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CRITIQUES DE CONCERTS 19 septembre 2020

Concert de l'Orchestre national de Lyon sous la direction de Jun Märkl, avec la participation de la violoniste Julia Fischer à l'Auditorium de Lyon.

L'Ă©clipse Julia Fischer

Après une ouverture de saison où Jun Märkl montrait des qualités de fédérateur dans une belle Jeanne d'Arc au bûcher, le futur patron de l'ONL commence à aborder des ouvrages plus périlleux qui nécessitent de la part du chef une prise de risque supplémentaire. Pourtant, la soirée sera surtout marquée par le rayonnement de la violoniste Julia Fischer.
 

Auditorium Maurice Ravel, Lyon
Le 04/03/2005
Benjamin GRENARD
 



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  • Il s'agit pour Jun Märkl d'une vĂ©ritable soirĂ©e-test que ce concert de dĂ©but mars Ă  l'Auditorium de Lyon, avant sa prise de fonction aux commandes de l'ONL en septembre 2005. Cette fois, avec le Concerto pour orchestre de BartĂłk et la Symphonie « le soir » de Haydn, le jeune Allemand se confronte Ă  un authentique rĂ©pertoire de chef.

    Son Haydn apparaît très réussi : le son de l'orchestre, soigné, délicat, avec un pupitre de premiers violons très allégé, est du plus bel effet tandis que le sens du phrasé confère à l'ensemble une magnifique souplesse. Homogénéité et cohérence apparaissent comme les maîtres mots d'une interprétation qui rend parfaitement l'équilibre de l'esthétique classique, qualité indéniable quand on songe aux vertiges d'ennui provoqués par nombre d'exécutions routinières dans le répertoire viennois de la seconde moitié du XVIIIe siècle.

    Brillante à Paris la semaine dernière, Julia Fischer, au tempérament de feu, est venue conquérir le public lyonnais. Son engagement et sa spontanéité incandescente éclatent dès sa première entrée dans le 3e concerto de Saint-Saëns. En prenant véritablement l'oeuvre à bras le corps, la jeune violoniste livre une interprétation terrienne, enracinée dans la matière violonistique, prouvant avec brio qu'elle n'appartient pas à ces prodiges désincarnés que l'on nous sort régulièrement.

    De son côté, Jun Märkl prend plutôt le parti de laisser la soliste au premier plan. Si sa direction est sûre, professionnelle et très bien menée, il ne fait cependant peut-être pas le meilleur choix, car Julia Fischer fait indubitablement partie de ces solistes avec lesquels il est opportun d'entamer une véritable confrontation concertante : le jeu enflammé de la jeune allemande s'accommoderait certainement d'un corps à corps avec la matière orchestrale, et l'interprétation gagnerait ainsi en profondeur, car Märkl cultive quelquefois un curieux compromis entre un engagement réel et une bride prudente. Cette réserve mise à part, la collaboration entre les deux musiciens conserve également de très beaux moments, à l'image du magnifique passage du mouvement central, dans lequel la clarinette solo double les harmoniques suaves du violon.

    La bonne prise de risques ?

    Après l'entracte, le Concerto pour orchestre de Bartók est l'occasion d'une belle performance orchestrale, où Märkl montre sa capacité à tirer de l'orchestre français le meilleur de ses capacités techniques et musicales, dans une lecture précise et exigeante ; tout apparaît à sa place et l'intérêt est toujours suscité au fil de l'exécution. Cependant, on aurait souhaité une vision plus personnelle et engagée face à une oeuvre qui nécessite d'être creusée en profondeur. La prise de risque qui consiste à diriger un ouvrage complexe de mémoire ne devrait jamais remplacer celle, plus périlleuse, de faire corps avec la partition. Car si l'interprétation fait globalement très bonne impression, l'absence d'une véritable lame de fond laisse la sensation que le chef n'a pas vraiment opéré de choix interprétatifs décisifs.

    Car au sortir de la salle, pas de doute, Jun Märkl aura été éclipsé par la rayonnante Julia Fischer.




    Auditorium Maurice Ravel, Lyon
    Le 04/03/2005
    Benjamin GRENARD

    Concert de l'Orchestre national de Lyon sous la direction de Jun Märkl, avec la participation de la violoniste Julia Fischer à l'Auditorium de Lyon.
    Joseph Haydn (1732-1809)
    Symphonie n°8 en sol majeur, Hob. I : 8, « le Soir Â» (1761)

    Camille Saint-Saëns (1835-1921)
    Concerto pour violon n°3 en si mineur, op. 61 (1880)
    Julia Fischer, violon

    BĂ©la BartĂłk (1881-1945)
    Concerto pour orchestre (1944)

    Orchestre national de Lyon
    direction : Jun Märkl

     


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