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CRITIQUES DE CONCERTS 20 août 2018

Reprise de l'Arabella de Richard Strauss mise en scène par Peter Mussbach, sous la direction de Günter Neuhold au Théâtre du Châtelet, Paris.

Vienne la nuit
© M. N. Robert

On attendait beaucoup de cette reprise de l'Arabella du Châtelet, presque autant que de sa création en 2002. Si l'on a regretté l'absence du grand Dohnanyi au pupitre, du moins aura-t-on eu le bonheur de voir briller, au firmament d'une Vienne nocturne, l'étoile plus que jamais impériale de Karita Mattila.
 

Théatre du Châtelet, Paris
Le 22/05/2005
Anne-Béatrice MULLER
 



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  • Si rarement donnée en France, Arabella est le dernier fruit du travail commun, que l'on sait si exceptionnel, entre le compositeur et son librettiste Hugo von Hofmannsthal. Opéra à l'intrigue d'opérette ? comment se sauver de la ruine en mariant sa fille ?, oeuvre voulue légère dans un contexte grave ? sa création eut lieu en 1933 ?, l'oeuvre hésite continuellement entre ces deux pôles, valsant encore au bord du précipice.

    À cet égard la mise en scène de Peter Mussbach se montre extrêmement intelligente. Si intelligente qu'elle en frôle le contresens. Assurément ce décor de station de RER, aux escaliers mécaniques entremêlés, tordus, renversés, métaphorise ce maëlstrom de vies vouées à la dégringolade, voire au broyage, par une réalité sans pitié. Pourquoi pas, l'assemblée du bal du deuxième acte, en punks berlinois, désigne à la fois la vulgarité revendiquée, et l'actualité de l'histoire. Pour autant, on garde des doutes sur ce qui peut apparaître comme des manies de mise en scène, dont la nécessité au regard de l'économie de l'oeuvre ne trouve pas forcément sa justification.

    © M. N. Robert

    La véritable réussite de cette production est ailleurs, dans une distribution exceptionnelle dominée par l'Arabella magistrale de Karita Mattila. Idéalement conforme au rôle, belle et hiératique, mais aussi toujours frémissante d'émotion, la Finlandaise a atteint une maturité vocale éblouissante. La voix, longue et veloutée, négocie avec une aisance confondante les ondulations des longues périodes straussiennes, au point de faire paraître excessivement citronné le timbre de jeune fille que Barbara Bonney (Zdenka) cultive avec soin depuis vingt-cinq ans. Il n'empêche : les duos des deux soeurs atteignent une sorte de perfection vocale qui fait retenir son souffle.

    En face, un Thomas Hampson en pleine possession de ses moyens campe un Mandryka à l'image de sa Croatie natale : slave et italien à la fois, fougueux, généreux et romantique, verre d'eau fraîche parmi les vapeurs d'alcool d'un empire décadent qu'incarnent les parents indignes (Andrew Greenan et Rosalind Plowright) comme les tristes prétendants d'Arabella.

    Dans la fosse, Günter Neuhold, à qui l'on peut en tout état de cause rendre grâce d'avoir remplacé au pied levé un Christoph von Dohnanyi tombé malade lors des dernières répétitions, ne rend malheureusement de la somptueuse pâte sonore straussienne que la lettre, et non l'esprit ; toute légèreté viennoise ? même désespérée ? est abolie, au profit sous sa baguette d'une bruyante pesanteur prussienne.




    Théatre du Châtelet, Paris
    Le 22/05/2005
    Anne-Béatrice MULLER

    Reprise de l'Arabella de Richard Strauss mise en scène par Peter Mussbach, sous la direction de Günter Neuhold au Théâtre du Châtelet, Paris.
    Richard Strauss (1864-1949)
    Arabella, comédie lyrique en trois actes (1933)
    Livret de Hugo von Hofmannsthal

    Choeur du Théâtre du Châtelet
    Philharmonia Orchestra
    direction : Günter Neuhold
    mise en scène : Peter Mussbach
    décors : Erich Wonder
    costumes : Andrea Schmidt-Futterer
    éclairages : Alexander Koppelmann
    préparation des choeurs : Christophe Talmont

    Avec :
    Karita Mattila (Arabella), Andrew Greenan (le comte Waldner), Rosalind Plowright (la comtesse), Barbara Bonney (Zdenka), Thomas Hampson (Mandryka), Stephan Rügamer (Matteo), Will Hartmann (le comte Elemer), Robin Adams (le comte Dominik), Nicolas Courjal (le comte Lamoral), Chnatal Perraud (Milli), Doris Lamprecht (une cartomancienne), Jean-Michel Ankaoua (Welko, ordonnance de Mandryka), Jean-Yves Ravoux (un garçon d'étage), Olivier Lacoste, David Schavelzon, Gérard Wieclaw (joueurs).

     



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