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CRITIQUES DE CONCERTS 24 février 2018

L'Histoire du Soldat d'Igor Stravinsky

Deux soldats en pleine déroute

Charles Ferdinand Ramuz et Igor Stravinsky (à droite)

Pour l'ouverture de sa saison, l'opéra de Lausanne réunissait l'Histoire du Soldat de Stravinsky et la Comédie sur le Pont de Martinu. Mais une direction musicale inutilement percutante ainsi qu'une mise en scène improbable et déplacée ont miné cette production.
 

Opéra, Lausanne
Le 23/11/1999
Antoine Livio (1931-2001)
 



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  • Sur les rives du Léman, il y eut d'abord la tournée peu convaincante de la Flûte enchantée par l'Académie d'Aix en Provence, puis François-Xavier Hauville voulut que l'Opéra de Lausanne ouvre sérieusement sa saison avec deux ouvrages que rien ne rapproche, si ce n'est que l'Histoire du Soldat (Stravinsky - Ramuz) et la Comédie sur le Pont (Martinu - Klicpera) mettent en scène un ou plusieurs soldats. S'il est vrai que Ramuz a écrit le texte dans un style parade de foire, durant le premier conflit mondial (la création eut lieu en septembre 1918, à Lausanne précisément), il voit l'événement comme il l'a vécu, à l'abri des frontières suisses.
    Bohuslav Martinu, après avoir exulté devant l'indépendance nationale retrouvée (en 1918) quitte Prague et s'installe à Paris, où il restera quelque 17 années essentielles pour sa formation et la création de son oeuvre. C'est pour la radio tchèque, qu'il imagine en 1935 cette Comédie sur le Pont, très kafkaienne d'esprit, où sa maîtrise de l'écriture orchestrale, sa science du dialogue chanté annonce ses chef-d'oeuvre futurs, Juliette et surtout la Passion grecque.

    Comment concevoir le moindre lien entre la prose de Ramuz au riche relent de terroir - que Stravinsky a su si bien cerner - et l'amère prise en condition de la bêtise humaine, que l'art tchèque décrit impitoyablement. L'extrême jeunesse du metteur en scène Edouard Reichenbach ne suffit pas pour excuser certaines images qui ne nouent jamais les intrigues dans un décor presque identique.
    Qui est ce régisseur - le programme ne l'indique pas- qui publie un texte proche de la farce de potache ?
    "..Son premier souvenir avéré est celui du câlin qu'à l'âge de trois ans il reçut de sa maman, après avoir nié être coupable du meurtre sanglant (étouffement, lapidation, lacération, lapidation (sic), arrachage de dents, défenestration et lapidation (resic) de son petit frère : tournant décisif de sa vie, il date de ce moment son plaisir presque pathologique de mentir, et le début de sa maturité artistique
    "

    Tout ceci résonne fort lamentablement pour qui suit la sinistre actualité de cette fin de millénaire et cette succession inlassable de guerres qui ensanglantent le globe, du Golfe persique à la Tchétchénie, en passant par l'ex-Yougoslavie.
    Musicalement, les solistes de l'Orchestre de chambre de Lausanne ont sagement obéi aux injonctions d'Olivier Dejours, percussionniste diplômé du CNSM, qui appartint aux prestigieuses Percussions de Strasbourg (1976-1982) avant d'écrire plusieurs musiques de scène pour le Théâtre national de Strasbourg. Amoureux du son percutant, Dejours réussit à ce qu'on ne comprenne rien des dialogues du Martinu. Heureusement, plus malin, Stravinsky préfère alterner musique et texte !
    Pourtant certains chanteurs ont de belles qualités, particulièrement Thomas Morris (le Diable et l'Instituteur) à la diction impeccable et à la jolie voix bouffe. Vincent le Texier et Alain Vernhes sont émouvants dans le Stravinsky, mais pas toujours compréhensibles dans le Martinu. Et c'est fort dommage.




    Opéra, Lausanne
    Le 23/11/1999
    Antoine Livio (1931-2001)

    L'Histoire du Soldat d'Igor Stravinsky
    Direction musicale : Olivier Dejours
    Mise en scène : Edouard Reichenbach
    Décors et costumes : Philippe Miesch/Cathy Strub
    Avec Alain Vernhes (Le Lecteur/le Brasseur), Vincent Le Texier (Le Soldat/Sykos), Thomas Morris (Le Diable/L'Instituteur), Christine Rigaud (La Princesse/Popelka), Sulie Girardi (La Mère/Eva).

     


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