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CRITIQUES DE CONCERTS 07 décembre 2019

Concert de l'Orchestre national de Lyon sous la direction de Marc Albrecht, avec la participation de la violoniste Viviane Hagner à l'Auditorium Maurice Ravel, Lyon.

Marc Albrecht transfigure l'ONL

Marc Albrecht

Pour cette deuxième soirée consacrée au repertoire germanique, l'auditorium de Lyon accueillait Marc Albrecht, encore peu connu en France, mais qui mène une carrière confirmée en Allemagne. Une rencontre déterminante pour un ONL littéralement transfiguré et assurément un des concerts les plus magistraux de la saison.
 

Auditorium Maurice Ravel, Lyon
Le 22/01/2005
Benjamin GRENARD
 



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  • Promis √† une prestigieuse carri√®re et chef incontournable des plus grandes maisons d'op√©ra en Allemagne, Marc Albrecht est tout naturellement d√©sign√© pour diriger un concert consacr√© √† Richard Strauss et Berg. Le ¬ę plus jeune chef jamais invit√© √† Bayreuth ¬Ľ dispose aussi bien des qualit√©s permettant de transcender le r√©pertoire symphonique que sc√©nique. Un double atout qui m√©rite en soi d'y consacrer une attention soutenue et que l'on ne trouve g√©n√©ralement que chez des ma√ģtres d√©j√† confirm√©s.

    Au surplus, Albrecht est un accompagnateur hors pair : dans une orchestration dense qui peut vite s'avérer nébuleuse et envelopper le soliste d'un halo sonore fumeux, le chef allemand équilibre les différents pupitres du Concerto à la mémoire d'un ange de Berg et en compose une balance orchestrale impeccable. Ce soutien est idéal pour Viviane Hagner, dont le jeu à la fois ferme et transparent n'aurait supporté le moindre débordement. Techniquement, la violoniste allemande fait le pendant idéal à la finition de l'orchestre de sorte que les deux musiciens rendent clarté à un ouvrage aussi exigeant que difficile. Un beau témoignage d'une génération d'interprètes encore jeune et pourtant fort aguerrie.

    Albrecht s'est du reste fait une spécialité de ce répertoire, qu'il défend dans les plus grandes maisons d'Allemagne. Sa vision de Strauss est proprement survoltée, servie par une intelligence et une verve orchestrale tout à fait abouties. Si, la semaine dernière, Hugh Wolff réalisait un compromis entre le son de l'orchestre français et la matière wagnérienne, Albrecht modèle le son de l'ONL entièrement à sa convenance, lui donnant un cachet fortement personnalisé, notamment dans les poèmes symphoniques de Richard Strauss.

    Eruptions orchestrales massives et implacables

    Cette image sonore de l'orchestre se marque par un traitement du timbre qui va toujours de pair avec un sens aigu de la tension dramatique. Aussi, le timbre n'est-il jamais artificiel ou décoratif, à l'instar de l'entrée remarquable des cordes, tout en tension contenue, au début de Mort et Transfiguration. On notera également la noirceur des trombones et la sécheresse de timbales survoltées qui donnent tout leur impact à des éruptions orchestrales massives et implacables.

    L'ensemble demeure de surcro√ģt toujours men√© au moyen de tempi rapides qui conf√®rent au discours straussien toute l'urgence n√©cessaire. En outre, l'orchestre dispose constamment d'une s√Ľret√© technique qui lui permet de restituer au mieux l'esprit narratif qui habite Till l'espi√®gle. Tous ces √©l√©ments valent au public lyonnais une interpr√©tation d'exception qui atteint des sommets d'une rare intensit√© tellurique : dans l'ex√©cution de Till, l'ONL rend parfaitement compte de toute la d√©mesure de l'orchestre straussien.

    Une nouvelle fois, pour Richard Strauss, quand le souffle de l'esprit ne vient pas de Vienne, il émane souvent de Dresde. Albrecht, qui entretient des liens étroits avec le Semperoper dans lequel ont été créés Salomé et Elektra, s'est révélé ce soir un véritable démiurge, ouvrant de nouveaux espaces à un ONL transfiguré.




    Auditorium Maurice Ravel, Lyon
    Le 22/01/2005
    Benjamin GRENARD

    Concert de l'Orchestre national de Lyon sous la direction de Marc Albrecht, avec la participation de la violoniste Viviane Hagner à l'Auditorium Maurice Ravel, Lyon.
    Alban Berg (1885-1935)
    Concerto pour violon et orchestre ¬ę √† la m√©moire d'un ange ¬Ľ (1936)
    Viviane Hagner, violon

    Richard Strauss (1864-1949)
    Mort et Transfiguration, poème symphonique op. 24 (1890)
    Till l'Espiègle, poème symphonique op. 28 (1895)

    Orchestre national de Lyon
    direction : Marc Albrecht

     


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