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CRITIQUES DE CONCERTS 16 août 2018

Récital de la soprano Karina Gauvin accompagnée par les Boréades de Montréal à la salle Gaveau, Paris.

Sortilèges d'un diamant pur

Karina Gauvin

La lumière d'Arleen Augér, les facilités de Lynne Dawson et l'opulence de Renée Fleming s'accordent en un savant dosage dans le chant époustouflant de Karina Gauvin, soprano québécoise encore trop rare de ce côté de l'Atlantique. En compagnie des Boréades de Montréal, elle s'orne des plus beaux joyaux du bel canto londonien.
 

Salle Gaveau, Paris
Le 10/05/2005
Mehdi MAHDAVI
 



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  • D'après la légende scrupuleusement rapportée par Charles Burney dans son Histoire générale de la musique, un valet de pied se serait écrié en entendant Francesca Cuzzoni, créatrice mythique de Rodelinda et Cléopâtre : « Nom de nom, elle a un nid de rossignols dans le ventre ! » C'est une rivière de diamants que renferme le gosier de Karina Gauvin. Et si les premiers Purcell ne font que révéler la lumière du timbre et sa conduite instrumentale, les contrastes incantatoires de From rosy bowers, extrait de The Comical history of Don Quixote, dévoilent une tragédienne aux récitatifs dévastateurs.

    Soutenue avec davantage de goût du brio et d'énergie dramatique que de précision et de justesse par les Boréades de Montréal, accueillant le claveciniste Nicolau de Figueiredo pour un dialogue privilégié, la miniature purcellienne se pare alors des intenses reflets d'un timbre kaléidoscopique, éblouissant miroir des passions, de délicate rosée en délices paradisiaques, colorature ciselée et fraîche, épanouie, sensuelle, avec ces réserves d'ampleur et de couleurs qui mêlent l'aérien au charnel, d'un naturel virtuose, d'exubérance sans excès ni sophistication.

    Avec quelle concentration se dénude la ligne éperdue du lamento de Didon, d'une lumière crépusculaire, ondoyante, où Karina Gauvin s'éteint divine purcellienne, pour renaître haendélienne plus envoûtante encore, ni plus ni moins sans concurrence. La cantate romaine Tra le fiamme, aussi frustrante que tronquée ainsi réduite à deux airs, la montre certes précautionneuse, mais de trille authentique, pur, souverain, la ligne nourrie de tenue bel cantiste, en suspensions dynamiques infinies. Et libéré, Crudel tiranno amor se gorge de volupté vocale, le grave chaud et moelleux de voyelles assombries, éloquentes, le haut médium scintillant des mille flammes de l'espérance, ou de la plus fantasque fureur, de tragique agilité.

    Mais Tornami a vagheggiar d'une Morgana aux piqués étourdissants, et Lascia ch'io pianga, d'une bouleversante richesse de timbre, la simplicité éveillant le plus palpable désir de larmes perlées, sont d'impuissants sortilèges à dissimuler la véritable nature de l'enchanteresse, Alcina née pour la légende.




    Salle Gaveau, Paris
    Le 10/05/2005
    Mehdi MAHDAVI

    Récital de la soprano Karina Gauvin accompagnée par les Boréades de Montréal à la salle Gaveau, Paris.
    The London scene
    ?uvres de Henry Purcell et Georg Friedrich Haendel

    Karina Gauvin, soprano
    Les Boréades de Montréal
    flûte et direction : Francis Colpron

     


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