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CRITIQUES DE CONCERTS 23 septembre 2020

Concert de l'Orchestre de l'Opéra de Rouen sous la direction de Marc Minkowski, avec la participation de la soprano Mireille Delunsch à l'Opéra de Rouen.

Leurs quatre premiers Lieder
© Lilian Birnbaum / DG

C'est bien plus que la complicit√© musicale qui unit Mireille Delunsch et Marc Minkowski. Monteverdi, Lully, Rameau, Mozart, Offenbach, et surtout Gluck ont r√©v√©l√© leur g√©mellit√© th√©√Ętrale. Et voil√† que pour son premier Strauss √† lui, ils osent ce qu'il y a de plus purement h√©doniste : les Vier Letzte Lieder. Inattendu, dans le meilleur sens du terme.
 

Opéra, Rouen
Le 26/11/2004
Mehdi MAHDAVI
 



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  • Il y a de l'histrion chez Marc Minkowski, les fronti√®res du ridicule presque franchies ; Stanislas Lefort n'est parfois pas bien loin. Cela ne va pas, d'abord, sans efficacit√© dans l'Ouverture de Leonore, anim√©e de qualit√©s bien connues, de texture pr√©sente, de couleur √©l√©gante, avec lesquelles l'orchestre de l'Op√©ra de Rouen se montre sous son meilleur jour. Contrastes soulign√©s, discours qui va de l'avant, mais aussi une v√©ritable culture du son, comme un effet de loupe sur chaque cellule m√©lodique.

    Mais l'enthousiasme s'√©vanouit avec la premi√®re mouture si rarement entendue de l'aria de Leonore qui n'appara√ģt, ici maltrait√©e, qu'en brouillon maladroit de Fidelio, avec son r√©citatif anodin, sa ligne plus virtuose, h√©sitante, et sa cadence incongrue, b√Ęcl√©e par une mise en place hasardeuse, basson et cors n'y mettant vraiment pas du leur. L'absence de pulsation commune entre la chanteuse et le chef, qui pense √©trangement sautillant, prive la pri√®re de coh√©rence. Malgr√© le malaise de la d√©couverte, Mireille Delunsch captive : de port, les cheveux si courts √† peine remis de Theodora et qui promettent toutes les √©preuves de l'Amour conjugal, de voix, longue et souple sans effort malgr√© l'aigu un peu fuyant, et de mots enfin, de consonnes admirablement chant√©es.

    L'Inachev√©e de Schubert montre un Minkowski encore vert, s'agitant en tous sens. Le premier mouvement √† l'allure d'un train de campagne, souriant face aux obstacles, en contrastes ass√©n√©s. Si l'orchestre s'y perd, la clarinette solo de Ga√ęlle Burgelin n'en para√ģt que plus miraculeuse. Il faut attendre le deuxi√®me th√®me de l'Andante con moto pour ressentir Schubert un minimum, m√™me si les premiers violons patinent et les cuivres d√©marrent toujours trop tard. Il manque cruellement √† cette lecture √† la mesure une v√©ritable ossature.

    Ce n'est pas faire injure √† Offenbach de dire que l'ouverture des Rheinnixen, qui deviendra la plus c√©l√®bre Barcarolle quinze ans plus tard et qui n'est pas ce qu'il y a dans l'oeuvre de plus remarquable, p√Ęlit de l'entourage. C'est tout √† l'honneur de Marc Minkowski, pourtant, de lui confronter ces F√©es du Rhin, manifeste romantique s'il en est. L'orchestre y para√ģt malheureusement peu concern√©, et de fl√Ľte triviale.

    L'extrême lenteur des Quatre derniers Lieder

    Sans doute se pr√©pare-t-il √† l'exploit de tenir la lenteur extr√™me qu'a voulue Minkowski √† ses Quatre derniers Lieder, jusqu'√† habiter les quasi dix minutes de Im Abendrot. La gestique, enfin sans artifice, trouve le ton juste de l'adieu, son ampleur, ses couleurs √©panouies, qui pourraient √™tre plus fouill√©es, plus d√©taill√©es encore, si l'orchestre pouvait mieux que suivre, ce qui est d√©j√† beaucoup, l√† o√Ļ certains pupitres ¬Ė premiers violons encore, cors toujours ¬Ė se rel√Ęchent parfois. Singuli√®re, envo√Ľtante, Mireille Delunsch sculpte une lente et paisible agonie, estompant la lumi√®re scintillante de Fr√ľhling, en courbes purement instrumentales, empruntant ses couleurs aux violon, violoncelle, hautbois, comme fondue dans la masse orchestrale, t√©nue, √† peine timbr√©e, et de souffle fr√©missant comme suspendu, d'un Seele, d'un Tod bouleversants d'int√©riorit√©.

    En bis, Fr√ľhling confirme √† nouveau, mais plus √©panoui, plus a√©r√©, les ressources √©tonnantes, versatiles, de la soprano, et surtout les promesses d'un chef plus que jamais en qu√™te de nouvelles identit√©s.




    Opéra, Rouen
    Le 26/11/2004
    Mehdi MAHDAVI

    Concert de l'Orchestre de l'Opéra de Rouen sous la direction de Marc Minkowski, avec la participation de la soprano Mireille Delunsch à l'Opéra de Rouen.
    Ludwig van Beethoven (1770-1827)
    Leonore (ouverture)
    Récitatif et aria : Ach, brich noch nicht, du mattes Herz ; Komm, Hoffnung, lass den letzten Stern

    Franz Schubert (1797-1828)
    Symphonie n¬į 8 en si mineur, ¬ę inachev√©e ¬Ľ

    Jacques Offenbach (1819-1880)
    Les Fées du Rhin (ouverture)

    Richard Strauss (1864-1949)
    Quatre derniers lieder

    Mireille Delunsch, soprano

    Orchestre de l'Opéra de Rouen
    direction : Marc Minkowski

     


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