonne voix italienne et un peu épaisse aux exigences du sillabato. Son Magnifico en perd de sa faconde et de son relief. Sans faire oublier Ildebrando d'Arcangelo une seule seconde, Lorenzo Regazzo offre un Alidoro irrésistible, sans vraiment le différencier de tous ces fanfarons qui, de Vivaldi à Rossini, ont fait sa gloire sur cette scène par l'agilité confondante et le timbre maugréant.

    Le triomphe des jeunes premiers

    Ce sont les jeunes premiers, débutants à Paris, qui assument le brio. Maxim Mironov, débutant tout court, est une authentique révélation. Timbre superbement homogène, aigu trompetant, souple, inépuisable, agilité, vélocité même, naturelle, stupéfiante. La musicalité est attendrissante, délicieuse ? diminuendi suaves, à languir de plaisir ? et l'italien percutant. Un legato peaufiné, une projection plus affirmée et une pointe de métier feront du ténor russe un Ramiro idéal : vingt-trois ans et tant de facilités le laissent mieux que présager.

    Propulsée coqueluche de Vienne et Salzbourg en trois ans de carrière, Elina Garanca n'est pas une mezzo de plus. Ses dons sont proprement exceptionnels. D'une troublante beauté, elle déploie une voix d'une richesse éblouissante, d'une longueur et d'une ampleur parfaitement apprivoisée ? le grave sensuel et authentique, l'aigu pulpeux, lumineux ? malgré quelques raideurs dans les hauteurs les plus extrêmes. Morceau de bravoure par excellence, le rondò final ne sacrifiera pourtant rien au spectaculaire, tant la coloratura y est idéalement onctueuse, sereine. Cette Angelina est miraculeuse de naturel, d'humilité, de noblesse, en un mot, de grâce.

    Une Cendrillon de Rossini sauvée par le couple de l'année. Marions-le !




    Théâtre des Champs-Élysées, Paris
    Le 18/11/2004
    Mehdi MAHDAVI

    Reprise de La Cenerentola de Rossini mise en scène par Irina Brook au Théâtre des Champs-Élysées, Paris.
    Gioachino Rossini (1792-1868)
    La Cenerentola, dramma giocoso en deux actes (1817)
    Livret de Jacopo Ferretti

    Choeur du Théâtre des Champs-Élysées
    Orchestre National de France
    direction : Evelino Pidò
    mise en scène : Irina Brook
    décors : Noëlle Ginefri
    costumes : Sylvie Martin-Hyszka
    éclairages : Zerlina Hughes
    chorégraphie : Cécile Bon

    Avec :
    Maxim Mironov (Don Ramiro), Nicolas Rivenq (Dandini), Andrea Concetti (Don Magnifico), Carla Di Censo (Clorinda), Nidia Palacios (Tisbe), Elina Garanca (Angelina), Lorenzo Regazzo (Alidoro).

     



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