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CRITIQUES DE CONCERTS 20 février 2020

9e symphonie de Beethoven par l'Orchestre Philharmonique de Radio France sous la direction de Myung-Whun Chung au Th√©√Ętre des Champs-√Člys√©es, Paris.

Véhémence beethovénienne

Dans le cadre d'une série consacrée aux dernières symphonies de compositeurs phares du premier XIXe siècle, le Philharmonique de Radio France et Myung-Whun Chung consacraient à la 9e symphonie de Beethoven une soirée peut-être pas définitive, et certainement pas novatrice, mais d'une qualité globalement très remarquable.
 

Th√©√Ętre des Champs-√Člys√©es, Paris
Le 02/12/2005
Anne-Béatrice MULLER
 



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  • Myung-Whun Chung, concentration extr√™me, gestique de haute pr√©cision, fait corps avec le Philharmonique de Radio France comme avec la musique de Beethoven, qu'il sert au plus pr√®s de ce qu'on peut sans doute consid√©rer comme une certaine authenticit√© historique. Le chef cor√©en, en effet, ne tombe jamais dans le d√©faut propre √† certains de ses confr√®res : interpr√©ter Beethoven dans un sens personnel en appliquant √† sa musique une grille de lecture valable, grosso modo, pour n'importe quel compositeur. Bien au contraire, Chung se met enti√®rement au service d'une partition suffisamment forte pour ne pas avoir besoin d'une telle appropriation.

    Ainsi, si l'Allegro ma non troppo initial se déroule comme une monumentale ouverture d'opéra, solide et massive, le Scherzo, dans sa véhémence, fait trembler une salle qui retient son souffle. À l'inverse, l'Adagio, premier mouvement chantant de la symphonie, développe des couleurs oniriques de toute beauté, le Philharmonique atteignant ici au velouté parfait qui manquait peut-être aux deux premiers mouvements, et surtout à l'expressivité qui se déploie le long du second thème Andante moderato.

    Au c√©l√©brissime quatri√®me mouvement, le grondement assourdi du r√©citatif des cordes graves conduit √† l'explosion vocale que le Choeur de Radio France exerce avec la conviction qui s'impose. Celui-ci, force de frappe impressionnante remarquablement pr√©par√©e par Matthias Brauer, conf√®re √† l'Hymne √† la joie la puissance et l'intensit√© d'enthousiasme qui font de la 9e une oeuvre √† part et dans l'oeuvre du compositeur, ma√ģtre de la musique instrumentale lib√©r√©e de la pr√©√©minence du vocal, et dans une histoire de la musique qui, dans les ann√©es 1820, reste sous la domination de l'op√©ra.

    Le quatuor vocal reste relativement effacé, coincé qu'il est entre l'orchestre et le choeur. On a connu en meilleure forme un Laurent Naouri qui remplaçait ici John Relyea souffrant. Du reste, sa voix est sans doute un peu légère pour l'énormité de son O freunde, nicht diese Töne. Ni Luba Orgonasova ni Jorma Silvasti ne se distinguent particulièrement, laissant la vedette au timbre d'or et de miel de la mezzo canadienne Marie-Nicole Lemieux, ce qui est bien une première concernant une partie d'alto généralement noyée au coeur des autres solistes.




    Th√©√Ętre des Champs-√Člys√©es, Paris
    Le 02/12/2005
    Anne-Béatrice MULLER

    9e symphonie de Beethoven par l'Orchestre Philharmonique de Radio France sous la direction de Myung-Whun Chung au Th√©√Ętre des Champs-√Člys√©es, Paris.
    Ludwig van Beethoven (1770-1827)
    Symphonie n¬į 9 en r√© mineur op. 125 (1824)
    Luba Orgonasova, soprano
    Marie-Nicole Lemieux, mezzo-soprano
    Jorma Silvasti, ténor
    Laurent Naouri, baryton-basse

    Choeur de Radio France
    chef de choeur invité : Matthias Brauer
    Concert de l'Orchestre Philharmonique de Radio France,
    direction : Myung-Whun Chung

     


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