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CRITIQUES DE CONCERTS 22 février 2018

Concert symphonique de l'Orchestre de l'Opéra national de Paris sous la direction de Marc Minkowski à l'Opéra Bastille, Paris.

L'as de coeur
© Lillian Birnbaum / DG

Semaine d'examens pour Marc Minkowski, nouveau chef permanent de l'Opéra de Paris : après une Flûte enchantée peu convaincante, il propose pour son premier concert symphonique à la tête de l'orchestre de la maison un programme consacré à Fauré, Boulanger et Chausson, en majeure partie étrenné avec l'Orchestre Philharmonique de Radio France en octobre 2002.
 

Opéra Bastille, Paris
Le 27/01/2005
Mehdi MAHDAVI
 



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  • Si le geste musical de Marc Minkowski peut, par son exaltation parfois désordonnée, basculer dans la caricature, le chef français est avant tout de ces musiciens dont l'instinct peut se révéler aussi irrésistible qu'imprévisible. Le répertoire français de l'aube du XXe siècle, auréolé de l'influence de Wagner, de l'enseignement de César Franck et du langage novateur de Debussy, dont la défense se révèle si délicate, semble pour l'heure le terrain le plus favorable à l'épanouissement d'un élan parfois dévastateur.

    D'une pâte orchestrale un instant fruste, les prémices du Prélude de Pelléas et Mélisande de Fauré peinent à révéler une juste pulsation, mais Minkowski découvre lestement la voie d'une fluidité vaporeuse propice au beau velours investi par Patricia Bardon l'espace d'une chanson anglaise, comme à l'épanouissement de timbres diaphanes, soulignés par une disposition de l'orchestre avantageant les violons.

    C'est toutefois à Faust et Hélène, cantate pour laquelle Lili Boulanger fut la première femme à recevoir le Prix de Rome en 1913, que le chef français consacre son énergie la plus précise. Riche d'atmosphères, de sens même, constamment traversée par un souffle dramatique puissant, cette composition singulière s'affranchit habilement des carcans de l'oeuvre de circonstance. Malgré une introduction hésitante des cordes graves, Marc Minkowski sait en exalter les fulgurances, secondé par un Paul Groves aussi vaillant que raffiné, même si la fatigue peut se faire sentir dans les passages les plus exposés d'une tessiture rien moins qu'évidente, tandis que Laurent Naouri fait preuve, dans un français d'une percutante clarté, d'une élégance subtilement méphistophélique. Sollicitant un ambitus ingrat, la partie d'Hélène dissocie les registres épais de Patricia Bardon.

    Dans la Symphonie de Chausson, le chef français adopte une gestique grandiloquente qui n'est pas sans déstabiliser des musiciens pris en défaut par une agogique trop peu maîtrisée. Tel un enfant à qui l'on aurait donné un magnifique jouet, le chef français use sans retenue d'un orchestre à la couleur hésitante, là où la subjectivité prend définitivement le pas sur la mise en place. Sa lecture ne manque pas de basculer dans la facilité, complaisante dans les épanchements, en tempi très contrastés : chaque mouvement est pensé comme une apothéose, arrachant des applaudissements à une partie du public. C'est que l'ivresse sonore de cette battue tourbillonnante entraîne l'auditeur dans un monde exalté, et plutôt que de s'attarder sur les carences techniques, il conviendra de dire à quel point le chef français est passé maître en l'art de transmettre sa passion et ses désirs de musique.

    Encadré d'experts en lectures verticales et minutieuses, Marc Minkowski se distingue ainsi, parmi les chefs permanents de l'Opéra de Paris, comme l'as de coeur de Gérard Mortier.




    Opéra Bastille, Paris
    Le 27/01/2005
    Mehdi MAHDAVI

    Concert symphonique de l'Orchestre de l'Opéra national de Paris sous la direction de Marc Minkowski à l'Opéra Bastille, Paris.
    Gabriel Fauré (1845-1924)
    Pelléas et Mélisande, musique de scène op. 80
    Patricia Bardon, mezzo soprano

    Lili Boulanger (1893-1918)
    Faust et Hélène, cantate pour ténor, baryton et soprano
    Patricia Bardon, mezzo soprano
    Paul Groves, ténor
    Laurent Naouri, baryton

    Ernest Chausson (1855-1899)
    Symphonie en si bémol majeur, op. 20

    Orchestre de l'Opéra national de Paris
    direction : Marc Minkowski

     


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