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CRITIQUES DE CONCERTS 23 février 2018

Version de concert d'Orphée et Eurydice de Gluck dans la version de Berlioz et sous la direction d'Emmanuel Krivine à la Cité de la Musique, Paris.

La Chambre d'Orphée

Succédant à un Don Giovanni disqualifié par une distribution médiocre, le deuxième essai lyrique de la Chambre Philharmonique s'avère nettement plus convaincant. Bien plus, le choix judicieux de l'Orphée et Eurydice de Gluck dans la version révisée par Berlioz révèle un formidable outil, mené tambour battant par la baguette électrisante d'Emmanuel Krivine.
 

Cité de la Musique, Paris
Le 29/09/2005
Mehdi MAHDAVI
 



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  • Après le curieux maelstrom proposé à Garnier sous le prétexte chorégraphique de Pina Bausch, la Chambre Philharmonique restitue l'Orphée de Gluck à une certaine authenticité. Non pas l'azione teatrale viennoise de 1762, que défendront Jean-Christophe Spinosi et Marie-Nicole Lemieux en avril prochain au Théâtre des Champs-Élysées, ni la refonte parisienne de 1774 malheureusement privée de titulaire, mais la version revue par Berlioz à l'intention de la grande Pauline Viardot en 1859.

    Et c'est bien tout ce que la partition doit au compositeur français qu'Emmanuel Krivine s'applique à éclairer, même si les cuivres, trop souvent, prennent de l'avance. Ainsi, le son que révèle une Chambre Philharmonique tour à tour incisive et vaporeuse, se meut dans une palette particulièrement chatoyante, digne des Nuits d'été. Car les progrès de la jeune formation sont nets, cohésion souvent remarquable et étonnante virtuosité, sans cesse mise à l'épreuve par des tempi déroutants.

    Les options du chef convainquent en effet moins que la malléabilité de son orchestre. Dès le premier choeur, les ressorts pathétiques du drame semblent bousculés ? l'action va sans cesse de l'avant pour que la douleur jamais ne s'appesantisse, au risque de basculer dans l'anecdote. Les scènes infernales y gagnent un relief certain, mais la concision voulue par Berlioz dans une conclusion privée de trio et de ballet finit par virer à la précipitation.

    Face à cette baguette littéralement électrisante, Accentus demeure impassible. C'est sans doute ce qu'on a entendu ici de plus parfait depuis le Monteverdi Choir en matière de pure beauté sonore, de clarté d'élocution et de culture de la phrase. Mais l'ensemble reste un rien figé dans le marbre du choeur antique, expressivement en retrait, à l'image d'une distribution simplement honorable.

    Musicienne sensible, interprète investie et attentive aux mots, Liliana Nikiteanu manque du rayonnement abyssal de la tessiture Viardot. Seule la spectaculaire cadence du non moins spectaculaire Amour, viens rendre à mon âme lui permet de déployer toute la richesse d'une voix au velours opulent, tant il aura fallu, ailleurs, tendre l'oreille. Bien chantante, l'Eurydice d'Elena de la Merced n'en est pas moins transparente, tandis que l'Amour de Magali Léger fait de joliesse vertu.

    Mais la réjouissante adolescence d'un orchestre excuse bien des fadeurs vocales.




    Cité de la Musique, Paris
    Le 29/09/2005
    Mehdi MAHDAVI

    Version de concert d'Orphée et Eurydice de Gluck dans la version de Berlioz et sous la direction d'Emmanuel Krivine à la Cité de la Musique, Paris.
    Christoph Willibald Gluck (1714-1787)
    Orphée et Eurydice, tragédie en trois actes (1774)
    Livret de Pierre-Louis Moline d'après Ranieri de Calzabigi
    Version française revue par Hector Berlioz (1859)

    Accentus
    direction : Laurence Equilbey & Nicolas Krüger
    La Chambre Philharmonique
    direction : Emmanuel Krivine

    Avec : Liliana Nikiteanu (Orphée), Elena de la Merced (Eurydice), Magali Léger (Amour).

     


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