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CRITIQUES DE CONCERTS 31 octobre 2020

8e symphonie de Bruckner par l'Orchestre philharmonique de Vienne sous la direction de Chrisoph Eschenbach au festival de Lucerne 2005.

Lucerne 2005 (4) :
Si près du ciel

© Georg Anderhub / Festival de Lucerne

Entre deux concerts très décevants, le Philharmonique de Vienne avait réservé au festival de Lucerne un moment de pur bonheur musical, d'élévation spirituelle, avec une 8e symphonie de Bruckner portée à des sommets de grandeur métaphysique par Christoph Eschenbach. Un concert d'anthologie, porté par un orchestre transcendant.
 

Konzertsaal, Kultur- und Kongresszentrum, Luzern
Le 11/09/2005
Yannick MILLON
 



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  • On ne prenait guère de risque en pariant sur une 8e symphonie de Bruckner par Christoph Eschenbach et le Philharmonique de Vienne, chef comme orchestre y Ă©tant en terre de prĂ©dilection. Mais si la rĂ©ussite est Ă  la hauteur des attentes, c'est d'abord la surprise qui s'impose : le chef allemand nous avait habituĂ©s Ă  des Bruckner beaucoup plus lents – la 4e avec l'Orchestre de Paris, la 7e avec Philadelphie – que cette 8e classique, aux tempi plutĂ´t modĂ©rĂ©s.

    Le premier mouvement apparaît d'emblée comme voilé de résignation. Les tutti sonnent majestueux mais inquiets, dans les teintes sombres de cuivres graves imposants. Puis l'on prend très vite de la hauteur, avec un indicible solo de cor puis de hautbois sur fond de trémolo qui semble s'adresser directement à Dieu dans une suspension infinie. Trop court moment d'éternité que vient briser une architecture rigoureuse où tout converge vers le climax, pétrifiant, aux trompettes implacables semblant annoncer le Jugement dernier.

    Phrasé à la Karajan, le Scherzo fait la part belle au legato des cordes, sans jamais manquer de ce sens de l'avancée qui fait les grands Bruckner. Mais surtout, baguette repliée vers soi, Eschenbach fait des miracles dans un Trio aux contours presque mahlériens, tout de souplesse dans les transitions, enveloppé d'une nostalgie typiquement haut-autrichienne que rehaussent les guirlandes des harpes. Et le chef allemand n'a pas son pareil pour instiller du mal-être, de l'angoisse à chaque moment propice.

    Coup de cymbale éclatant et libérateur

    L'immense Adagio avance sans traîner (nicht schleppend), dans le soyeux de cordes sachant comme nulles autres passer du son au silence en douceur. On reste d'autant plus circonspect devant des gammes de flûtes et clarinettes aléatoires, trop sonores et jamais fondues dans le tissu orchestral. Mais on peut faire confiance à Eschenbach quant à la stratification dynamique de la très longue montée au point culminant, qui prend ici tout son sens par son coup de cymbale éclatant et libérateur, relâchant la tension accumulée pendant une bonne dizaine de minutes avant de s'apaiser dans un thrène aux Wagnertuben souverains.

    Contraste on ne peut plus marqué, le Finale démarre en trombe, tout en détaché de trompettes martial, toujours à l'affût de grandeur et de drame. Mais la plus grande force d'Eschenbach est de réussir à opérer une multitude de petits changements de tempo au gré de la densité de l'orchestration et de l'harmonie sans que l'auditeur en soit gêné. Et qui, depuis Karajan, sait aussi bien mener la coda depuis les profondeurs d'ut mineur jusqu'aux titanesques sommets d'un ut majeur cathartique ?

    Une soirée dans les hautes sphères, le nez dans les étoiles, si près du ciel




    Konzertsaal, Kultur- und Kongresszentrum, Luzern
    Le 11/09/2005
    Yannick MILLON

    8e symphonie de Bruckner par l'Orchestre philharmonique de Vienne sous la direction de Chrisoph Eschenbach au festival de Lucerne 2005.
    Anton Bruckner (1824-1896)
    Symphonie n° 8 en ut mineur
    Edition Leopold Nowak

    Wiener Philharmoniker
    direction : Christoph Eschenbach

     


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