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CRITIQUES DE CONCERTS 18 novembre 2018

Passion selon St-Jean de Bach par le Dresdner Kammerchor et l'Orchestre de chambre de Cologne sous la direction d'Andreas Spering au Théâtre des Champs-Élysées, Paris.

Une Saint-Jean de chapelle
© Rüdiger Block

Andreas Spering

Pour clore son cycle de Passions, le Théâtre des Champs-Élysées proposait, entre deux Saint-Matthieu d'un autre temps dirigées par Kurt Masur, une Saint-Jean par les instruments modernes mais historiquement informés de l'Orchestre de chambre de Cologne, placé sous la direction inattendue du très baroqueux Andreas Spering, dans une lecture pénétrante à force de subtilité.
 

Théâtre des Champs-Élysées, Paris
Le 25/03/2005
Mehdi MAHDAVI
 



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  • A une époque où l'authenticité prétendue est synonyme de modernité dans l'approche du répertoire ancien, Bach, par son universalité, mais aussi par la survivance de traditions dues à sa redécouverte à l'âge romantique, ne cesse d'alimenter le débat. Alors qu'un Kurt Masur parvient encore, par des moyens que nous oserons qualifier d'anachroniques, à imposer sa vision humaniste de Bach, quelle valeur attribuer à telle ou telle interprétation, sinon celle de la musique ? A mi-chemin entre l'authenticité utopique des baroqueux et cette grande tradition symphonique se situent les lectures de l'Orchestre de chambre de Cologne et de son directeur musical Helmut Müller-Brühl.

    Souffrant, le chef allemand a laissé la place à son cadet Andreas Spering, haendélien remarqué pour ses enregistrements très convaincants de Siroe et Imeneo. Son approche de Bach n'en est pas pour autant d'une théâtralité débridée, plutôt d'un équilibre subtil, mettant en valeur la progression du récit qui occupe dans la Saint-Jean une place bien plus centrale que dans la Saint-Matthieu.

    L'extrême sensibilité musicale de ce travail compense un certain manque d'élan spirituel dans les pages méditatives, jusqu'à une certaine neutralité des sonorités de l'Orchestre de chambre de Cologne, qui sait toutefois se montrer toujours d'une extrême efficacité, prouvant que les instruments modernes ont encore droit de cité dans cette musique, même si la viole ne supporte pas d'être ainsi exposée à 440 Hz dans le dénuement de Es ist vollbracht !

    Ferveur sans monumentalité

    Le Dresdner Kammerchor répond avec une remarquable cohésion à toutes les sollicitations du chef, personnifiant chaque groupe avec persuasion et relief. Les subtilités harmoniques soulignées, nourries, créent un climat de ferveur sans monumentalité, dans un souci quasi-chambriste, comme si les interprètes reprenaient à leur compte la dénomination de petite Passion attribuée à Saint-Jean en regard de la Saint-Matthieu. Cette option veut que l'exécution ne soit jamais bouleversante, mais investie de cette profonde intimité qui lie les musiciens à une oeuvre qu'ils pratiquent depuis leur enfance.

    L'Evangéliste de Stephan Boving en est la plus sensible illustration. De bout en bout dépassée par les exigences vocales, sa narration pénétrante se pare de couleurs adolescentes, d'une troublante naïveté. Jolie voix ductile, Sunhae Im déploie des trésors de musicalité dans Zerfließe, mein Herze. Timbre consolateur et ligne parfaitement modelée, l'alto d'Elisabeth Jansson manque çà et là de projection, tandis que la voix de Benoît Haller, de style supérieur et de timbre idoine, semble trahie par une évidente méforme. Mais les voix graves habitent le théâtre de la Passion avec une éloquence rare, du Jésus bouleversant, passées quelques raideurs, de Raimund Nolte, et des interventions percutantes, en voix remarquable, de la basse coréenne Locky Chung.

    Bien loin de la cathédrale sonore attendue, une Saint-Jean de chapelle, d'une pénétrante intelligence musicale.




    Théâtre des Champs-Élysées, Paris
    Le 25/03/2005
    Mehdi MAHDAVI

    Passion selon St-Jean de Bach par le Dresdner Kammerchor et l'Orchestre de chambre de Cologne sous la direction d'Andreas Spering au Théâtre des Champs-Élysées, Paris.
    Jean-Sébastien Bach (1685-1750)
    Johannes-Passion (1724)

    Sunhae Im, soprano
    Elisabeth Jansson, alto
    Stefan Boving, ténor (L'Évangéliste)
    Raimund Nolte, baryton (Jésus)
    Locky Chung, basse (airs, Pierre et Pilate)
    Benoît Haller, ténor (airs, le serviteur)

    Dresdner Kammerchor
    direction : Hans Christoph Rademann
    Orchestre de chambre de Cologne
    direction : Andreas Spering

     


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