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CRITIQUES DE CONCERTS 20 août 2018

Concert de l'Orchestre de la NDR de Hambourg sous la direction de Christoph von Dohnányi au Théâtre du Châtelet, Paris.

En toute sobriété

Peu connu en France, l'Orchestre de la NDR de Hambourg qui a souvent brillé sous la baguette de Günter Wand, avait réservé au Châtelet sa première apparition parisienne depuis six ans, sous la houlette de Christoph von Dohnányi. Après un Divertimento de Bartók loin de toute angoisse, la 7e de Bruckner trouve sa voie en toute sobriété.
 

Théatre du Châtelet, Paris
Le 14/11/2005
Yannick MILLON
 



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  • À soixante-seize ans passés, Christoph von Dohnányi reste de ces chefs n'ayant jamais fait du podium un espace de démonstration. On connaît sa rigueur, sa précision, sa probité, mais aussi son effacement derrière le texte qui peut parfois confiner à la neutralité.

    C'est ce qui arrive dans un premier temps à un Divertimento de Bartók pris au pied de l'acception du terme, et dont le second degré, ce malaise tangible qui irrigue l'ensemble de la pièce, est occulté au profit d'une atmosphère bonhomme, presque insouciante. En privilégiant l'horizontal ? le chant ? sur le vertical ? le tranchant ?, le geste de Dohnányi accouche d'une pâte sonore sans mordant, privée de trépidation rythmique. Un Bartók pacifié à force de sobriété, loin des angoisses sourdes, des saillies de violons à faire froid dans le dos d'une partition au titre trompeur.

    Sans pour autant délivrer une prestation transcendante, cette sobriété convient nettement mieux à l'univers brucknérien, surtout avec un orchestre de la NDR de Hambourg rompu aux exigences de ce répertoire sous la baguette du regretté Günter Wand. Toujours est-il que la 7e symphonie se plie plutôt bien à la modération dynamique, à la rectitude rythmique de Dohnányi, qui dirige la partition de mémoire et expose d'emblée les couleurs lumineuses des violoncelles en ne perdant jamais de vue un tactus qui donnera à la symphonie dans son ensemble un pas décidé.



    Pourtant, jamais le lyrisme ne s'en voit corseté, et sans alanguissement aucun dans les fins de phrases et les transitions, le mouvement initial se déroule en toute stabilité, sans outrance dans des crescendi et péroraisons habilement structurés. Le mouvement lent, lui aussi très fluide, évite tout pathos ou sentimentalisme, et chante de manière naturelle, avec de très belles cordes graves, pour atteindre souverainement le climax et son coup de cymbale comme un drapeau planté au sommet d'un Everest musical. La déploration sur la mort de Wagner qui suit, confiée aux Tuben et murmurée tout en intériorité, est elle aussi d'un dépouillement quasi monacal.

    Mais c'est dans les deux derniers mouvements que la direction rectiligne de Dohnányi trouvera son aboutissement le plus évident : Scherzo vif, nerveux et bien aiguisé ; Finale très articulé, aux cuivres puissants mais jamais durs, à la coda amenée avec un art consommé de la gradation. On regrettera simplement que parfois, dans la durée, le geste se relâche un rien, l'orchestre y répondant aussitôt par des tutti aux arêtes moins vives.

    On peut certes rester sur sa faim devant une approche aussi contenue, aussi peu nourricière, mais force est de constater que l'univers pénitent du maître de Saint-Florian s'en accommode mieux que d'une interprétation appuyée, entachée d'hybris.




    Théatre du Châtelet, Paris
    Le 14/11/2005
    Yannick MILLON

    Concert de l'Orchestre de la NDR de Hambourg sous la direction de Christoph von Dohnányi au Théâtre du Châtelet, Paris.
    Béla Bartók(1881-1945)
    Divertimento pour orchestre à cordes (1939)

    Anton Bruckner (1824-1896)
    Symphonie n° 7 en mi majeur, A 109 (1883)

    Norddeutscher Rundfunk Sinfonieorchester Hamburg
    direction : Christoph von Dohnányi

     


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