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CRITIQUES DE CONCERTS 27 mai 2018

Version de concert de l'Isola disabitata de Haydn à la maison de Radio France, Paris.

Jouvence insulaire

Armin Jordan

Si l'on ne peut à proprement parler d'un cycle, l'Orchestre Philharmonique de Radio France s'apprête à rendre un bien bel hommage à Joseph Haydn sous la direction de Ton Koopman. C'est toutefois à Armin Jordan que revient le soin de l'inaugurer avec l'Isola disabitata, l'un des opéras les plus attachants du maître d'Esterháza, magnifié par la jeunesse de ses interprètes.
 

Salle Olivier Messiaen - Maison de la Radio, Paris
Le 17/09/2005
Mehdi MAHDAVI
 



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  • Parmi les oeuvres théâtrales de Joseph Haydn, l'Isola disabitata est singulière à plus d'un titre. Le compositeur y met en effet en musique pour la seule fois de sa carrière un livret de Métastase, son voisin et protecteur à son arrivée à Vienne. L'intrigue fort simple de cette azione teatrale en deux actes peut se résumer en quelques mots ? réconciliations insulaires sans obstacle, hormis l'honneur bafoué de Costanza, et l'innocence presque comique de sa jeune soeur Silvia ?, fable en tout point exemplaire, dont la moralité invite comme paradoxalement à quelques expérimentations musicales.

    Pour la première fois, qui sera également la dernière, Haydn renonce en effet aux récitatifs secs, et donne à l'orchestre un rôle primordial, à la fois commentateur et acteur, soutenant une vocalité lyrique et dépouillée, affranchie des canons de l'opera seria encore en vigueur. Le numéro le plus remarquable de la partition est à cet égard le quatuor final, dans lequel chacun des protagonistes est doublé par un instrument auquel le compositeur réserve de véritables parties concertantes, dont le violoncelle ne sortira d'ailleurs pas indemne.

    L'Orchestre Philharmonique de Radio France, auquel ce répertoire ne réussit pas toujours, même en formation de chambre, s'est pourtant montré d'une belle versatilité sous la baguette d'abord pesante d'Armin Jordan, comme ragaillardie par l'enthousiasmante jeunesse de la distribution. Dès lors, les cordes ne savonnent plus leurs traits, la sonorité gagne en galbe et en légèreté, et surtout, le théâtre prend vie jusqu'à la jubilation finale.

    D'une noblesse éperdue ? Ariane n'est pas loin ? la Costanza de Salomé Haller forme le plus merveilleux des couples avec le Gernando de Topi Lehtipuu. Chez la soprano française, l'extrême sensibilité du récitatif et la beauté de la ligne compensent quelques duretés, bien que la voix soit parfaitement timbrée et brillante sur l'ensemble de la tessiture, tandis que le ténor finlandais déploie un legato à faire pleurer les pierres, avec une dynamique d'une subtile évidence qui en font le digne héritier de Jósef Réti. Henk Neven n'a certes pas autant d'imagination, et son Enrico ne peut se départir de quelques sympathiques raideurs, mais la voix est d'un inépuisable velours. Tel n'est malheureusement pas le cas de Rachel Harnisch, dont la délicate Silvia ne se pare que subrepticement de lueurs discrètes.

    Mais l'ombre est bien légère, et cette île déserte n'a pu que profiter de ce délicieux bain de jouvence qu'une parution discographique devrait prolonger.




    Salle Olivier Messiaen - Maison de la Radio, Paris
    Le 17/09/2005
    Mehdi MAHDAVI

    Version de concert de l'Isola disabitata de Haydn à la maison de Radio France, Paris.
    Joseph Haydn (1732-1809)
    L'Isola disabitata, opéra en deux parties (1779)
    Livret de Pietro Metastasio

    Orchestre Philharmonique de Radio France
    direction : Armin Jordan

    Avec : Salomé Haller (Costanza), Rachel Harnisch (Silvia), Topi Lehtipuu (Gernando), Henk Neven (Enrico).
     



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