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CRITIQUES DE CONCERTS 22 août 2018

Deux premières soirées de l'intégrale des symphonies de Beethoven par l'Ensemble orchestral de Paris, sous la direction de John Nelson au Théâtre des Champs-Élysées, Paris.

Beethoven à fond de train

John Nelson

John Nelson, à la tête de l'Ensemble orchestral de Paris, crée l'événement symphonique en ce début d'été parisien, en donnant en un temps record l'intégrale des symphonies de Beethoven. Retour sur les deux premières soirées d'un cycle monumental démarré sur les chapeaux de roue, pour un Beethoven à fond de train.
 

Théâtre des Champs-Élysées, Paris
Le 18/06/2005
Anne-Béatrice MULLER
 



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  • Il est des chefs qui n'ont peur de rien, et surtout pas des défis quasi titanesques comme celui de donner les neuf symphonies de Beethoven en une semaine. John Nelson est de ceux-là qui, avec un Ensemble orchestral de Paris qu'il mène à un train d'enfer, et qu'il a élevé depuis sa nomination comme directeur musical en 1998 à un niveau d'excellence désormais largement reconnu, dédie ce cycle à la mémoire du grand Carlo Maria Giulini.

    L'EOP, avec son effectif réduit de quarante-deux instrumentistes, est un des rares exemples aujourd'hui de « formation Mannheim », héritière de l'orchestre haydnien et nettement moins fournie que l'orchestre symphonique traditionnel. C'est précisément pour cette formation que Beethoven avait écrit, et c'est justement celle, sans doute, qui convient le mieux au caractère révolutionnaire des symphonies du maître de Bonn comme à la philosophie du chef américain, dont la très fine appréhension du répertoire beethovénien transparaît dans un détail révélateur : si, pour les 1re et 2e symphonies, il dirige à même le sol, héritage du classicisme mozartien, il fait en revanche, pour les 3e et 7e, usage du rostrum du véritable chef d'orchestre à la manière du XIXe siècle.

    Ce soir, très loin de la confusion que fuyait plus que tout le compositeur, très loin aussi de la rondeur traditionnelle qui noie trop d'interprétations dans un rubato plus qu'aléatoire, les tempi sont incisifs, les accents presque brutaux, les ruptures entre blocs sonores effilées et nerveuses : même la tendresse d'un adagio, comme dégraissée, reste étrangement virile.

    Engagement physique et personnalité trempée

    Il faut dire que, chez John Nelson, l'engagement physique n'est pas un vain mot. Si, à la fin du concert, le chef n'a plus un poil de sec ? ses troupes non plus ?, cela n'est pas qu'une question de climat estival. À l'écart des écoles comme des idées préconçues, ni baroqueux ni traditionaliste, le chef américain est surtout une personnalité extraordinairement trempée. Tour à tour sautant sur place, bondissant en avant, virevoltant, prêt à empoigner, semble-t-il, l'archet du premier violon ou la caisse d'un violoncelle, il galvanise littéralement un orchestre engagé et homogène : violons concentrés, altos solides, violoncelles bien chantants, et quatre contrebasses qui en valent largement dix. Bref, des cordes qui se distinguent par leur engagement constant et leurs couleurs chatoyantes.

    Au détriment peut-être de bois qu'on peine souvent à distinguer, du moins dans les 1re et 2e symphonies, où leurs parties sont pourtant prépondérantes. Belle intervention en revanche de la flûte de Clara Novakova dans l'Héroïque, dont la Marche funèbre est par ailleurs interprétée avec autant de tension que d'émotion. Puissance et énergie marquent enfin la célèbre 7e symphonie, avec ses rythmes dansants et nerveux, laissant augurer le meilleur des trois concerts encore à venir.




    Théâtre des Champs-Élysées, Paris
    Le 18/06/2005
    Anne-Béatrice MULLER

    Deux premières soirées de l'intégrale des symphonies de Beethoven par l'Ensemble orchestral de Paris, sous la direction de John Nelson au Théâtre des Champs-Élysées, Paris.
    Ludwig van Beethoven (1770-1827)
    Symphonie n° 1 en ut majeur, op. 21
    Symphonie n° 3 en mi bémol majeur op. 55, « Eroica »
    Symphonie n° 2 en ré majeur, op. 36
    Symphonie n° 7 en la majeur, op. 92

    Ensemble orchestral de Paris
    direction : John Nelson

     


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