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CRITIQUES DE CONCERTS 05 juillet 2020

Seiji Ozawa et le Philharmonique de Vienne à Londres.

Aimez-vous Brahms ?
© Sebastian Cortes - Universal

© Sebastian Cortes - Universal

Sans nul doute, l'Orchestre Philharmonique de Vienne aime assurément le compositeur si l'on en juge par leur programme au Festival Hall le 15 mars dernier : Brahms, Brahms et encore Brahms. Une démonstration d'un super-orchestre avec à sa tête Seiji Ozawa.
 

Royal Festival Hall, London
Le 15/03/2000
Barry MILLINGTON
 



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  • En d√©pit des apparences, le Philharmonique de Vienne n'a pas toujours appr√©ci√© Brahms. En 1869, certains membres de l'orchestre refus√®rent de jouer la S√©r√©nade en r√© majeur, de m√™me que, peu d'ann√©es plus tard, Hans Richter dut d√©fendre le compositeur contre les critiques √©mises par l'orchestre. On peut comprendre que des gens aient des difficult√©s √† accepter Schoenberg ou m√™me Mahler. Mais Brahms ? Seuls des Viennois pouvaient le trouver probl√©matique. Du mois sont-ils coh√©rents dans leur conservatisme. Le Philharmonique de Vienne reste le seul orchestre au monde persuad√© que des musiciennes sont inf√©rieures √† leurs coll√®gues m√Ęles : pas une seule femme n'a √©t√© entr'aper√ßue sur sc√®ne pour ce concert sans harpe ! Il n'y eut toutefois pas de manifestations √† ce sujet (1) ; ni sur aucun autre d'ailleurs, et m√™me les tracts en bas des marches du Festival Hall faisaient la promotion de l'orchestre. Et si c'est Brahms que vous vouliez, il y a peu de sujets pr√™tant le flanc √† la critique dans la d√©monstration de cet super-orchestre. Il est vrai que ni eux, ni Seiji Ozawa -leur chef pour la circonstance -ne s'int√©ress√®rent √† la mani√®re dont Brahms √©tait jou√© par leurs arri√®res-grands-p√®res. Mais alors que les Mozart de cet orchestre sonnent d√©sesp√©r√©ment anachroniques de nos jours, leur Brahms se porte bien mieux. Avec des timbres bien moelleux et arrondis, une √©l√©gance onctueuse dans le phras√©, la mani√®re viennoise dans Brahms est en harmonie avec une opinion g√©n√©rale si bien enracin√©e qu'il a peu de chance de froisser quelques sensibilit√©s que ce soit.


    L'Ouverture Tragique, par laquelle ils commenc√®rent, illustra la plupart des vertus viennoises : bourrasques du destin dans un poing gant√© de velours, riches textures des cordes irradi√©es par des bois chaleureux et les cuivres rutilants, une ex√©cution presque immacul√©e √† tous les niveaux. Les Variations sur un Th√®me de Haydn en ajout√®rent une autre : la versatilit√© des registres stylistiques. Une vertu particuli√®rement utile pour soutenir l'int√©r√™t des variations, et l'on ne peut que s'√©merveiller devant la douceur des transitions, du bouillonnement bavard de la sixi√®me variation √† la gr√Ęce m√©lodieuse de la septi√®me, puis √† la turbulence contenue de la huiti√®me. Le meilleur moment fut cependant fut la Symphonie n¬į4 qu'Ozawa sculpta de fa√ßon impressionnante en une arche expressive continue. Dans le premier mouvement, les phrases des cordes surgirent et s'envol√®rent sur la toile de fond des timbres dor√©s des bois et des cuivres, suffisamment riches en clair-obscur pour √©carter toute lourdeur dans le somptueux tapis sonore. Les √©pisodes ult√©rieures de ce mouvement furent √©nonc√©s passionn√©ment et une intensit√© similaire parcourut l'Andante : d'abord dans l'urgence des pizzicati, puis dans la construction de la m√©lodie principale jusqu'√† son climax. Le Scherzo fut marqu√© par une √©nergie retentissante et la grande passacaille finale se r√©v√©la une chevauch√©e d√©termin√©e vers une conclusion tonifiante.


    (1) leur passage parisien au Th√©√Ętre des Champs-Elys√©es fut nettement plus mouvement√©, lire √† ce sujet la revue de presse de d√©but avril




    Royal Festival Hall, London
    Le 15/03/2000
    Barry MILLINGTON

    Seiji Ozawa et le Philharmonique de Vienne à Londres.
    Orchestre Philharmonique de Vienne
    Seiji Ozawa, direction
    ¬Ćuvres de Brahms : Ouverture Tragique, Variations sur un Th√®me de Haydn , Symphonie N¬į4.

     


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