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CRITIQUES DE CONCERTS 19 août 2018

Reprise de la Bohème de Puccini mise en scène par Jonathan Miller et sous la direction de Daniel Oren à l'Opéra de Paris.

Pour Villazón
© Eric Mahoudeau

Rolando Villazóon (Rodolfo)

Reprise inégale de la production Jonathan Miller de la Bohème de Puccini à l'Opéra Bastille. Une Mimi inadéquate ? Marina Mescheriakova ? et une direction brouillonne ? Daniel Oren ? gâchent un peu le triomphe pourtant incontestable du Rodolfo de Rolando Villazón. Une soirée étrange, sans fusion entre la fosse et la scène.
 

Opéra Bastille, Paris
Le 05/10/2005
Gérard MANNONI
 



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  • Il est des soirs où rien ne semble vouloir fonctionner normalement dans une production d'opéra. La fusion se fait mal, malgré la présence d'éléments très positifs. C'est le cas de cette reprise de la Bohème à la Bastille dans la production de Jonathan Miller qui reste pourtant un exemple de modernisation astucieuse. En fait, cela se produit lorsque le chef d'orchestre ne remplit pas vraiment son rôle. On oublie trop facilement que la réussite d'un spectacle repose avant tout sur l'efficacité de sa baguette, avec ou sans vedettes. Or on doit admettre que Daniel Oren s'est montré particulièrement brouillon et imprécis dans sa direction. Trop souvent bruyante et clinquante, celle-ci ne semble tenir aucun compte de l'équilibre des voix présentes sur le plateau, équilibre qu'il lui revenait de réaliser vu la nature très différente de ces voix.

    Triomphateur de la soirée à l'applaudimètre, Rolando Villazón est un Rodolfo de rêve à bien des égards. La voix est idéale pour le rôle et l'interprétation aussi complète que possible. Néanmoins, avec un orchestre aussi peu maîtrisé, le magnifique timbre du Mexicain a quelque mal à rayonner comme d'habitude. Dommage, car le jeu scénique est digne des meilleurs acteurs de cinéma, car Villazón est un comédien né qui joue avec une spontanéité et une vérité fascinantes. Rien ne trop, mais du vrai théâtre ou du vrai cinéma, c'est-à-dire un comportement dénué de tous les stéréotypes habituels de l'opéra. Magnifique !

    Sa Mimi n'est malheureusement pas du même niveau. Curieux choix que celui de Marina Mescheriakova, remplaçant pour cette première Olga Guryakova, mais prévue de toute façon pour sept représentations à la fin du mois. Notons au passage qu'il aurait été bon qu'une annonce soit faite au micro pour ce remplacement, une partie du public ayant certainement cru entendre Guryakova. Mescheriakova, déjà entendue sur cette scène dans le Trouvère notamment, n'a ni le physique ni la voix de Mimi. La justesse est approximative en permanence, avec comme d'habitude des variations de dynamique excessives, des grands inégalités d'émission, et la silhouette bien trop loin de celle d'une grisette phtisique. Il existe aujourd'hui sur le circuit international un grand nombre de chanteuses ayant à la fois la minceur et la voix de Mimi. Pourquoi s'en priver et ôter toute crédibilité au personnage et même au couple mythique ?

    En revanche, très tonique et amusante Musetta d'Elena Semenova, à la voix claire, fraîche et percutante, mais sans agressivité. Et quelle silhouette de mannequin ! Franck Ferrari est un excellent Marcello à tous égards, voix large et belle, jeu très adéquat, face à deux autres bohèmes masculins plus effacés. Et malgré la bousculade toujours engendrée par l'étroitesse du décor du deuxième acte, les choeurs ont une belle présence.

    Une reprise inégale, qu'on ira voir avant tout pour Villazón.




    Opéra Bastille, Paris
    Le 05/10/2005
    Gérard MANNONI

    Reprise de la Bohème de Puccini mise en scène par Jonathan Miller et sous la direction de Daniel Oren à l'Opéra de Paris.
    Giacomo Puccini (1858-1924)
    La Bohème, opéra en quatre tableaux (1896)
    Livret de Giuseppe Giacosa et Luigi Illica d'après les Scènes de la vie de bohème de Henry Murger

    Maîtrise des Hauts-de-Seine
    Choeur d'enfants de l'Opéra national de Paris
    Choeurs et Orchestre de l'Opéra national de Paris
    direction : Daniel Oren
    mise en scène : Jonathan Miller
    décors : Dante Ferretti
    costumes : Gabriella Pescucci
    éclairages : Guido Levi
    préparation des choeurs : Peter Burian

    Avec :
    Marina Mescheriakova (Mimi), Elena Semenova (Musetta), Rolando Villazón (Rodolfo), Franck Ferrari (Marcello), José Fardilha (Schaunard), Alexander Vinogradov (Colline), Jean-Philippe Marlière (Benoit / Alcindoro), Omar Benamara (Sergente dei Doganieri), Marc Chapron (Donagniere), Pascal Meslé (Parpignol).

     



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