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CRITIQUES DE CONCERTS 22 février 2018

Récital du pianiste Yundi Li dans le cadre de Piano**** à la salle Gaveau, Paris.

Technique infernale
© Gunter Glücklich / DG

Yundi Li

A tout juste vingt-deux ans, le pianiste chinois Yundi Li semble repousser toujours plus loin les limites connues de la virtuosité, dans un vertigineux récital Piano**** consacré à Mozart, Chopin et Liszt à la salle Gaveau de Paris. Une technique diabolique, à l'aube d'une carrière à suivre au plus près.
 

Salle Gaveau, Paris
Le 24/05/2005
Gérard MANNONI
 



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  • Une petite visite chez Mozart pour commencer, histoire sans doute de montrer la qualité d'un toucher effectivement très subtil, très affiné, une sensibilité délicate aussi, qui portera d'ailleurs ses fruits dans les passages les plus cantabile des grandes pages romantiques qui vont suivre. Et puis, Yundi Li annonce la couleur : je possède une technique d'extra terrestre et je compte bien m'en servir dans ce grand répertoire romantique complètement fou si on a les doigts pour traduire cette folie. La démonstration sera brève. Après la Sonate en ut majeur KV. 330 de Mozart, les 3e et 2e Scherzo de Chopin. La première partie du récital est bouclée en moins de quarante minutes. Mais quelles minutes !

    La seconde partie ne sera guère plus longue. Ce n'est pas pour rien que Yundi Li remporta à 17 ans le Premier Prix du Concours de Varsovie. Bien sûr, les notes peuvent défiler à une vitesse vertigineuse qui finit par rapprocher le son du piano de celui d'une instrument à archet tant on oublie le choc des marteaux sur les cordes et tant le travail de pédale est efficace. Mais il y a aussi des accentuations pertinentes, une manière exceptionnelle de laisser chanter la phrase avec naturel, de s'alanguir juste ce qu'il faut avant de plonger à nouveau dans une cascade de traits. Si l'agilité des doigts fascine, la musique n'est jamais absente, pas plus qu'une approche vraiment émotionnelle de cette musique.

    On retrouvera toutes ces qualités en deuxième partie avec Chopin toujours et son Andante spianato et la Grande Polonaise qui suit. Mais c'est avec la Rhapsodie espagnole de Liszt, juste après l'entracte, que Yundi Li achève de nous éblouir, car dans les plus frénétiques avalanches d'accords, dans les traits les plus fluides et immatériels, dans les rythmes brisés qui semblent envoyer les mains et les doigts dans les directions les plus contradictoires et font de cette pièce l'une des plus redoutables du répertoire, le jeune pianiste garde la clarté la plus absolue et jamais n'abandonne la cohérence du discours musical.

    Du somptueux travail instrumental, sans brutalité, avec cette limpidité et cette qualité de toucher très orchestrale qui n'est pas celle de tant d'écraseurs de claviers. Il faudra maintenant que Yundi Li mette toutes ces qualités au service d'un répertoire plus diversifié, plus exigeant dans le domaine de la réflexion et de l'intériorisation. Mais il a tout l'avenir devant lui.




    Salle Gaveau, Paris
    Le 24/05/2005
    Gérard MANNONI

    Récital du pianiste Yundi Li dans le cadre de Piano**** à la salle Gaveau, Paris.
    Mozart, Chopin, Liszt
    Yundi Li, piano

     


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