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CRITIQUES DE CONCERTS 24 septembre 2020

Pierre Boulez et le London Symphony Orchestra au Barbican Hall, Londres.

Boulez enfin populaire ?

Affluence inhabituelle pour le concert de musique du XXe siècle le 27 février dernier au Barbican de Londres. À la tête du London Symphony Orchestra, Pierre Boulez, donnait son quatrième et dernier concert londonnien de la série hommage-anniversaire du chef et compositeur. Sa stature a-t-elle suffit à motiver un tel public ? Sans doute.
 

Barbican Hall, London
Le 27/02/2000
Barry MILLINGTON
 



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  • En un temps où le nom même de Schoenberg est censé condamner à mort toute popularité au box-office, il est intéressant d'observer l'engouement pour un concert dans lequel Schoenberg paraît précisément le compositeur le plus conservateur du programme. Au Barbican, l'oeuvre choisie était le somptueux poème symphonique au romantisme décadent: Pelleas und Melisande. Mais, selon une formule chère à Boulez, les partitions classiques du XXe siècle sont programmées conjointement à des créations. Le programme de Jeudi soir commença par le Notturno de Berio, dans une nouvelle version pour orchestre à cordes (l'original était pour quatuor à cordes). Bien sûr, il ne s'agit pas d'un nocturne conventionnel : on y entend d'abord des murmures sotto voce qui se changent progressivement en fantaisies enfiévrées. Il y sourd également des courants profonds et angoissés. Ils mettent longtemps avant de s'évanouir. Trop longtemps, en fait car malgré toutes ces subtilités, l'originalité du matériau suffirait à peine à une pièce moitié moins longue. Dans le même esprit de lutte entre le bruit et silence, on découvre ensuite le Recitativo Oscuro, une création du compositeur italien Salvatore Sciarrino. Ce "récitatif obscur" installe également une atmosphère nocturne dans lequel des chuchotements et des gazouillements spectraux sont émis sur un piétinement très grave à l'orchestre. Ce dernier est souvent répété et vaguement sinistre, mais il est néanmoins brisé sporadiquement par l'irruption d'éclats convulsifs que l'on doit au piano de Maurizio Pollini. L'idée dominante de cette oeuvre extraordinaire n'est certainement pas le concerto au sens conventionnel. On y entendrait plutôt une sorte d'engin robotique inexorable traversé de subites convulsions pianistiques.
    Si les interprètes parvinrent à aimanter mon attention dans le Sciarrino, ils ne furent pas moins impressionnants avec Pelleas und Melisande. Dans les mains expertes de Boulez, cette partition d'allure massive n'a jamais paru grandiloquente ou trop longue. Le chef a donné au London Symphony Orchestra toute latitude pour exprimer la gloire de ses sonorités resplendissantes. Mais dans le même temps, il contrôlait les baisses et montées constantes de tension avec une telle habileté que les climax ont toujours semblé conçus de façon organique. Admirer ses mains fendre l'air avec grâce et être témoin de cet intellect créateur et écrasant fut autant un plaisir qu'un privilège.




    Barbican Hall, London
    Le 27/02/2000
    Barry MILLINGTON

    Pierre Boulez et le London Symphony Orchestra au Barbican Hall, Londres.
    Maurizio Pollini, piano
    London Symphony Orchestre
    Pierre Boulez, direction
    Oeuvres de Schoenberg, Berio, Sciarrino

     


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