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CRITIQUES DE CONCERTS 29 octobre 2020

Concert du Radio-Symphonieorchester de Vienne sous la direction de Bertrand de Billy au festival de Salzbourg 2005.

Salzbourg 2005 (7) :
Un peu en reste de joie

© Christine de Grancy

Bertrand de Billy

A l'aube de l'année Mozart, le festival de Salzbourg poursuit son effort de promotion de la musique du XXe siècle en programmant la Turangalîla de Messiaen avec le RSO et Bertrand de Billy. Mais au pays des bonbons viennois et autres matinées Mozart, la pilule extatique de la Joie du Sang des Étoiles est dure à avaler.
 

Felsenreitschule, Salzburg
Le 27/08/2005
Thomas COUBRONNE
 



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  • Il fallait s'y attendre : Messiaen n'attire pas les foules dans la ville de Mozart, et c'est dans un Manège des rochers clairsemé que Bertand de Billy et le Radio-Symphonieorchester de Vienne entonnent les premiers accords du Nachtstück de Schreker, interlude évocateur aux harmonies suaves et coloré d'une orchestration subtile, composé pour l'opéra le Son lointain. Le travail très soigné du chef français révèle d'emblée un belle sonorité de cordes, et des vents un peu en retrait. La battue, très hédoniste, manque un peu de mordant, de variété, et surtout de précision analytique : dans cette musique foisonnante, on se perd vite sous des premiers violons envahissants.

    Les deux Lieder Vom ewigen Leben pâtissent plus encore de cette lecture trop uniment solaire, et les finesses de l'orchestre ne restituent pas tant le mystère vaguement oppressant, l'érotisme luxuriant et la végétation touffue des deux puissants poèmes de Whitman, que l'optimisme serein de la fin. Le soprano entêtant de Melanie Diener n'y convainc d'ailleurs pas franchement : les aigus suspendus blanchissent et ne trouvent pas la sensualité contemplative de l'oeuvre, pas plus que son approche trop séquentielle, où l'on entend le mot mais pas le cheminement profond de la pensée. Harpes, claviers et petite percussion font un écrin de toute beauté à ces deux pièces originales et captivantes, mais apparemment pas assez mûries par le chef et la soliste.

    Quelques rires

    Après la pause, le public salzbourgeois semble découvrir la monumentale deuxième partie de la trilogie de Tristan et Isolde d'Olivier Messiaen : quelques rires aux premiers glissandi d'ondes Martenot seront confirmés plus tard par le départ en catimini de quelques couples avant la fin. Pourtant, l'orchestre est irréprochable, le chef attentif, les solistes excellents.

    Bien sûr, on a entendu couleurs plus françaises, plus évocatrices, plus chamarrées. Les cordes peinent à se laisser enivrer, les vents millimétrés sont un peu appliqués, sauf une clarinette aux verdeurs bienvenues. Mais la percussion joue le jeu, et à l'exception des balancements calmes des Chants d'Amour et du Jardin du Sommeil d'Amour, souvent un peu trop alanguis par le chef et retombant presque sur des mesures régulières, la rythmique extatique ne manque que d'un peu de joie.

    Muraro, lui, s'amuse beaucoup, et c'est un bonheur d'entendre cette terrible partition sonner avec autant de fièvre et d'émerveillement. Par coeur, Valérie Hartmann-Claverie inonde l'orchestre d'un chant stellaire vibrant et équilibré, aux phrasés soignés et aux épisodes rythmiques dansants. Les très solennels accords de cuivres en tierces sonnent comme des chorals de Bruckner et rythment la partition de portiques un rien germaniques mais d'une emphase tout à fait pertinente. Reste la manière toujours amortie dont le chef pose systématiquement les finales, et en particulier la dernière, qui témoigne du soin plus que de l'exaltation.

    Un tantinet trop léchée, ni assez sauvage ni assez exultante, cette Turangalîla n'a laissé en tout cas personne indifférent, ni ceux qui sont partis avant la fin, ni les quelques rangs d'enthousiastes qui ont crié une joie primitive tout droit sortie de ce chant d'amour barbare et coloré.




    Felsenreitschule, Salzburg
    Le 27/08/2005
    Thomas COUBRONNE

    Concert du Radio-Symphonieorchester de Vienne sous la direction de Bertrand de Billy au festival de Salzbourg 2005.
    Franz Schrecker (1878-1934)
    Nachtstück, interlude pour l'opéra Der ferne Klang (1909)
    Vom ewigen Leben, sur des poèmes de Walt Whitman (1927)
    Melanie Diener, soprano

    Olivier Messiaen (1908-1992)
    Turangalîla-Symphonie (1948)
    Roger Muraro, piano
    Valérie Hartmann-Claverie, ondes Martenot

    Radio-Symphonieorchester Wien
    direction : Bertrand de Billy

     


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