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CRITIQUES DE CONCERTS 18 octobre 2018

La Belle Meunière de Franz Schubert par Ian Bostridge, accompagné au par Mitsuko Ushida au Théâtre des Champs-Elysées, Paris.

Tout sur Schubert
© EMI

Au concert comme au disque, Ian Bostridge et Mitsuko Ushida donnent une interprétation absolument exaltante et vraie de l'univers schubertien dont La Belle meunière est la quintessence. Entre juvénilité romantique et Sprechgesang, entre rêverie et passion amoureuse, un récital en tout point exceptionnel.
 

Théâtre des Champs-Élysées, Paris
Le 16/02/2005
Gérard MANNONI
 



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  • Il semble encore plus maigre et encore plus investi physiquement dans ce qu'il chante ! Avec une voix qui n'a rien d'exceptionnelle ni en couleur ni en puissance, Ian Bostridge parvient à force d'intelligence et d'engagement à parvenir au plus profond et au plus vrai de l'univers musical et émotionnel de Schubert, ce qui est très difficile.

    Variant à l'infini les couleurs vocales, s'appuyant au maximum sur les mots, jouant sur les rythmes et les tempi, trouvant les bonnes accentuations, il traduit absolument tout ce qu'il y a d'essentiel dans ce cycle de vingt Lieder. Il sait exactement quand il faut laisser chanter la phrase avec douceur et liberté, lorsqu'elle a presque des tournures à la Chopin ou la Bellini, comme dans Der Neugierige ou Tränenregen. Il sait retrouver la juvénilité frénétique de l'amoureux qui y croit dans Ungeduld et passer s'il le faut à tout ce qui annonce déjà le Sprechgesang du siècle suivant, là où la force des mots l'emporte quasiment sur la musique.

    Il faut savoir et oser aller aussi loin, mais quel splendeur quand on y parvient comme lui ! On côtoie le Schubert rêveur proche de la nature, le Schubert éperdu de passion amoureuse à l'avance sans espoir, le Schubert rageur qui trépigne d'impatience ou de dépit, et, celui qu'emportent vers une destinée sans espérance le vent d'hiver ou le ruisseau des champs de la Baches Wiegenlied, magnifique de demi-teintes, de désespoir pudique et intériorisé.

    Très peu d'interprètes sont aujourd'hui capables de traduire tout cela, comme le fit autrefois une Schwarzkopf, seule à son époque à rapprocher ainsi le compositeur des précurseurs de l'expressionnisme sans pour autant le couper de tout le contexte belcantiste de son temps. Avec une conviction de chaque instant, une magnifique fluidité de jeu, une entente absolue avec le chanteur, Mitsuko Ushida a été une partenaire exemplaire dans ce parcours à deux, apportant une solidité sonore et une précision rythmique sur lesquelles Bostridge pouvait s'appuyer en toute sécurité.

    Aucun bis malgré l'enthousiasme du public des Grandes Voix. Mais c'est bien ainsi, car on n'avait pas envie de rompre avec ce que l'on venait de vivre. Un bel exemple de modestie également, en des temps où tellement d'artistes ont une hâte excessive à rejouer dès le premier rappel !




    Théâtre des Champs-Élysées, Paris
    Le 16/02/2005
    Gérard MANNONI

    La Belle Meunière de Franz Schubert par Ian Bostridge, accompagné au par Mitsuko Ushida au Théâtre des Champs-Elysées, Paris.
    Franz Schubert (1797-1828)
    Die schöne Müllerin
    Ian Bostridge, ténor
    Mitsuko Ushida, piano

     


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