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CRITIQUES DE CONCERTS 26 septembre 2020

Concert de l'Orchestre national de Lyon sous la direction de Manfred Honeck, avec la participation du pianiste Lang Lang à l'Auditorium Maurice Ravel, Lyon.

L'impact de la Pathétique
© Toshiyuki Urano

Après un concert Harding bien décevant, Manfred Honeck prend la suite de l'ONL dans un programme consacré à Rachmaninov et Tchaïkovski. Sa Symphonie pathétique autant que sa coopération avec le pianiste Lang Lang valent au public lyonnais une soirée remarquable en bien des points.
 

Auditorium Maurice Ravel, Lyon
Le 04/12/2004
Benjamin GRENARD
 



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  • Rostropovitch l'a vite compris : quand Chostakovitch, grand maître incontesté de la musique soviétique, lui parlait avec embarras et scepticisme de Rachmaninov, il écornait l'image d'un compositeur cher au coeur des russes, emblématique pour beaucoup, au même titre que Tchaïkovski, des profondeurs de leur fameuse « Ã¢me Â».

    « Cette note-là est-elle audible ? Non ? Alors, il ne fallait pas l'écrire
     Â». Telle était la sentence de Chostakovitch, qui s'était toujours distingué par une écriture efficace, et qui admettait donc mal que l'on puisse écrire des grappes d'accords aussi denses sans risquer de nuire à la lisibilité du propos. Avec des artistes de la stature de Lang Lang, les choses sont néanmoins à reconsidérer : dès l'introduction soliste, le jeu clair du pianiste asiatique met parfaitement en relief les dissonances au sein des accords massifs ; en outre, il utilise habilement les spécificités de l'écriture de Rachmaninov pour souligner la progression de la densité sonore marquant le début du concerto.

    La clarté autant que la sensibilité apparaissent comme les constantes qui caractérisent l'ensemble de l'interprétation. La liberté et l'aisance du pianiste, accompagnées de la direction sûre et sensible de Honeck engendrent une magnifique lecture, plaçant clairement l'oeuvre dans le sillage de la musique romantique d'Europe de l'ouest ; toute sentimentalité russe est ainsi évacuée, ce qui leur permet de ne pas tomber dans l'écueil de bien d'interprétations boursouflées, dont les artisans s'imaginent probablement de la sorte restituer l'âme slave.

    L'urgence et la violence de la Pathétique

    Après l'entracte, Honeck livre une lecture mémorable de la Pathétique de Tchaïkovski. L'introduction semble naître du silence et le chef obtient une ambiance idoine, à l'instar de celle qu'il avait obtenue dans le mouvement lent de Rachmaninov. La lecture privilégie moins le romantisme russe qu'une structure dramatique magistralement mise en valeur par des ruptures fortes et une urgence du discours, qui trouvent une expression idéale dans le développement fulgurant du mouvement initial comme dans l'Allegro molto vivace. L'orchestre trouve alors une densité appropriée, servie par des percussions laconiques, renforçant l'impact des climax.

    Manifestement, le métier de chef d'opéra de Manfred Honeck est pour beaucoup dans cette lecture : la puissance dramatique l'emporte toujours sur une approche monolithique plus spécifiquement symphonique. Certains détails restent à régler, à l'image du second thème du premier mouvement, manquant quelque peu de lyrisme. Le grain sonore des cordes, malgré un travail évident, gagnerait également à traduire une certaine épaisseur. Mais au final, la flamme l'emporte, et si l'on a déjà assisté à soirées plus russes, du moins ne sont-elles pas toujours aussi réussies.




    Auditorium Maurice Ravel, Lyon
    Le 04/12/2004
    Benjamin GRENARD

    Concert de l'Orchestre national de Lyon sous la direction de Manfred Honeck, avec la participation du pianiste Lang Lang à l'Auditorium Maurice Ravel, Lyon.
    Sergei Rachmaninov (1873-1943)
    Concerto pour piano et orchestre n°2 en ut mineur, op. 18 (1901)
    Lang Lang, piano

    Piotr Ilitch Tchaïkovski (1840-1893)
    Symphonie n° 6 en si mineur, op. 74, « Pathétique » (1893)

    Orchestre national de Lyon
    direction : Manfred Honeck

     


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