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CRITIQUES DE CONCERTS 21 février 2019

Nouvelle production de Tannhäuser de Wagner mise en scène par Olivier Py et dirigée par Ulf Schirmer au Grand Théâtre de Genève.

Un Wagner très bien monté
© GTG / Ariane Arlotti

En ouverture de saison du Grand Théâtre de Genève, le nouveau Tannhäuser confié à Olivier Py fait sensation par la taille de sa… bacchanale. Au-delà d'une mise en scène parfaitement efficace, la production restera dans les mémoires pour une distribution dominée par le Tannhäuser belcantiste de Stephen Gould et l'Elisabeth incandescente de Nina Stemme.
 

Grand Théâtre, Genève
Le 02/10/2005
Yannick MILLON
 



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  • La rumeur a très tôt circulé que, dans ce nouveau Tannhäuser genevois, les âmes sensibles devraient fermer les yeux pendant une bacchanale indécente, en raison de la présence sur scène du hardeur HPG en taureau blanc, le membre turgescent à la main, pour figurer l'enlèvement d'Europe narré dans les didascalies du livret de Wagner.

    Plus que cette fornication tout à fait animale, on retiendra surtout la sensualité de la danse de séduction entre Léda et le cygne. Mais passé ce coup de poing initial, où Olivier Py présente Vénus en meneuse de revue à tendance cuir, la mise en scène n'affiche aucune révolution ; seulement une direction d'acteurs toujours vivante et domestiquant très bien le temps wagnérien.

    © GTG / Ariane Arlotti

    Dépassant les néons omniprésents et une conception manichéenne des couleurs – rouge pour le monde du plaisir, noir et blanc pour celui de l'esprit –, le troisième acte offre des images plus fortes, comme cette église qui s'élève et vacille à l'évocation de la volupté du Vénusberg pour, une fois retournée, laisser apparaître une croix éblouissante.

    Et pourtant, au dénouement, même Wolfram semble basculer vers le monde interdit, lavé de ses illusions par l'aveuglement d'un pape-momie, téléguidé par ses conseillers. De son côté, Ulf Schirmer fait plutôt bien sonner l'instrument wagnérien peu aguerri qu'est l'Orchestre de la Suisse Romande, mais certaines lenteurs infligées aux monologues privent trop souvent le discours d'intensité dramatique.

    Un couple de héros idéal

    Reste la distribution, dont seul le Wolfram de Dietrich Henschel, en évidente méforme, déçoit. Empêtré dans des grimaces et contorsions qui font peine à voir, l'Allemand souffre d'une émission hétérogène, entre un grave grossi et un aigu rétréci. Et la voix bouge beaucoup dans une Romance à l'étoile aux fins de phrases très basses. Heureusement, le reste du plateau brille de mille feux.

    Stephen Gould est l'un des Tannhäuser les mieux chantants du moment et reste, après son triomphe à Bayreuth, un chantre de l'amour courtois, à l'opposé des barriques héroïques. La ligne est châtiée – avec la perte d'endurance qu'on peut imaginer dans un Récit de Rome assez monotone –, exempte de dureté, avec un léger voile sur le timbre qui en fait un héros tourmenté, presque fragile. Quel couple de prestige il forme avec l'Elisabeth jeune, épanouie et éblouissante de Nina Stemme !

    Nina Stemme (Elisabeth) / © GTG Ariane Arlotti

    La Suédoise dispense de magnifiques nuances et trouve toujours le ton juste entre élan, délicatesse, tendresse et nostalgie – Der Sänger klugen Weisen lauscht' ich au II – mais brûle aussi d'un véritable feu intérieur, qui consume jusqu'à la Prière du III.

    Question engagement, la Vénus de braise de Jeanne-Michèle Charbonnet n'est pas en reste non plus, comme en témoignent une présence vocale et une « défonce » impressionnantes. Dommage que le vibrato prenne déjà autant de place et entame souvent la ligne de chant. Quant au Hermann de Kristinn Sigmundsson, souverain de grave, son autorité et sa noblesse naturelles lui permettent autant d'exposer une voix immense que d'en faire un usage plus nuancé.

    À l'heure du bilan, un Wagner très bien monté, qui ne pouvait que faire reverdir de manière inopinée une crosse papale en mal de bourgeons.




    Grand Théâtre, Genève
    Le 02/10/2005
    Yannick MILLON

    Nouvelle production de Tannhäuser de Wagner mise en scène par Olivier Py et dirigée par Ulf Schirmer au Grand Théâtre de Genève.
    Richard Wagner (1813-1883)
    Tannhäuser, oder der Sängerkrieg auf Wartburg, opéra romantique en trois actes (1845)
    Version de Paris (1861) avec le monologue de Walther lors du tournoi du deuxième acte.

    Choeur du Grand Théâtre
    Choeur Orpheus de Sofia
    Orchestre de la Suisse Romande
    direction : Ulf Schirmer
    mise en scène : Olivier Py
    décors et costumes : Pierre-André Weitz
    préparation des choeurs : Ching-Lien Wu & Krum Maximov

    Avec :
    Kristinn Sigmundsson (le Landgrave Hermann), Stephen Gould (Tannhäuser), Dietrich Henschel (Wolfram von Eschenbach), John MacMaster (Walther von der Vogelweide), Alexandre Vassiliev (Biterolf), Ulfried Haselsteiner (Heinrich der Schreiber), Scott Wilde (Reinmar von Zweter), Nina Stemme (Elisabeth), Jeanne-Michèle Charbonnet (Venus), Katia Velletaz (un pâtre).

     



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