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CRITIQUES DE CONCERTS 10 décembre 2019

Reprise de l'Affaire Makropoulos de Janáček mise en scène par Nikolaus Lehnhoff pour le Glyndebourne Festival Opera, sous la direction de Lothar Koenigs Ă  l'OpĂ©ra de Lyon.

Trilogie Janáček (3) :
L'affaire du siècle

© GĂ©rard Amsellem

Anja Silja (Emilia Marty)

C'est en apothĂ©ose que s'achève la trilogie Janáček de l'OpĂ©ra de Lyon, avec pour l'Affaire Makropoulos enfin un travail scĂ©nique stimulant et imaginatif, un plateau sans faille dominĂ© par l'Emilia Marty hallucinĂ©e d'Anja Silja, et une direction musicale chauffĂ©e Ă  blanc qui en font l'affaire du siècle.
 

Opéra national, Lyon
Le 22/05/2005
Yannick MILLON
 



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  • D'emblĂ©e, le travail de Lehnhoff sur l'Affaire Makropoulos s'avère autrement plus audacieux que celui sur Jenůfa ou Kátia. Le rideau est dĂ©jĂ  levĂ© quand le public s'installe, et l'on est placĂ© au coeur de l'intrigue judiciaire, avec un Vitek endormi sur son bureau au milieu de ses documents. Le dĂ©cor unique, efficace et modulable, voit au premier acte son mur de fond couvert de piles de dossiers, et les Ă©lĂ©ments du dĂ©cor se dĂ©placent imperceptiblement sur un plateau tournant Ă  l'avant-scène. A l'entrĂ©e d'Emilia, un rideau de scène rouge commence Ă  recouvrir les dossiers pour nous plonger progressivement dans le monde du théâtre qui occupera le II.

    Au III, le rideau, tout délavé, se découvre pour laisser lentement entrevoir un univers de glace, symbole du coeur desséché d'Emilia. L'ensemble du spectacle contribue à faire sentir l'inexorabilité du temps, l'approche du terme de l'existence de l'héroïne, comme ce sablier incrusté dans le décor qui s'écoule depuis le début de la représentation. Au moment où Krista brûle le document Makroupoulos, le piano à queue suspendu aux cintres tête en bas déverse des partitions noircies sur une Emilia mourante, enfin libérée de son enveloppe charnelle après 337 années d'une vie interminable.

    © Gérard Amsellem

    Un travail intelligent, doublé d'une remarquable caractérisation psychologique, où se fond à merveille la grande Anja Silja, saluée par une véritable ovation. Dans son costume de paon ahurissant, elle est Emilia Marty, et chaque geste, chaque regard, chaque intention portent le sceau d'une véritable bête de scène. Même si la voix part aujourd'hui en lambeaux, le médium tout particulièrement, le rôle, très déclamé, assez pauvre en longues tenues, est tout à fait à sa mesure. L'aigu, toujours aussi véhément, asséné avec une puissance démoniaque, le timbre, blanchi, sont bien ceux d'un personnage revenant qui a traversé trois siècles et fascine comme au premier jour.

    Après un Boris décevant dans Kátia, David Kuebler semble avoir retrouvé ses beaux moyens, très à l'aise dans le récitatif traversé de lyrisme de Gregor, et superbe d'aigu, d'assurance. Steven Page est un Prus au timbre de sorcier, prêt à vendre son âme au diable ; Jonathan Veira un Kolenaty truculent, idéalement borné et très en voix ; Jessica Miller une Krista racée, dont le mezzo léger est tout à fait approprié ; Timothy Robinson un Janek adolescent aussi bien chantant que son Kudriach de la veille.

    Dans la fosse, jamais deux sans trois. Lothar Koenigs connaĂ®t mĂŞme sa plus grande rĂ©ussite de la trilogie en conduisant l'orchestre de Janáček Ă  des sommets de virtuositĂ©, Ă  une narration instrumentale aussi trĂ©pidante Ă  suivre que les meilleures enquĂŞtes policières. Jouant de la roideur et des raucitĂ©s, du grinçant, de la sĂ©cheresse de l'orchestre du compositeur morave, d'articulations cassantes, Koenigs fait littĂ©ralement imploser la fosse lyonnaise et permet Ă  Anja Silja de dĂ©livrer son Emilia la plus transcendante.




    Opéra national, Lyon
    Le 22/05/2005
    Yannick MILLON

    Reprise de l'Affaire Makropoulos de Janáček mise en scène par Nikolaus Lehnhoff pour le Glyndebourne Festival Opera, sous la direction de Lothar Koenigs Ă  l'OpĂ©ra de Lyon.
    Leoš Janáček (1854-1928)
    Věc Makropulos, opĂ©ra en trois actes (1926)
    Livret du compositeur, d'après la pièce Ă©ponyme de Karel Čapek

    Choeurs et Orchestre de l'Opéra de Lyon
    direction : Lothar Koenigs
    mise en scène : Nikolaus Lehnhoff
    décors et costumes : Tobias Hoheisel
    Ă©clairages : Mark Henderson

    Avec :
    Anja Silja (Emilia Marty), David Kuebler (Albert Gregor), Steven Page (Jaroslav Prus), Jonathan Veira (Maître Kolenatý), Neil Jenkins (Vítek), Jessica Miller (Krista), Timothy Robinson (Janek), Ryland Davies (Hauk-Šendorf), Jean-Richard Fleurençois (un machiniste), Menai Davies (une habilleuse), Kari Hamnöy (une femme de chambre).

     



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