altamusica
 
       aide
















 

 

Pour recevoir notre bulletin régulier,
saisissez votre e-mail :

 
désinscription




CRITIQUES DE CONCERTS 20 août 2018

Concert de l'Orchestre de Paris sous la direction de Michel Plasson au Théâtre Mogador, Paris.

La forêt qui cache l'arbre
© Capitole de Toulouse

Michel Plasson est appelé cette saison à diriger deux fois l'Orchestre de Paris. Et comme toujours, il met un point d'honneur à défendre le répertoire français. Avant une très attendue Symphonie de Chausson en avril, il avait décidé de s'attaquer à la célèbre Symphonie de Franck. Démonstration d'une école de direction privilégiant la vision d'ensemble sur le détail.
 

Théâtre Mogador, Paris
Le 19/01/2005
Yannick MILLON
 



Les 3 dernières critiques de concert

  • Salzbourg 2018 (2) : Affreux, sales et méchants

  • Salzbourg 2018 (1) : Justice pour Josef K.

  • Bayreuth 2018 (2) : Libellules sous haute tension

    [ Tous les concerts ]
     
      (ex: Harnoncourt, Opéra)




  • La soirée débute sous les cieux enfantins d'une suite de Ma mère l'Oye au climat plus debussyste que véritablement ravélien, ignorant la clarté solaire des interventions de la percussion dans Laideronnette, et surtout l'éclat de la péroraison du Jardin féerique, ici beaucoup plus rêvé que d'ordinaire. Dans un geste parfaitement souple, Plasson privilégie le premier degré ? les arrière-plans parfois cruels de la Belle et la Bête et surtout de Petit Poucet sont presque absents ? et la plastique sonore, notamment dans des solos de bois admirablement fondus, poétiques et murmurés comme un conte pour enfant. Une mise en place souvent négligente gâche un peu la belle impression d'une lecture inhabituelle mais parfaitement assumée.

    Le chef d'orchestre était aussi présent ce soir pour commémorer le centenaire de la naissance d'André Jolivet, avec l'exécution de son Concerto pour violon par la jeune Isabelle Faust. Tardive, centrée sur la transe et l'incantatoire, l'oeuvre souffre d'un contenu musical qui ne justifie que trop rarement sa demi-heure interminable. C'est dans son deuxième mouvement que perce le mieux le génie de Jolivet, celui des climats raréfiés, des longues tenues decrescendo. On applaudira le mérite d'Isabelle Faust à tenir la distance, en plus de qualités techniques proprement stupéfiantes, dans ce qui reste le concerto le plus long et le plus bavard du compositeur.

    Une Symphonie de Franck sans temps mort

    Cheval de bataille des formations symphoniques, la Symphonie en ré mineur de César Franck trouve en Michel Plasson un fervent défenseur, de ceux qui s'investissent geste et âme dans cette vaste fresque cyclique. Et force est de constater que là où tant de ses collègues ont du mal à maintenir l'unité de l'oeuvre, à lui insuffler une continuité sans temps mort, le chef français négocie habilement les virages ardus des développements grâce à une belle énergie et à une implication de tous les instants. Plasson profite de la belle assise grave de l'Orchestre de Paris pour façonner une pâte sonore presque germanique mais sans noirceur excessive, et privilégier, dans des tempi assez modérés, une lecture énergique et éminemment lyrique.

    On regrettera dans pareilles conditions qu'il ne parvienne pas à maintenir une vraie régularité de tempo à l'intérieur des différents épisodes et qu'il sacrifie un peu trop l'agogique à l'inspiration du moment, engendrant trop souvent une mise en place peu propre, particulièrement dans la transition entre le Lento introductif et l'Allegro non troppo, et le même passage à la réexposition, qui vire presque au naufrage en raison d'un gestique brouillonne et imprévisible.

    Dans l'Allegretto, à la fois mouvement « lent » et scherzo de la symphonie, le tempo très juste du chef français ? pas un Andante alangui ? donne une parfaite unité au mouvement par la fluidité de ses enchaînements. Dans le Finale, n'étaient un tapis de cordes envahissant ? par ailleurs souvent trop legato ? et des cuivres noyés, pas assez nets, délaissés par un chef qui donne une pléthore d'indications aux cordes, l'élan et l'énergie l'emportent, même si l'on frôle encore le dérapage rythmique dans la coda.

    A l'instar de chefs comme l'immense Charles Munch, Michel Plasson fait bien partie des interprètes qui privilégient la vision d'ensemble sur le détail, la forêt sur l'arbre.




    Théâtre Mogador, Paris
    Le 19/01/2005
    Yannick MILLON

    Concert de l'Orchestre de Paris sous la direction de Michel Plasson au Théâtre Mogador, Paris.
    Maurice Ravel (1875-1937)
    Ma mère l'Oye, suite d'orchestre (1911)

    André Jolivet (1905-1974)
    Concerto pour violon et orchestre (1972)
    Isabelle Faust, violon

    César Franck (1822-1890)
    Symphonie en ré mineur (1889)

    Orchestre de Paris
    direction : Michel Plasson

     


      A la une  |  Nous contacter   |  Haut de page  ]
     
    ©   Altamusica.com