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CRITIQUES DE CONCERTS 29 janvier 2023

Première à Londres du Concerto pour violoncelle en la majeur de Dvorak.

Dvorak à l'Age des Lumières

Quiconque regardant l'annonce de ce Concerto pour violoncelle en la majeur de Dvorak, aurait pu croire à une coquille. Mais l'oeuvre présentée par Steven Isserlis avec l'Orchestre de l'Age des Lumières fut réellement en la majeur et datait de 1865. Bien qu'elle ne fût pas présentée comme telle, il s'agissait très probablement d'une première londonnienne. Mais était-ce réellement Dvorak ?
 

Queen Elizabeth Hall, London
Le 22/03/2000
Barry MILLINGTON
 



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  • Dvorak laissa un concerto en la majeur sous la forme d'une partition pour violoncelle et piano, ne s'aventurant jamais Ă  l'orchestrer ou Ă  le prĂ©parer en vue d'une exĂ©cution. Ce n'est qu'en 1929 que le compositeur allemand Gunter Raphael rĂ©alisa sa propre Ă©dition de l'oeuvre, l'Ă©courtant drastiquement et remaniant fondamentalement sa structure thĂ©matique. Dans le programme, une apologie intitulĂ©e "Pourquoi je joue le Concerto pour violoncelle en la majeur de Dvorak dans la version Raphael", Isserlis suggère que Raphael "a profondĂ©ment rĂ©visĂ© le concerto comme il imaginait que le Dvorak de la maturitĂ© l'aurait fait, se serait-il repenchĂ© sur l'oeuvre", rendant la partie de violoncelle plus lyrique, la forme moins expĂ©rimentale. Quoi qu'il en soit, il applaudit Ă©galement Raphael pour avoir "prĂ©servĂ© l'esprit fondamental de l'original de Dvorak" - une affirmation bien plus discutable. L'oeuvre de Raphael a bien peu Ă  voir avec Dvorak, extirpant les idiosyncrasies de l'original en faveur d'un lyrisme onctueux. Raphael a peut-ĂŞtre "amĂ©liorĂ©" le concerto - il a certainement rendu la partie orchestrale plus intĂ©ressante qu'elle ne l'Ă©tait dans la partition pour piano, et il a coupĂ© une bonne part de rĂ©pĂ©titions inutiles. Mais quel paradoxe de mobiliser un orchestre jouant sur instruments d'Ă©poque pour proposer ce qui est par essence un travestissement d'une oeuvre originale ! Isserlis s'est nĂ©anmoins rĂ©vĂ©lĂ© un dĂ©fenseur Ă©loquent de la version favorisĂ©e, flattant les envolĂ©es de ses lignes lyriques avec un ton chaleureux et vibrant.
    Le complément du programme consistait en l'ouverture, le scherzo et le finale de la Symphonie n° 1 Le Printemps de Schumann, pour lesquels la contribution de l'orchestre fut davantage sous les projecteurs, pas toujours à son avantage cependant. Si les timbres plus percutants et les textures allégées produits par les instruments d'époque furent appréciables, on se serait volontiers dispensé de l'acidité des vents et de la rudesse de sonorités souvent éraillées. Il reste heureusement la direction fraîche et fougueuse de Paavo Jarvi. Sous sa coupe, l'Orchestre de l'Age des Lumières offrit un jeu frissonnant de vie rythmique et d'un engagement généreux mais chiche en finesse.




    Queen Elizabeth Hall, London
    Le 22/03/2000
    Barry MILLINGTON

    Première à Londres du Concerto pour violoncelle en la majeur de Dvorak.
    Steven Isserlis, violoncelle
    Orchestre de l'Age des Lumières
    Paavo Jarvi, direction
    Concerto pour violoncelle en la majeur de Dvorak - Symphonie n° 1 "Le Printemps" de Schumann.

     


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