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CRITIQUES DE CONCERTS 18 aoŻt 2019

Riccardo Chailly dirige l'orchestre du Concertgebouw à Londres

Un Concertgebouw mal concerté
© Decca classics

La venue du Royal Concertgebouw d'Amsterdam √† Londres est toujours un √©v√©nement. Sous la baguette de son titulaire, cette prestigieuse phalange s'est largement montr√©e √† la hauteur de sa r√©putation en f√©vrier dernier. Dommage que le concertiste Andreas Haefliger lui f√Ľt de si mauvaise compagnie.
 

Le 05/02/2000
Barry MILLINGTON
 



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  • Dans un concerto, il est malheureux qu'un pianiste et un chef ne puissent se regarder, car ce dernier devient alors totalement impuissant jusqu'√† la fin de la r√©exposition par l'orchestre. Ce fut pourtant la disposition sc√©nique que choisit Riccardo Chailly, pour une robuste et dynamique lecture du Concerto en la majeur K 488 de Mozart, au Festival Hall en f√©vrier dernier. Mais d√®s l'entr√©e du pianiste Andreas Haefliger, on plonge dans une banalit√© qui perdurera toute la soir√©e dans son jeu. Son phras√© fut en effet d√©nu√© de distinction, par moment grumeleux (par exemple, l'annonce du deuxi√®me th√®me), et dans le finale, franchement anti-musical. Il n'y a en effet aucun sens √† ass√©ner avec le m√™me poids les trois premi√®res notes de ce mouvement, comme Haefliger l'a fait √† chacune de ses interventions. Pourtant, Chailly a montr√© le chemin, en s'assurant que l'orchestre, le Royal Concertgebouw, dessine son phras√© avec intelligence. Comme pour compenser son manque d'expressivit√© dans les mouvements extr√™mes, Haefliger entra√ģna l'Adagio aux limites du style classique, s'aventurant m√™me dans un romantisme d√©plac√© pour assouvir sa vaine qu√™te de profondeur. Son respect fig√© de la partition fut n√©anmoins compens√©, dans une certaine mesure, par le jeu d'une nettet√© rafra√ģchissante des bois du Concertgebouw.
    L'approche muscl√©e de Chailly dans Mozart eut au moins l'avantage de mettre l'orchestre en condition pour une lecture vigoureuse et tr√®s articul√©e de la Symphonie n¬į 7 de Bruckner. Mention sp√©ciale √† nouveau pour les vents √† cet √©gard. Le premier et le dernier mouvement furent propuls√©s en avant avec puissance et √©nergie, renforc√©e par un phras√© r√©solu n'h√©sitant jamais √† faire un sort aux plus petites cellules. Il en r√©sulta peut-√™tre la perte de ces monumentales arches, ces vastes paragraphes musicaux qui doivent se d√©ployer selon leur propre √©lan. Par voie de cons√©quence, les sommets cruciaux de la partition furent plus impressionnants que sublimes. Les meilleurs moments vinrent cependant dans les derniers √©pisodes de l'Adagio, pendant le climax de l'orchestre en tutti auquel un triangle et des cymbales lui disputent la note la plus intense. D'ailleurs, pour ajouter sa touche √† la solennit√© √† cet instant, le joueur de triangle enleva ses lunettes avant de se lever et d'apporter sa contribution, les remettant imm√©diatement apr√®s. Les sonorit√©s endeuill√©es des tubas de Wagner achev√®rent de souligner cet √©pilogue. Puis vint le lamento plus m√©tallique des cors, suivi par l'hommage sinc√®re √† un Wagner qui venait juste de s'√©teindre : une errance chromatique alourdie de toute la fatigue du monde, mais convoqu√©e ici comme pour conjurer le redoutable pr√©lude du Troisi√®me Acte de Parsifal.




    Le 05/02/2000
    Barry MILLINGTON

    Riccardo Chailly dirige l'orchestre du Concertgebouw à Londres
    Mozart : Concerto pour piano en la majeur K 488 - Bruckner : Symphonie n¬į 7
    Andreas Haefliger, piano
    Orchestre du Royal Concertgebouw
    Riccardo Chailly, direction

     


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