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CRITIQUES DE CONCERTS 18 février 2018

Récital Mozart de la soprano Patricia Petibon, accompagnée par Opera Fuoco sous la direction de David Stern dans le cadre du cycle Grandes Voix au Théâtre des Champs-Elysées, Paris.

Roucouleuse à personnalité
© Universal

Patricia Petibon

C'est bien connu, les sopranos colorature finissent très vite par s'ennuyer dans leur tessiture, en raison entre autres de rôles pas toujours transcendants du point de vue psychologique. Avec un programme tout entier consacré à Mozart, Patricia Petibon s'est efforcée de prouver que sa voix de colorature abrite un vrai tempérament dramatique.
 

Théâtre des Champs-Élysées, Paris
Le 06/06/2005
Gérard MANNONI
 



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  • Avoir naturellement des aigus et des suraigus très faciles, manier la vocalise comme d'autres chantent Au clair de la lune est un don du ciel qui peut tourner à la frustration. Même si le répertoire baroque que l'on redècouvre sans cesse a élargi considérablement le répertoire de ces voix légères, les colorature qui possèdent un grand tempérament dramatique sont vite frustrées de ne pouvoir aborder les grandes héroïnes romantiques notamment à la portée de moyens plus lyriques.

    Si l'on n'a pas la voix d'une Sutherland ou d'une Anderson, il faut, dans le meilleur des cas, abandonner la pratique du contre fa pour aborder ne serait-ce que la Comtesse des Noces de Figaro ou même Lucia de Lammermoor. Patricia Petibon a un timbre ravissant, une agilité extraordinaire, des aigus féeriques, mais aussi un grand tempérament d'interprète. D'où la tentation de sortir des Reine de la nuit et autres Zerbinette auxquelles elle pourrait être vouée à vie. On la comprend.

    On a vu comme elle pouvait être convaincante en Soeur Constance des Dialogues des carmélites, même dans une aussi grande salle que celle de la Bastille. En récital de mélodie, aussi, elle a su montrer la diversité de son talent, capable d'humour aussi bien que de tragédie ou simplement de mélancolie. Alors, pour ce concert des Grandes voix au Théâtre des Champs-Elysées, elle a certainement voulu rappeler qu'elle était autre chose qu'une divine roucouleuse.

    A-t-elle eu raison ? A la fois oui et non. Oui, dans la mesure où l'on a forcément été impressionné par le courage montré en choisissant des airs en grande majorité dramatiques et peu ornés. Son engagement, sa force expressive impressionnent tant dans Zaide que dans l'air Fra i pensieri piu funesti de Giunia dans Lucio Silla. Et non, car il faut reconnaître que la taille de la voix, la nature de son émission, ne correspondent pas encore à ce répertoire, malgré toute l'énergie que l'artiste investit et son évident sens dramatique.

    Quelle différence avec les airs réellement faits pour elle, comme le si périlleux Vorrei spiegarvi o Dio, aux aigus maîtrisés de manière éblouissante dans toutes les nuances ! Quel beau phrasé aussi ! Et l'on comprend pourtant qu'avec une personnalité pareille, Petibon ait envie de s'exprimer autrement qu'en produisant de jolis sons.

    Impression mitigée, donc, malgré la confirmation que cette artiste est hors du commun, mais qu'il faut qu'elle parvienne à trouver le moyen de mettre en valeur toute ses qualités sans prendre des risques démesurés pouvant compromettre la suite de carrière. Peut-être pour l'instant, le très vaste répertoire de la mélodie allemande ou française pourrait-il lui suffire à s'extérioriser, en attendant que la voix s'étoffe, surtout dans le médium et dans le grave ?

    Une artiste très attachante en tout état de cause et l'une des personnalités les plus marquantes de cette génération.




    Théâtre des Champs-Élysées, Paris
    Le 06/06/2005
    Gérard MANNONI

    Récital Mozart de la soprano Patricia Petibon, accompagnée par Opera Fuoco sous la direction de David Stern dans le cadre du cycle Grandes Voix au Théâtre des Champs-Elysées, Paris.
    Airs de Mozart
    Patricia Petibon, soprano
    Orchestre Opera Fuoco
    direction : David Stern

     


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