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CRITIQUES DE CONCERTS 20 août 2018

La Rondine de Puccini dans la mise en scène de Nicolas Joel et sous la direction de Marco Armiliato au Théâtre du Châtelet de Paris dans le cadre du festival des régions.

La triste légèreté de l'hirondelle
© M. N. Robert

Inva Mula (Magda de Civry)

Pour sa dernière représentation de la saison, le Théâtre du Châtelet a réservé une ovation à la tendre hirondelle d'Inva Mula. Accourue à tire-d'aile d'Orange où elle chantait Antonia des Contes d'Hoffmann, la soprano albanaise reprenait avec panache et sans caprice le rôle de Magda de Civry qui l'avait vue triompher, au printemps dernier, au Capitole de Toulouse.
 

Théatre du Châtelet, Paris
Le 10/07/2005
Anne-Béatrice MULLER
 



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  • Encore une histoire d'amour et d'argent : la saison parisienne en a offert quelques variations, cette Rondine en était la version puccinienne. L'oeuvre à l'origine, on ne s'y trompera pas, était la commande d'un éditeur viennois d'opérette au compositeur italien, commande que la Première Guerre mondiale rendit caduque. La Rondine fut finalement créée en terrain neutre, à Monte-Carlo, en 1917.

    Cette époque de la composition, ces années au style un peu flou que l'Italie qualifie de « Liberty », et qui correspond chez nous à la charnière de l'art Nouveau et de l'art Déco, c'est celle que Nicolas Joel et son équipe ont choisie pour la représentation, même si le livret indique le Second Empire. Et en effet : comme à Toulouse, les splendides décors et les costumes voulus par Ezio Frigerio et Franca Squarciapino offrent un équivalent idéal à la musique de Puccini, voluptueuse elle-même et sinueuse, filant d'une valse viennoise évoquée à des langueurs orientalisantes, insérant les rythmes de danses populaires à la trame musicale de l'opéra.

    On a souvent comparé la Rondine à la Traviata, tant les intrigues ont d'apparentes parentés : Magda de Civry, qui n'est guère qu'une grande cocotte sentimentale, va comme Violetta renoncer à l'amour qu'elle a cru trouver dans les bras du trop candide Ruggero. Mais rien de moins verdien, en réalité, que le terrible réalisme puccinien. Nulle phtisie, aucun père noble pour séparer les deux amants. Simplement des factures à payer
    et la vie est chère : dès le premier acte, le décor est posé, le bal Bullier est tout près de la barrière d'Enfer. Au reste, on ne meurt pas de la séparation, on vivra avec ça.

    Ce n'est pas sordide, pourtant : c'est ainsi. Et combien d'autres renoncements du coeur, pour simplement survivre ? C'est là qu'Inva Mula transcende le rôle, tout en triste légèreté, sans l'ombre d'un pathos. La grâce frémissante de l'hirondelle parcourt un chant aux aigus chatoyants, à peine marqués par la fatigue, et une présence scénique incandescente de bout en bout.

    Le Ruggero de Giuseppe Filianoti a le timbre suave et le velouté de la jeunesse, même si la voix demande à s'affirmer. Le poète Prunier, incarné par Marcus Brenciu, bon ténor de caractère et remarquable comédien, offre une incarnation vivante et solide face à soubrette spirituelle d'Annamaria dell'Oste, vraie voix d'opérette et excellente actrice elle aussi.

    Quant à la baguette de Marco Armiliato, elle mène avec professionnalisme, à défaut de vrai génie, les forces de l'orchestre du Capitole, claires et transparentes.




    Théatre du Châtelet, Paris
    Le 10/07/2005
    Anne-Béatrice MULLER

    La Rondine de Puccini dans la mise en scène de Nicolas Joel et sous la direction de Marco Armiliato au Théâtre du Châtelet de Paris dans le cadre du festival des régions.
    Giacomo Puccini (1858-1924)
    La Rondine, comédie lyrique en trois actes (1917)
    Livret de Giuseppe Adami d'après le livret allemand d'Alfred M. Willner et Heinz Reichert

    Choeur et Orchestre du Capitole de Toulouse
    direction musicale : Marco Armiliato
    mise en scène : Nicolas Joel
    décors : Ezio Frigerio
    costumes : Franca Squarciapino
    éclairages : Vinicio Cheli

    Avec :
    Inva Mula (Magda de Civry), Annamaria dell'Oste (Lisette), Giuseppe Filianoti (Ruggero), Marius Brenciu (Prunier), Alberto Rinaldi (Rambaldo), Frédéric Caton (Périchaud), Jean-Pierre Lautré (Gobin), Thierry Félix (Crébillon), Oriana Kurteshi (Yvette), Nicole Fournié (Bianca), Elsa Maurus (Suzy), Thierry Vincent (un maître d'hôtel).

     



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