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CRITIQUES DE CONCERTS 23 avril 2019

Récital de Nelson Freire dans la série des Grands Interprètes à l'Auditorium de Lyon.

Nelson Freire soigne la couleur

Après un concert du Quatuor Berg exceptionnel, la série des Grands Interprètes se poursuit à l'Auditorium de Lyon avec une prestation aussi attendue de Nelson Freire. Le pianiste brésilien brille dans tous les styles et toutes les époques en accordant une attention et un soin particuliers à la couleur.
 

Auditorium Maurice Ravel, Lyon
Le 07/03/2005
Benjamin GRENARD
 



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  • Gageure que de consacrer un concert couvrant largement la chronologie du répertoire pour piano. Nelson Freire se prête aisément à l'exercice, faisant cohabiter avec un égal bonheur aussi bien Bach, Mozart, que Chopin, Schumann ou Villa-lobos. Il faut dire que le pianiste brésilien revisite ces piliers du répertoire pianistique à sa manière, donnant à l'ensemble du récital une profonde unité en apposant une touche qui lui tout à fait personnelle.

    Cette dernière est toutefois bien loin d'un tape-à-l'?il facile et accrocheur. Au contraire, tout l'art de Nelson Freire consiste à faire exactement ce qu'il faut, avec peu : sa palette de nuances est en définitive bien restreinte et ses interprétations, loin de cultiver l'expression à outrance, se distinguent par un équilibre savamment mesuré.

    Celle qu'il livre du Prélude pour orgue en sol mineur de Bach donne d'emblée une idée précise du fondement de ses lectures. Une attention particulière et un soin apportés à l'unité de la couleur instrumentale confèrent à l'ensemble une beauté sculpturale. Le parti pris est habile pour Bach ; la beauté du timbre ne laisserait ainsi jamais soupçonner que la pièce n'a pas été écrite pour le piano.

    S'agissant de Mozart, le parti est tout aussi pertinent. Le soin de la sonorité, la prédominance de la clarté constituent davantage ses priorités que l'expression de la ligne ou l'appui des notes expressives, de telle manière que la sobriété du propos sert idéalement la simplicité mozartienne.

    Mais en première partie, c'est surtout dans Chopin que sa ligne frappe. Tout comme dans Schumann après l'entracte, Freire se situe à l'opposé d'un romantisme tumultueux pour redonner la priorité à l'aspect onirique ; on appréciera un magnifique sfumato dans le finale de la Sonate en si bémol mineur. Dans un Carnaval de Schumann cohérent et bien charpenté, le maître est également plus à son aise pour traduire la poésie rêveuse du personnage d'Eusebius que la passion de Florestan. Le raffinement du toucher est idéal dans l'un, tandis que, pour l'autre, la passion schumannienne manque quelque peu d'élan dans cette magnifique vision sculpturale.

    Un récital de grande classe, où la quintessence de Nelson Freire se révélera encore mieux dans les pièces de son compatriote Villa-Lobos, chez lequel le timbre tient une place primordiale. Le pianiste soigne si bien la couleur que celle-ci lui permet de hiérarchiser savamment les plans sonores, tout en redistribuant l'épaisseur des différents registres : la consistance des graves est allégée, tandis que les aigus sont plus condensés.

    Pour couronner le tout, Freire revient tout sourire sur scène après de prompts applaudissements pour enchaîner pas moins de quatre bis, dont à nouveau deux pièces de Villa-Lobos, la cinquième pièce des Scènes d'enfants de Mompou et la Danses des esprits bienheureux de Gluck. De surcroît, la qualité de ces rappels n'a rien à envier au coeur du concert : le pianiste brésilien, se faisant manifestement plaisir, rajoute même à l'occasion une espèce de révérence subtilement désinvolte. La pierre de touche d'un récital magistral.




    Auditorium Maurice Ravel, Lyon
    Le 07/03/2005
    Benjamin GRENARD

    Récital de Nelson Freire dans la série des Grands Interprètes à l'Auditorium de Lyon.
    Jean-Sébastien Bach (1685-1750)
    Prélude pour orgue en sol mineur BWV 535

    Wolfgang Amadeus Mozart (1756-1791)
    Sonate pour piano en la majeur K. 331

    Frédéric Chopin (1810-1849)
    Sonate pour piano en si bémol mineur op. 35

    Heitor Villa-Lobos (1887-1959)
    Prélude de la Bachiana Brasileira n°4 pour piano seul
    A Prole do Bebê, extraits de la 1e suite pour piano

    Robert Schumann (1810-1856)
    Carnaval pour piano op. 9

    Nelson Freire, piano

     


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