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CRITIQUES DE CONCERTS 10 décembre 2019

Concert symphonique de l'Orchestre de l'Opéra national de Paris sous la direction de Pierre Boulez à l'Opéra Bastille, Paris.

Une première sans éclat
© Harald Hoffmann / DG

Après Georges Prêtre, c'est Pierre Boulez qui était invité à diriger l'Orchestre de l'Opéra national de Paris, dans un programme entièrement consacré au XXe siècle. Le chef français fêtait ses retrouvailles avec l'Opéra, qu'il n'avait pas fréquenté depuis vingt-cinq ans. Beau concert dans l'ensemble, mais sans éclat.
 

Opéra Bastille, Paris
Le 08/12/2004
Yannick MILLON
 



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  • Pierre Boulez n'avait pas dirig√© √† l'Op√©ra de Paris depuis sa l√©gendaire Lulu avec Patrice Ch√©reau en 1979, et n'√©tait jamais apparu √† Bastille. Au d√©part s'√©tait-il m√™me jur√© de ne jamais y mettre les pieds. Il a fallu toute l'habilet√© de G√©rard Mortier pour convaincre le chef d'orchestre de diriger non pas une nouvelle production d'op√©ra ¬Ė prochain d√©fi √† relever ¬Ė mais un des concerts symphoniques instaur√©s depuis le d√©but de son mandat √† Paris. Et tant qu'√† faire, autant concocter pour l'occasion un programme cent pour cent ax√© sur le XXe si√®cle.

    Si la lecture de Boulez fait des merveilles dans l'√©pilogue du Chant du rossignol de Stravinski qui ouvre le concert, l'ensemble de l'interpr√©tation ne convainc pas totalement. Peut-√™tre pour partie en raison de l'acoustique diffuse de Bastille, les forte manquent de mordant, avec des cuivres pas assez ac√©r√©s et des cordes trop rondes ¬Ė Introduction, Marche chinoise, d√©but du Jeu du rossignol m√©canique ¬Ė et les tutti sonnent tout du long sans asp√©rit√©, sans l'accroche de timbre un peu grin√ßante qui est la marque de fabrique instrumentale de l'auteur du Sacre. En revanche, chaque √©pisode piano s'√©panouit nettement plus et b√©n√©ficie d'une attention de tous les instants, et de solos remarquables, culminant dans une conclusion magnifique d'apaisement, avec une trompette solo id√©alement m√©lancolique.

    Dans Chronochromie de Messiaen, l'orchestre, apr√®s une cure franciscaine sous la houlette de Sylvain Cambreling en octobre dernier, para√ģt tr√®s √† son aise, particuli√®rement le pupitre de percussions. On peut toutefois encore percevoir un l√©ger manque d'√©clat, d'incisivit√© dans les rythmes comme la d√©finition des couleurs, mais la virtuosit√© suffit √† assurer une lecture correcte d'une partition on ne peut plus herm√©tique ¬Ė et souvent r√©barbative ¬Ė gr√Ęce aux balises m√©triques limpides de la gestique du chef fran√ßais.

    Plat de r√©sistance enfin apr√®s la pause, avec le Concerto pour orchestre de Bart√≥k, que Boulez n'a jamais vraiment fait sien comme la Musique pour cordes qu'il juge infiniment sup√©rieure. Selon lui, l'int√©r√™t essentiel de la pi√®ce se situe dans son traitement orchestral et son rapport √† la virtuosit√©. Pourtant, ce soir, ce n'est pas la virtuosit√© qui prime, assez s√©v√®rement prise en d√©faut dans le Finale ¬Ė traits de cordes qui savonnent, mise en place approximative ¬Ė, mais le climat po√©tique et nocturne que r√©ussit √† instiller aux passages piano le chef fran√ßais.

    Le d√©but de l'Introduction est id√©alement immobile, millim√©tr√© dans ses √©quilibres de cordes graves, l'El√©gie b√©n√©ficie d'un superbe climat rar√©fi√©, o√Ļ chaque solo r√©sonne avec une infinie d√©licatesse, o√Ļ les soudaines saillies des cordes √©treignent, o√Ļ les mixtures de timbres sont r√©alis√©es avec un art confondant. Mais pour qui a dans l'oreille le concert r√©cent avec le Philharmonique de Berlin √† Lisbonne (DVD TDK) ou m√™me l'enregistrement officiel (Deutsche Grammophon avec Chicago), le r√©sultat est quand m√™me assez d√©cevant, car dans les moments d'emballement rythmique, l'orchestre, pas vraiment habitu√© √† pareilles d√©ferlantes, cafouille et mange un certain nombre de doubles croches.

    Une première honorable mais sans éclat, et un créneau à approfondir pour un orchestre si souvent étincelant en fosse.




    Opéra Bastille, Paris
    Le 08/12/2004
    Yannick MILLON

    Concert symphonique de l'Orchestre de l'Opéra national de Paris sous la direction de Pierre Boulez à l'Opéra Bastille, Paris.
    Igor Stravinski (1882-1971)
    Le Chant du rossignol, poème symphonique (1919)

    Olivier Messiaen (1908-1992)
    Chronochromie, pour grand orchestre (1960)

    Béla Bartók (1881-1945)
    Concerto pour orchestre, Sz 116 (1944)

    Orchestre de l'Opéra national de Paris
    direction : Pierre Boulez

     


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