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CRITIQUES DE CONCERTS 23 mai 2018

Suite du Cycle Tchaïkovski de l'Orchestre national de France sous la direction de Kurt Masur, avec la participation de la violoniste Sarah Chang au Théâtre des Champs-Élysées, Paris.

La force tranquille

Après une soirée d'ouverture décevante, le deuxième concert du cycle Tchaïkovski de l'ONF et Kurt Masur confirme la qualité du travail de fond réalisé par le chef allemand depuis son accession à la tête de l'orchestre en 2002. Hormis une Sarah Chang peinant à trouver ses marques dans le Concerto pour violon, une soirée éblouissante.
 

Théâtre des Champs-Élysées, Paris
Le 22/11/2005
Yannick MILLON
 



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  • La force tranquille. Voilà comment l'on pourrait qualifier le travail de Kurt Masur depuis sa nomination à la tête du National il y a trois ans. Et c'est en l'occurrence cette qualité, apanage de la maturité artistique, qui guidera cette exemplaire soirée Tchaïkovski.

    Dans une allure modérée, des textures équilibrées et une pâte sonore dense, presque germanique, le chef allemand sauve l'Ouverture 1812 du pompiérisme et des effets grand-guignolesques. Point de cloches assourdissantes ou de canons exorbitants, mais un savant dosage des bruitages en surimpression de la partition, très bien mêlés aux sons réels de l'orchestre. On notera au passage la vaillance des cuivres, la netteté de l'articulation rythmique. De la grandeur plutôt que la grandiloquence, de l'énergie plutôt que de la boursouflure, bref, le meilleur moyen d'insuffler de la noblesse à une oeuvre de cironstance que son auteur lui-même ne portait pas en haute estime.

    Après ce remarquable tour de chauffe, le Concerto pour violon ne se hisse pas au même niveau. La jeune Américaine Sarah Chang, silhouette et beauté rayonnantes, peine à s'imposer dans le premier mouvement : manque de tonus dans le détaché, grave un peu souffreteux, fusées savonnées. De même, la Canzonetta, pourtant pétrie de bonnes intentions, ne se départit pas d'un son un peu pleurard et voilé, d'un vibrato un rien bourdonnant. Malgré une justesse aléatoire et quelques brusques changements de tempo qui mettent en péril la cohésion orchestrale, le Finale laisse toutefois sur l'impression d'une belle fermeté dans les prises d'archet, d'un spiccato et d'une énergie flatteurs. Un rien trop tard tout de même.

    Une 4e symphonie confondante de maîtrise

    Après l'entracte, Masur peut se targuer d'une maîtrise confondante dans la 4e symphonie, dans une approche charpentée, à la tension contenue mais continue, aux transitions souples, aux thèmes secondaires simplement lyriques, sans excès de sentimentalisme. Le drame et les conflits l'emportent ici sur l'émoi. L'orchestre affiche de surcroît une belle santé : portique initial implacable, aux cors souverains, aux trompettes aiguisées.

    L'Andantino ne souffre aucun alanguissement, et dit seulement avec ardeur la souffrance d'un coeur affligé. Le legato des cordes dans le deuxième thème donne même aux longues phrases des airs de mélodie continue, d'insondable mélancolie, sans apaisement dans le silence. Les deux derniers mouvements, très rapides et exactement au même tempo, affichent pour le Scherzo une atmosphère ludique et plus généralement une virtuosité qui fait honneur aux musiciens du National.

    Très nerveux, de vitalité sans relâche, le Finale vire progressivement au tourbillon de folie, avec les excès inhérents à toute explosion de joie dans un contexte de dépression, pour mieux préparer un retour fracassant du motif du fatum, avant une coda littéralement grisante. En tout état de cause, la force tranquille de Masur alliée à la tenue impeccable du National ne pouvaient qu'engendrer une soirée Tchaïkovski de haut vol.



    Diffusion sur France Musique le 1er décembre à 20h.




    Théâtre des Champs-Élysées, Paris
    Le 22/11/2005
    Yannick MILLON

    Suite du Cycle Tchaïkovski de l'Orchestre national de France sous la direction de Kurt Masur, avec la participation de la violoniste Sarah Chang au Théâtre des Champs-Élysées, Paris.
    Piotr Ilitch Tchaïkovski (1840-1893)
    Ouverture solennelle 1812, op. 49 (1880)

    Concerto pour violon et orchestre en ré majeur, op. 35 (1878)
    Sarah Chang, violon

    Symphonie n° 4 en fa mineur, op. 36 (1878)

    Orchestre national de France
    direction : Kurt Masur

     


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